Trump Président, quels changements potentiels pour une demande de visa pour les Etats-Unis ?

Le French District organise une nouvelle webconférence en compagnie de Me Marcelle Poirier, membre du Barreau de Floride depuis 1995 et avocate d’immigration aux Etats-Unis – Le mardi 29 novembre 2016 à 10h30 côte ouest, 13h30 côte est, 19h30 France.

Les webconférences du French District, ce sont des webinaires au cours desquels l’un de nos membres présente son activité et développe quelques points qui y sont liés avant de répondre aux questions des internautes connectés.

La réputation de Marcelle Poirier est désormais établie dans la communauté francophone européenne et canadienne.
Ces 17 dernières années, le cabinet de Marcelle Poirier a traité plusieurs centaines de demandes de visas américains pour le compte de ses clients. Le taux d’obtention de visas US du cabinet est de 98%.

Lors du webinaire French District du mardi 29 novembre 2016, Marcelle Poirier aborde la question de la nouvelle présidence américaine : Trump Président, qu’est ce que cela peut changer pour une demande de visa pour les Etats-Unis ?


Romain Angeletti : Comment allez-vous ?

Maître Marcelle Poirier : Ça va très bien. Et vous, Romain ?

Romain Angeletti : Très bien, merci. Nous avons un peu de retard pour des raisons techniques aujourd’hui et je présente toutes nos excuses à tous ceux qui nous suivent et qui attendaient cette conférence avec impatience, une conférence très intéressante avec Marcelle Poirier qui est très connue de tous les Français, tous les Canadiens qui sont en Floride et aussi au Canada, puisqu’elle a un cabinet ici à Miami et un cabinet à Montréal, un cabinet en droit d’immigration, donc évidemment sa problématique principale, ce sont les visas, ce sont les cartes vertes, et nous avons beaucoup de chance aujourd’hui d’être reçus dans ses bureaux. Le thème de cette conférence est assez intéressant puisqu’il suit la très fraîche sélection de Donald Trump en tant que futur Président des États-Unis. Et donc, le sujet est « quels changements potentiels pour une demande de visa pour les États-Unis ? » Beaucoup de Français se posent cette question et nous pensions avec Marcelle qu’il était intéressant de commencer à y répondre. On ne va pas répondre à toutes les questions parce qu’elles sont très nombreuses. Et pour commencer, Marcelle, je vous propose en deux minutes de nous parler un tout petit peu de vous et de où sont vos cabinets, quels sont vos domaines d’intervention… voilà.

Maître Marcelle Poirier : Alors, je suis, comme Romain vous a dit, Marcelle Poirier. J’exerce ici aux États-Unis depuis 21 ans. J’ai étudié, j’ai fait mon Bac +7, comme vous avez en France, ici aux États-Unis, à Miami. Et j’habite Miami depuis 30 ans. Alors, j’ai passé à travers beaucoup de Présidents et beaucoup d’élections. Alors, j’ai quand même une bonne expérience de ce qui s’est déroulé dans le passé avec les visas et les cartes vertes dépendamment des présidences que nous avons eues. Je suis ici à Miami depuis 1998, j’ai ouvert mon cabinet en 98 et j’ai ouvert mon cabinet à Montréal il y a quelques années de ça. Alors, je suis principalement à Miami et je fais toujours de consultions à Montréal pour les clients… c’est un bureau satellite à Montréal.

Romain Angeletti : D’accord. Et vous avez une clientèle aussi bien française que canadienne ?

Maître Marcelle Poirier : 98% de ma clientèle est française, européenne, je dirais européenne. Il y a une minorité canadienne même si je suis canadienne d’origine d’un père français et d’une mère brésilienne, ma clientèle ici à Miami est en majorité européenne, francophone.

Romain Angeletti : Et 98% est un chiffre qui me rappelle un autre chiffre que vous aimez bien utiliser régulièrement.

Maître Marcelle Poirier : C’est notre taux de réussite que nous avons estimé selon les statistiques que nous avons fait par rapport aux dossiers depuis plusieurs années.

Romain Angeletti : D’accord. Donc, on a statistiquement 98% de chance d’avoir un visa lorsqu’on passe par vos services, c’est ça ?

