Le Pérez Art Museum à Miami accueille dès ce jeudi 18 juillet 2019 une nouvelle exposition appelée “The Other Side Of Now : Foresight in Contemporary Caribbean Art”. L’exposition réunit le travail de 14 artistes dont celui de la française Louisa Marajo.

Le travail de Louisa Marajo

exposition-the-other-side-of-now-foresight-contemporary-caribbean-art-louisa-marajoLa recherche plastique de Marajo se situe à la fois dans la lignée du Merzbau de Schwitters, des contre reliefs de Tatline, de la dé-construction et du recyclage de Peter Klasen, de l’effacement des frontières entre peinture, sculpture et environnement de Jessica Stockholder.

“Échafaudage baroque” évoque un chantier en mutation constante à l’image de la peinture contemporaine rebelle et affranchie de tout cadre physique et conceptuel.

C’est un espace comme en équilibre, instable, baroque dans les formes et dans cette manière de tourner autour de sa propre mémoire. Tout est re-mixé, recyclé dans un flux perpétuel : peintures, photographies, objets récupérés, dessins.

In situ et inattendues, les répétitions et coïncidences entre les formes se construisent et se dé-construisent à mesure que le regard explore ce chaos apparent.

Les formes géométriques se métamorphosent en formes organiques par l’intermédiaire de la photographie qui remet en scène et à distance une peinture élargie non limitée dans l’espace et dans les matériaux qui la représentent.

L’oeuvre s’affranchit du traditionnel plan tabulaire du tableau pour se déployer dans l’espace, sur le mur et sur le sol. Elle tend vers l’installation, voire l’environnement.

Elle explore la problématique de la limite est de la matérialité de l’oeuvre. La façon dont la peinture rencontre et adhère à différents types de matériaux.

Il y a l’objet réel, présenté et son reflet. L’objet représenté : l’échelle, la palette, les tréteaux. Outils de l’artiste : pinceaux, bombes aérosols, palettes. Et outils du peintre en bâtiment : rouleaux, pots de peinture, échelles.

Le regard circule de l’objet à son image ou à son ombre comme la peinture migre du tréteau ou de la palette à la toile.

La prévalence du noir et blanc montre bien que pour Louisa Marajo, la peinture est un questionnement sur l’espace plus que sur la couleur.

Néanmoins, quelques fougasses accents de jaune, couleur de haute visibilité des casques et de gilets de sécurité ponctuent et dynamisent.

La photographie a initialement été pour Louisa Marajo un outil de l’art, une force motrice, un moyen de voir, un élément actif dans le processus de production de l’oeuvre.

La photo d’un fragment de l’oeuvre déclenchait la conception de l’oeuvre suivante. Progressivement, le cliché d’abord instrument de réflexion, est devenu matériaux de l’art.

Désormais manipulé, découpé, collé, assemblé et intégré à l’oeuvre à côté des peintures et des objets.

Est ce une mise en images du concept de collapsologie développé par Pablo Serbigne et Raphaël Stevens ? C’est-à-dire de l’effondrement de la civilisation industrielle et du renouveau qui peut en surgir.

Texte par Dominique Brebion / AICA Caraïbes du Sud.

Interview de l’artiste

Que ressentez-vous à propos de l’avenir de la Caraïbe ?

La Caraïbe, un monde qui émerge d’une mer et d’un océan. Ses côtes reçoivent des vagues qui sont celles du reste du monde. Ses vagues qui se retirent et laissent des traces.

Aujourd’hui, en Martinique et ailleurs dans la Caraïbe, ses vagues emportent et nous ramènent les Sarguasses qui se désintègrent sur les plages : traces d’une pollution annoncée et déjà présente.

Avec ces images de Sarguasses , j’imagine l’avenir de la Caraïbe à travers une digestion lente et chaotique de ses traces : avec des mélanges et rencontres accidentelles avec mes installations antérieures, je crée des images ambiguës, entre réalité et fiction.

Mes installations qui se nomment « Echafaudage » propose un chaos construit, un chantier merveilleux.

Mélangées aux images de Sarguasses, le chaos se multiplie et se transporte dans un nouvel espace imaginaire et en mouvement : celui d’un avenir éphémère, menacé mais prolifique, coloré et surprenant.

Pouvez-vous nous parler de l’installation que vous allez proposer au Pérez Art Museum ?

Un flux d’images, une construction éphémère et bancale qui parlera de rencontres entre les éléments et les formes, entre la construction et la “dé-construction”.

Il se nommera “Échafaudage, Eveil de la vague” ce sera une installation in-situ faite d’éléments articulés entre eux (palettes, chassis, tréteaux, toiles…). 3 dessins de morceaux de palettes (« les résiduels ») y seront également reliés.

Comme un état avant ou après la catastrophe, dans le passé ou le futur, ce sera un espace autre, une « hétérotopie » selon Michel Foucault, un espace qui explose en direction du spectateur pour libérer l’imaginaire de tout cadre pré existant.

Infos pratique

Du 18 juillet 2019 au 7 juin 2020
Pérez Art Museum Miami
1103 Biscayne Blvd
MIAMI, FL 33132

Admission : 16$

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Soirée d’ouverture

Jeudi 18 juillet 2019 à 18h30
16$

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