Un photographe pas comme les autres

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SpLAshPR blog team a interviewé Patrick Curtet, photographe et réalisateur français à Los Angeles à l’occasion de son exposition “The 25th Frame” du 28 au 29 septembre 2018 à l’Artist Corner Gallery.

Patrick Curtet et la photographie

Comment est né votre amour de la photographie?

P.C : Mon frère était passionné de tout. À 15 ans je l’ai suivi au club de photo local et je suis tout de suite tombé sous le charme du labo. On en a vite monté un dans le grenier de nos parents. On avait entrouvert une porte sur la liberté, l’autre sur le voyage.

Après avoir voyagé dans plus de 60 pays autour du globe, pourquoi avoir choisi de vous implanter à Los Angeles?

P.C: Je viens à Los Angeles depuis 30 ans très régulièrement pour faire des images. C’est depuis bien longtemps une destination de rêve pour les photographes. Il y a ici quelque chose de spécial, c’est la ville du cinéma c’est une ville qui vibre. Vivre ici pour un photographe c’est quelque chose de très naturel, on est en symbiose.

L’exposition “The 25th Frame”

C’est à Los Angeles qu’a eu lieu le vernissage de votre exposition “The 25th Frame”, qui a été un succès. Quel message souhaitez-vous passer au travers de ce voyage sur les routes de la Californie?

P.C : Je n’ai pas de message ni de conseil à donner à qui que ce soit. Je suis plutôt dans le partage. Je fais tout d’abord ces photos pour moi, c’est un besoin de raconter. Ensuite c’est un réel plaisir de voir que ces visuels peuvent résonner chez les autres.

Toutes les informations sur l’exposition “The 25th Frame”

Sur les photographies de “The 25th Frame”, vos modèles arborent des expressions très fortes et marquées. Comment communiquez-vous avec eux pour obtenir ce résultat ?

P.C : Le moment de la prise de vue arrive très longtemps après le début du projet. Il y a des recherches de lieux, de modèles, de stylisme, d’histoires. Lorsque l’on démarre les photos, le projet est très mûre et il est en moi. C’est alors très facile de communiquer ce que l’on ressent et ça se fait très naturellement. J’adore tout maîtriser en amont, je fais attention au moindre détail pour qu’au moment du shooting je puisse laisser libre court à l’énergie des modèles et du lieu.

De nombreuses grandes marques vous confient leurs budgets publicitaire, et vous font confiance pour mettre en valeur leurs bolides ou produits de luxe, quel est votre secret? Est ce qu’on peut parler d’une M&P touch?

P.C : J’ai bien conscience de mettre mon savoir au service des clients. J’ai une démarche artistique mais lorsque l’on travail pour un client l’écoute et la compréhension de l’univers dans lequel on est invité à travailler est primordial. Le secret c’est se mettre au service et de travailler en équipe.

Quelles sont les émotions que vous désirez faire passer au travers de cette exposition?

P.C : Une fois de plus c’est un moment de partage. Mon travail est là pour divertir, amuser faire voyager les gens. Je veux que ce soit léger et en même temps, j’aime bien ne pas tout dire dans une seule image. J’aime bien ouvrir des portes, inviter à la réflexion, l’interrogation. Je préfère raconter un détail ou une partie d’une histoire et laisser le spectateur imaginer la suite. Je veux que les gens s’approprient l’extérieur du cadre. Qu’y a t’il juste à côté. Pourquoi ce regard ? qui est là….?

Quelle est la part de retouches dans vos images? Avez-vous une idée précise du rendu auquel vous souhaitez arriver lorsque vous appuyez sur le déclencheur?

P.C : La retouche fait parti intégrante de mon travail. Elle participe à l’histoire, elle est un liant entre les images. Avec la retouche, on arrive à créer les univers que l’on veut. J’essaie de ne pas en abuser, c’est surtout pour les ambiances colorielles.

Un style unique

Avant de vous concentrer sur les voitures et le lifestyle, vous vous spécialisiez en sport et reportage. Pourquoi avoir choisi ces nouveaux thèmes?

P.C : On a eu la télévision très tard à la maison quand j’étais jeune. À cette époque, il n’y avait que quelques chaînes et le moment culte c’était le film du dimanche soir. On attendait tous ça pour découvrir de nouvelles histoires. Il n’y avait pas d’internet et on vivait au rythme de la sortie des magazines pour voir ce qui se faisait ailleurs. Alors oui, les films hollywoodiens ont eu un impact fort sur moi. C’était le voyage, la liberté, les bolides, les espaces…. Bref, tout ce dont nous rêvions. Et c’est drôle que mon parcours me ramène à ça, je me rends compte que c’était en moi depuis très longtemps sans que je ne l’ai jamais identifié.”

Votre style est très souvent décrit comme “cinématographique”. Pouvez-vous nous expliquer ce qu’est un style cinématographique en photographie?

P.C : J’aime que l’on me raconte des histoires, et tout naturellement j’aime en raconter. En photo on a deux défis. L’image est fixe et on voit seulement en deux dimensions. J’essaie de contourner cela en faisant des images qui s’enchaînent, en essayant d’emmener les gens dans un voyage. J’essaie de donner des points de passage d’un parcours afin que chacun emprunte le chemin. Je ne raconte que des morceaux d’histoires, il n’y a rien de plus ennuyeux qu’une collection complète. C’est dans la quête que l’on ressent des émotions des frissons.

Des histoires à raconter par la photographie

Toutes vos photographies racontent une histoire. Mais quelle est celle de Patrick Curtet, le photographe?

P.C : C’est un rêve, une envie, celle d’un enfant qui ne connaît pas le sens du mot non ou impossible. L’envie est plus grande que ces mots. Ce sont la curiosité et la ténacité qui m’ont toujours guidées. Peu importe la destination, le voyage seul m’intéresse.

Pourriez-vous citer le nom des photographes qui vous inspirent?

P.C :Il y en a tellement. On se nourrit d’images aux quotidiens, et je suis sans cesse surpris par des cadrages, des lieux, et des lumières. C’est un média qui se réinvente sans cesse.
Mais si je dois en choisir un seul, je dirais Cartier Bresson. Un maître du détail, de l’instant.

Que rêveriez vous de photographier, sans tenir compte des restrictions budgétaires? Votre photoshoot le plus fou?

P.C : J’aime les projets collaboratif, les voyages et les aventures, les rencontres. Je suis plus intéressé par l’expérience que par le résultat. La satisfaction du produit fini déclenche de belles sensations mais elle laisse vite place à l’incertitude et à l’excitation du projet suivant.

Propos recueillis par Claire Arnaud-Aubour et Solene Jouan
Pour en savoir plus sur Patrick Curtet: Curtet.com
Exposition ArtistsCorner.us
Contact presse et media : Claire Arnaud-Aubour claire@splashpragency.com

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