Maître Marcelle Poirier : Comme je dis toujours aux clients, ce n’est pas une chance, parce que j’analyse les dossiers avant de les accepter. Alors si j’accepte un dossier, c’est parce que je suis assez convaincu qu’il va être approuvé. Je n’accepte pas un dossier qui va être refusé. Je préfère le dire au client, « votre dossier ne va jamais être accepté ». Alors, la réussite est vraiment basée sur le fait que je fais très très attention pour ne pas prendre des dossiers que je sais pertinemment qui vont être refusés. Prendre un dossier que pour faire un travail sachant que les clients vont tout perdre, ce n’est pas mon intérêt et je ne l’ai jamais fait.

Romain Angeletti : Très bien. Sachant qu’effectivement le bouche à oreille est très très important dans votre métier puisqu’évidemment tout le monde vous connaît et connaît votre réputation qui est plutôt excellente, c’est évident, sinon nous ne saurions pas là.

Maître Marcelle Poirier : Merci.

Romain Angeletti : Je vous en prie. Une première question d’Amélie qui est à Saint-Vincent, alors Saint-Vincent en France ou ailleurs, je ne sais pas quel est le pays exactement. Elle nous demande : « Est-ce que l’élection de monsieur Trump va changer les règles d’obtention des visas et des cartes vertes ? »

Maître Marcelle Poirier : Ça dépend du type de visa. Je pense que les visas investisseur ne seront pas touchés parce que les visas investisseur sont exactement ce que Trump favorise, l’argent qui est apporté aux États-Unis, l’emploi d’Américains, création d’emploi, l’immobilier qui va continuer à se louer. Alors, les visas investisseur ne seront pas touchés. Je pense vraiment que tous les visas de travail, des visas réguliers comme les visas de professionnels, les H1B, les TN pour les Canadiens, tous les visas qui sont basés sur l’emploi vont être touchés, parce qu’il va favoriser, il va faire du protectionnisme pour les employés américains en forçant les entreprises à essayer d’embaucher en premier des Américains, je crois que ce type de visa va être touché. Les cartes vertes basées sur l’emploi, d’après moi, seront plus difficiles d’obtention. Les cartes vertes basées sur les investissements ne seront pas touchés. Alors, je crois que malheureusement il va avoir du protectionnisme et que les visas basés sur le travail vont être plus difficiles d’obtention. Il va favoriser les gens qui sont très éduqués ou qui ont une expertise que nous pourrons trouver chez un Américain, ce qui est déjà le cas aujourd’hui. Mais je crois qu’il va y avoir des limites sur le nombre de personnes qui vont être en mesure de venir avec un visa de travail. Et l’autre point que je pense qui va faire une différence assez importante, ça va être à la douane. Je crois qu’à la douane, il va… plus de deuxième inspection, il va essayer de regarder pour les violations de visa…

Romain Angeletti : Qu’est-ce que la deuxième inspection pour ceux qui n’ont pas eu la chance de vivre cette seconde inspection ?

Maître Marcelle Poirier : Deuxième inspection, c’est quand vous arrivez aux États-Unis et que vous avez ou un visa ou vous venez avec un ESTA ou en touriste, ils vont vous demander d’aller dans une deuxième salle derrière pour des questions complémentaires. Je crois que les deuxièmes inspections vont être plus importantes…

Romain Angeletti : Ils ne torturent personne ?

Maître Marcelle Poirier : Ils ne torturent personne, ça dépend. Des fois, les clients me disent que c’est de la torture mentale, bon… Et je crois que les violations de visa, les gens qui ne font pas exactement ceux qu’ils devaient faire avec leurs visas, je crois que ça, ça va être assez regardé de près.

Romain Angeletti : Donc, il va falloir être carré…

Maître Marcelle Poirier : Oui, on est très carré.

Romain Angeletti : lorsque l’on rentre aux États-Unis. Ok. Et vous pensez que ces changements peuvent avoir lieu à quel horizon ?

Maître Marcelle Poirier : Pas de tout de suite. Même avec Obama, avant qu’il y ait eu des réformes en immigration, c’était plus d’un terme. Je crois que les changements en immigration pour les visas vont être peut-être dans deux ans ou plus, si tout va bien pour lui, parce que ce n’est pas quelque chose avec le congrès des États-Unis, la législation ne se change pas en deux minutes. Je crois que nous avons deux, trois ans devant nous encore de calme ; mais à la douane, je crois que les changements vont être immédiats, je crois qu’il faut faire bien attention que vous ne dépassez pas les jours, qu’il n’y a pas de violation, parce que les directives ont été instantanées. Washington va envoyer la directive qu’on appelle le Border à toutes les douanes, ça, ça va être instantané. Je crois que ça, ça va être instantané aussi des vérifications qu’ils vont faire durant les interviews pour les émissions des visas.

Romain Angeletti : Mais en plus que je crois que les recours sont très compliqués lorsqu’on peut se faire éventuellement expulsé ou tout simplement rejeté.

Maître Marcelle Poirier : Alors, Trump a parlé même que les violations d’immigration, il veut qu’elles soient pénales, ce qui n’est pas le cas aujourd’hui. Aujourd’hui, s’il y a violation d’immigration, vous quittez les États-Unis, vous avez peut-être une période de détention, mais ce n’est pas criminel. Il veut que les violations… il parle que de mettre les violations pénales, ce qui va être assez important. Alors, il faut être vigilant, il va falloir vraiment être très vigilant avec les douanes.

Romain Angeletti : Et j’ai une dernière question pour rebondir sur ce sujet même si Amélie de Saint-Vincent ne nous a pas posé tout ça. Est-ce que vraiment on doit s’inquiéter, je vais vous faire répéter, lorsqu’on est une entreprise qui a besoin de compétences étrangères qu’on ne trouve pas aux États-Unis, ça va vraiment être plus compliqué de recruter des ingénieurs, de recruter même des commerciaux qui ont des compétences pointues dans un domaine ?

Maître Marcelle Poirier : Je crois que ça va être plus difficile. Ça veut dire qu’il va falloir vraiment aller chercher l’expertise de ces personnes plus qu’avant. Avant, c’était un peu plus général. Il faut vraiment que les personnes ont une spécialité recherchée qui ne se trouve pas aux États-Unis. Nous avons vécu ce phénomène durant, je crois c’était la présidence de Bush, le premier Président Bush, en fait c’est le premier, le père, ce qui s’est passé, je vais vous donner un cas… c’était le cas à Paris, à l’ambassade américaine de Paris, quand j’envoyais des dossiers pour les employés essentiels, qui étaient vraiment des gens essentiels pour les entreprises, vous deviez avoir des lettres de chambre de commerce indiquant que les américains ne pouvaient pas faire ce travail, ils me demandaient de faire des annonces très précises pour montrer que l’employeur avait fait des recherches dans le marché local pour vraiment s’assurer qu’il n’y a pas d’Américain qui peut faire ce poste, ils avaient demandé des documents, les dossiers étaient beaucoup beaucoup plus difficiles. Après Paris, nous avions obtenu les visas, ce n’était pas un problème. Ce que j’explique, c’est que dans ces années-là, c’était plus difficile, il fallait mettre beaucoup plus de travail, il fallait choisir le candidat comme il faut, il fallait vraiment que les employeurs soient précis, pourquoi ils ont besoin de cette personne ? Et qu’est-ce que cette personne avait comme expertise ? Ensuite, les ambassades faisaient des vérifications. Ils allaient peut-être contacter les employeurs précédents. Les enquêtes étaient plus approfondies sur l’expertise des employés. Ce n’est pas qu’il n’y aura plus de visas de travail, c’est juste qu’ils vont être plus difficile et il faut être plus précis dans le document parce que l’ambassade va être… ils vont nous demander d’avoir des dossiers, je vous dirais, conséquents.

Romain Angeletti : Et vous avez parlé des visas investisseur, le fameux visa E2, qui je crois est un visa très utilisé par les Français ici aux États-Unis qui créent une entreprise, c’est bien ça. Je sais que ces visas E2 ont droit aussi de faire la demande de E2 employé, est-ce que ces employés-là aussi vont être affectés ?

Maître Marcelle Poirier : Oui. Selon moi, les visas investisseur, l’argent ne sera jamais touché, elle n’a jamais été touchée dans toutes les présidences depuis que j’exerce depuis 21 ans. Mais les employés essentiels vont être touchés. Alors, il faut que les investisseurs soient vigilants et de choisir des gens vraiment qualifiés et compétents et qui peut être aussi documenté, parce que nous pouvons bien dire que le chef participe par exemple à des compétences, il faut être en mesure de tout documenter pour l’ambassade. C’est ce que je pense, c’est ce que j’ai vécu, c’était après Clinton, alors c’était le premier Président Bush. C’était difficile. Nous avons bien sûr donné les documents dont les ambassades nous demandaient mais c’était plus difficile.

Romain Angeletti : D’accord. Et une dernière question, hors question des auditeurs. Nous sommes suivis au French District par de nombreux Français qui viennent faire du tourisme ici. Certains sont très inquiets et se demandent si vous avez évoqué cette difficulté éventuellement, cette complication qu’on pouvait avoir aux frontières, en tout cas ce temps d’attente qui peut être un peu plus long. Mais est-ce qu’on peut dire que cette présidence, la nouvelle présidence de Donald Trump risque d’affecter aussi le tourisme ?

Maître Marcelle Poirier : Non.

Romain Angeletti : Ou est-ce qu’un touriste peut quand même venir passer ses vacances à Las Vegas tranquillement ?

Maître Marcelle Poirier : Alors Donald Trump, c’est une personne qui est à la base un homme d’affaire, tout le monde le sait. C’est un homme qui dépense, c’est un capitaliste. Alors, il va favoriser les gens qui veulent venir aux États-Unis pour dépenser de l’argent, pour aller dans les casinos, pour aller dans les hôtels, dans les restaurants. Pour lui, la base de l’économie américaine, c’est d’apporter de l’argent et que l’argent soit dépensé dans l’économie américaine. Est-ce qu’il va bloquer le tourisme ? Absolument pas, il ne va pas bloquer le tourisme. Il va essayer de s’assurer que les gens ne sont pas illégaux, qu’il n’y a pas de violation, qu’il n’y a pas de criminalité, il va protéger le territoire américain mais pas le tourisme, parce que le tourisme c’est tout ce que lui fait, c’est les hôtels, c’est les restaurants, c’est tout ce que lui il aime. Alors, il va encourager au contraire. Je crois qu’il va ouvrir les portes. Je regardais, j’étais à Las Vegas la semaine dernière, il était en train d’ouvrir un immense hôtel à Las Vegas, ça fait partie de qui il est. Alors les touristes qui vont venir dépenser de l’argent dans l’économie américaine, il va avoir les bras ouverts, c’est certain.

Romain Angeletti : Je pense que ça rassure beaucoup de monde d’entendre ça. Mathieu de Londres nous demande : « Est-ce qu’en tant qu’investisseur », j’imagine qu’il envisage de faire la demande d’un visa E2, «il va bénéficier d’un meilleur système de taxe grâce à Donald Trump ? »

Maître Marcelle Poirier : Oui. Selon ce que Trump a expliqué, à aujourd’hui nous sommes au plus haut des taxes, à environs 36,4%. Trump veut baisser la braquette la plus élevée à environs 15%. Je ne sais pas s’il va le descendre à 15%, mais s’il arrive de redescendre de 36% à 15 ou 20%, c’est déjà énorme. Et ce qui va donner, ce que je pense pour mes clients, j’ai beaucoup de clients investisseurs, en baissant les taxes des gens qui font quand même un bon niveau de revenu, c’est gens-là vont dépenser dans l’économie américaine, ce qui va encourager les restaurants, les boulangeries, les salons de coiffure parce que les Américains auront plus d’argent. Alors, je crois que Trump va définitivement essayer de baisser les taxes, parce que nous avons été augmentés progressivement durant la présidence d’Obama. Je crois que ça va rebaisser.

Romain Angeletti : Ok. Une question de Nicole qui est déjà aux États-Unis puisqu’elle est à Boca Raton qui vous demande : « Sera-t-il toujours possible de renouveler mon visa, ma carte verte ? »

Maître Marcelle Poirier : Alors, les cartes vertes…

Romain Angeletti : Est-ce qu’il y aura une difficulté supplémentaire à renouveler son visa…

Maître Marcelle Poirier : Non, les visas, ça dépend. Si vous… si tout est bon et tout est selon les normes et les termes du visa, il n’y a pas de problème de renouvellement, et la carte verte non plus. Je crois que tous les renouvellements vont rester status quo. Il va par exemple s’assurer qu’il n’y a pas de violation. Tant qu’il n’y a pas de violation et que tous les gens font ce qu’ils sont supposés faire durant les périodes de leurs visas, il n’y a pas de problème.

Romain Angeletti : Très bien. Et une question… Nicole nous a demandé : « Quel est votre sentiment pour les dossiers qui sont en cours ? » Vous avez déjà répondu déjà un petit peu tout à l’heure…

Maître Marcelle Poirier : Il n’y aura pas de changement. Je veux dire, avant, si je regarde, je reprends les choses, l’exemple d’Obama qui a fait la réforme d’immigration, c’est très très long, c’est très long avant que le congrès approuve tous les changements, ils en avaient pour deux à trois ans, je crois, avant que des changements soient importants à l’immigration.

Romain Angeletti : Ok. Et donc Stanislas nous demandait : « Quand pouvons-nous attendre les premières réformes sur l’immigration ? » Stanislas, je crois que Marcelle Poirier vient d’y répondre. Et il vous demande, «Est-ce qu’il sera plus difficile d’entrer sur le territoire américain selon si on est plutôt Français de France, si on est plutôt européen ou si on vient d’un autre pays ? Est-ce qu’il y a des pays qui vont être un peu plus privilégiés que les autres ?»

Maître Marcelle Poirier : Malheureusement, je crois que selon ce qu’il avait dit, je crois que les pays, les gens qui viennent de pays arabes seront peut-être mis en deuxième inspection.

Romain Angeletti : Musulmans.

Maître Marcelle Poirier : Musulmans, voilà, alors selon les noms, je crois qu’ils seront mis en deuxième inspection. Mais sachez qu’il y a déjà des recours selon certaines personnes qui sont envoyés à Washington même pour les visas aujourd’hui. Alors, ces actions existent déjà mais les gens ne sont pas au courant. Des fois, nous, nous avons des passeports qui sont envoyés à Washington avant que les visas sont émis, parce qu’il y a quand même une deuxième vérification. Alors, tout ça existe déjà mais personne n’en parle parce que ça n’a jamais été mis au-devant comme aujourd’hui Trump l’a fait. Je ne crois pas qu’il va avoir beaucoup beaucoup de changements mais les listes des gens qui sont potentiellement dangereux ou ont un potentiel de terrorisme, je crois que ces listes vont être publiques par rapport aux douanes américaines. Il va s’assurer de sécuriser le pays, mais je ne crois pas qu’il va empêcher les musulmans de venir aux États-Unis, je ne crois pas parce que ce sont aussi des grandes fortunes, c’est des gens qui apportent énormément d’argent aux États-Unis. Alors, il sait très bien qu’il en a besoin, que l’économie en a besoin. Alors, il faut faire attention. Je sais que c’est une question importante mais Trump, je crois, veut toujours favoriser l’ouverture et la venue des gens qui vont apporter de l’argent aux États-Unis peu importe qui ils sont, mais il va sécuriser les douanes. Alors, s’il y a des potentiels ou des profils dangereux, ces gens-là seront mis en deuxième inspection.

Romain Angeletti : Laura d’Aix-en-Provence nous dit : « Je suis française, je ne suis pas musulmane. En tant que française, est-ce que je dois me préparer à des questions particulières sachant que Donald Trump, c’est moi qui commente, a dit que la France était, je crois, infestée par le terrorisme, ce genre de chose ? »

Maître Marcelle Poirier : Non, les français ne seront pas touchés à la douane. Je crois que les français qui touchent des listes qui sont bien au courant que même en France qu’ils ont déjà accès, ces gens-là seront mis en deuxième inspection, mais pas tous les français. Il ne va pas généraliser tous les français, parce que n’oubliez pas que Trump, c’est quand même un homme d’affaire. Alors, il ne va pas bloquer le tourisme à venir aux États-Unis, il va bloquer une certaine catégorie de personnes, ça je suis certaine. Il ne va pas les bloquer, mais il va les faire aller je crois en inspection plus approfondie.

Romain Angeletti : Pardonnez-moi Marcelle de parfois vous faire répéter mais les questions sont assez insistantes là-dessus et je sais que vous précisez les mêmes choses assez souvent dans la question, mais je pense que ces questions montrent un niveau stress chez les français assez élevé qui doivent se dire à travers la lecture de la presse que Donald Trump est quelqu’un qui va fermer les frontières, qui va fermer les frontières surtout aux français etc. Effectivement, je partage complètement votre point de vue et je n’y crois pas une seconde. Sur la partie des visas, ça, je vous laisse évidemment, vous êtes la spécialiste. Je vous propose de traiter quelques questions qui sont parfois très pointues et peut-être que vous allez tout simplement dire à l’auditeur que le mieux c’est de s’adresser à vous puisque ce n’est pas l’objet non plus de cette conférence, de faire de la consultation, ça va être un peu compliqué. On a par exemple Claude qui nous dit : « Je vais passer trois ou quatre mois à Porto Rico. Je travaillerai pour une auberge qui va me loger et me nourrir en échange. Je cherche désespérément à savoir quel visa que l’employeur et moi devons-nous remplir ». Est-ce que ce cas Porto Rico, il y a quelque chose qui travaille sur les visas…

Maître Marcelle Poirier : Alors, si j’avais cet… c’est un travail saisonnier, il existe un visa de saison qui est le H2B. Alors, si trois-quatre mois, d’un travail dans un restaurant, c’est ce que j’ai compris, dans un restaurant ou…

Romain Angeletti : Exactement.

Maître Marcelle Poirier : Dans un restaurant, ça sera un visa saisonnier qu’ils sont obligés d’obtenir pour ne pas travailler illégalement.

Romain Angeletti : Le H2B.

Maître Marcelle Poirier : H2B est un visa de saisonnier.

Romain Angeletti : D’accord. Ce sont des visas dont vous vous occupez également ?

Maître Marcelle Poirier : Je ne traite pas beaucoup les visas H2B parce que c’est des visas de très courte durée qui sont difficiles d’obtentions, mais s’ils ont besoin nous pouvons les sous-traiter les dossiers.

Romain Angeletti : On a Rémy de Saint-Rémy qui nous dit : « Je cherche un emploi aux États-Unis. Puis-je venir avec un visa B1/B2 pour essayer de trouver du travail ? »

Maître Marcelle Poirier : Alors, chercher de l’emploi n’est pas autorisé avec un B1/B2. Vous n’avez pas le droit de rentrer avec un B1/B2 pour chercher de l’emploi, ce n’est pas possible.

Romain Angeletti : Très bien. Et les B1/B2 concernent plutôt que type de…

Maître Marcelle Poirier : Alors le B1, c’est pour venir en affaire, prospection d’investissement immobilier mais pas pour chercher de l’emploi, et le B2 c’est du tourisme, quelqu’un qui veut visiter les États-Unis ou qui veut tout simplement être ici pendant six mois pour être en vacance.

Romain Angeletti : Vous vous occupez de ces deux visas également ?

Maître Marcelle Poirier : Oui.

Romain Angeletti : D’accord. Est-ce que c’est un visa parfois que vous recommandez aux personnes qui souhaitent éventuellement venir investir aux États-Unis mais qui ne sont pas encore prêts ?

Maître Marcelle Poirier : Oui, c’est un visa que je regarde de près mais je fais très attention parce qu’il y a eu auparavant de l’abus avec les B1. Alors, il ne faut pas non plus demander un B1 facilement, il faut faire attention pourquoi vous demandez le B1 ? Quelles sont les raisons ? Et souvent, c’est mieux de venir dans un premier temps avec un ESTA, montrer à l’ambassade que vous avez déjà regardé et pourquoi vous avez besoin de plus de temps avec le B1, parce qu’il y a eu malheureusement beaucoup d’abus et s’il y a un refus du visa, après il peut avoir un problème avec le ESTA. Alors, il faut être vigilant avec les B1/B2.

Romain Angeletti : Quelle est la tendance un petit peu sur les dossiers, les demandes que vous recevez à propos des visas investisseur ? C’est plutôt en croissance ? C’est plutôt en attente en ce moment de la part des français.

Maître Marcelle Poirier : Pour moi, ça reste la même chose. Les gens continuent à investir, continuent à avancer, il n’y a pas de différence majeur depuis les élections.

Romain Angeletti : D’accord. Et quel est… J’ai vu deux femmes poser cette question, donc je vais la synthétiser. Quel est à peu près le temps, le délai d’obtention d’un visa investisseur, d’un visa E2 ?

Maître Marcelle Poirier : Alors aujourd’hui, six à huit semaines, oui.

Romain Angeletti : D’accord.

Maître Marcelle Poirier : C’est à l’attente à Paris.

Romain Angeletti : Après avoir déposé le dossier ?

Maître Marcelle Poirier : Après que le dossier est envoyé. Aujourd’hui, il est envoyé au format PDF et une fois que le dossier est envoyé, les rendez-vous sont donnés entre six et huit semaines.

Romain Angeletti : Et le temps de préparation ?

Maître Marcelle Poirier : Pour nous, une semaine à 10 jours.

Romain Angeletti : D’accord. Si vous avez tous les documents…

Maître Marcelle Poirier : Bien sûr.

Romain Angeletti : Si ça prend six mois pour réunir les documents, ça prendra six mois.

Maître Marcelle Poirier : Voilà.

Romain Angeletti : Voilà, ok. Et quel est le montant, nous demande Sylvain, à investir pour faire la demande d’un visa E2 ?

Maître Marcelle Poirier : Il n’y a pas de montant minimum. Alors, je donne toujours l’exemple classique. Si vous allez investir pour acheter le Delano à South Beach, vous allez avoir besoin de 250 millions de dollars. Mais si vous allez ouvrir…

Romain Angeletti : C’est son prix ? C’est le prix du Delano ? [rire]

Maître Marcelle Poirier : C’est un exemple. Mais si vous ouvrez un petit café, vous pouvez investir 60 milles dollars et le visa va être approuvé. Alors tout dépend, c’est en proportion avec le besoin de l’investissement.

Romain Angeletti : Que l’investissement soit cohérent par rapport au projet ?

Maître Marcelle Poirier : Voilà.

Romain Angeletti : Une question d’un franco-canadien qui s’appelle Laurent, qui a donc la double nationalité franco-canadienne. « Quelle est la réputation du statut TN sous-emploi de management consulting ou ingénieur auprès des entreprises américaines ? Y a-t-il des refus ou plutôt des encouragements pour ce statut ? »

Maître Marcelle Poirier : Management consulting a beaucoup de refus, alors il faut faire attention. Il faut vraiment que le dossier soit bien préparé, la durée déterminée parce que malheureusement pour le TN, management consulting n’est pas une catégorie du NAFTA qui est facilement approuvé. Ingénieur, c’est différent, en général il n’y a pas de problème. Mais comme ingénieur et management consulting sont deux professions séparées sur le schedule du NAFTA. Alors ingénieur, il n’y a pas de problème ; mais management consulting, il faut faire attention.

Romain Angeletti : Une question de deux personnes qui envisagent de passer leurs retraites en Floride et qui seront apparemment français. Alors, je préviens ces deux personnes qu’une partie des réponses sera forcément, je pense, plus facile à obtenir auprès d’un expert-comptable puisque ces deux personnes nous demandent : « Nous sommes à la retraite, nous aimerions vivre en Floride à l’année. Quels seraient nos impacts financiers, impôts et assurance maladie ». Là ce n’est pas trop votre domaine…

Maître Marcelle Poirier : Et il n’existe pas de visa de retraité à l’année. Alors ça, ça n’existe pas aujourd’hui. Tout ce qui existe, c’est le B2 pour six mois par an, c’est tout. Côté fiscal…

Romain Angeletti : Tout ce qu’ils veulent, c’est être résident permanent.

Maître Marcelle Poirier : Ça, c’est une carte verte. Alors, il faut demander une carte verte. Alors à ce moment-là, les questions de fiscalité, il faudra s’adresser à un expert-comptable.

Romain Angeletti : Mais est-ce que ces deux personnes à la retraite pourraient trouver un scénario qui puisse les amener à une résidence permanente, la carte verte ?

Maître Marcelle Poirier : Il y a toujours une solution. Si vous pouvez investir beaucoup d’argent, vous avez le programme B5, ils peuvent arriver à une carte verte.

Romain Angeletti : Alors, est-ce vous pouvez nous parler un petit peu de ce B5 ? C’est un visa très particulier ?

Maître Marcelle Poirier : Le B5, c’est quand des gens veulent investir en direct ou indirect entre 500 000 et un million de dollars. Direct, c’est vous-même qui investissez dans une activité commerciale et créez 10 emplois à temps plein ; indirect, c’est quand vous investissez l’argent dans un centre régional et c’est le centre régional qui s’occupe de faire la création de l‘emploi et d’investir l’argent pour vous. Mais normalement, l’attente pour ce type de carte verte est de deux ans. Et en attendant, vous n’avez pas le droit d’être aux États-Unis autre qu’avec le ESTA en touriste.

Romain Angeletti : Ah oui, deux ans en temps d’attente.

Maître Marcelle Poirier : Et ça, le B5, normalement va augmenter bientôt à 800 000 et 1,2 millions, alors dépendamment de la zone et les zones défavorisées vont être limitées.

Romain Angeletti : D’accord. Les résultats n’ont pas été très très bons sur ces B5, en général ?

Maître Marcelle Poirier : Ils sont difficiles d’obtention, les B5 pour le premier, pour celui de deux ans parce qu’il est conditionnel, il n’y a pas de problème. C’est de retirer la confiance est beaucoup beaucoup plus difficile, parce que prouver l’investissement, les 10 emplois temps complet, ce n’est quand même pas facile sur une période de trois ans, parce que retirer la confiance va prendre trois ans.

Romain Angeletti : Ok. Kevin nous dit : « Si j’ai eu un visa refusé, alors que peut-être il a déjà eu un visa refusé pour les États-Unis, est-ce que cela me posera un problème de revenir ? »

Maître Marcelle Poirier : Oui, parce que quand il va appliquer pour le ESTA, il va avoir une question, « est-ce que un visa a déjà été refusé ? ». Et il va dire « oui » sur le ESTA. Normalement, le ESTA va être refusé. Alors…

Romain Angeletti : S’il disait « non » ?

Maître Marcelle Poirier : Ce sera un mensonge, ce serait une misrepresentation et c’est de la fraude. Alors…

Romain Angeletti : Et donc, quelles sont les conséquences de frauder ?

Maître Marcelle Poirier : Si l’immigration s’aperçoit qu’il a fraudé, il est barré des États-Unis à vie.

Romain Angeletti : D’accord. Donc Kevin, ne pas mentir c’est plutôt mieux.

Maître Marcelle Poirier : Oui.

Romain Angeletti : D’accord. Encore une fois, toutes les questions que vous avez à poser à Marcelle Poirier, n’hésitez pas à contacter son cabinet, bien sûr toutes les coordonnées sont sur le site French District où il suffit de taper tout simplement « Marcelle Poirier Miami » sur Google et elle apparait en très très bonne position vu sa réputation. Et l’excellent travail de la personne qui s’occupe de son SEO qui s’appelle Charles que je connais bien. Une question de Jean-David : « Toute la famille est américaine sauf un de mes enfants qui a 35 ans pour qui a été fait un rapprochement familial qui vient d’être accepté. La demande», c’est un peu pointu hein, « ayant été faite en 2007, ma fille est restée aux USA illégalement depuis. Il faut qu’elle aille récupérer le visa permanent à l’ambassade américaine à Paris. Une fois récupéré, ma fille peut-elle se voir refuser l’entrée aux USA malgré le visa permanent en poche ? » Vous pouvez tout à fait dire, « contactez-moi, envoyez un email, je vais traiter… »

Maître Marcelle Poirier : Oui, cette question, elle est trop trop technique et aussi assez délicate. Alors vraiment, c’est préférable de me contacter directement au bureau.

Romain Angeletti : Voilà. Donc, c’est important que je vous pose ces questions vraiment pour que les gens parfois comprennent que ce sont des questions complexes qui nécessitent du travail de votre part et qu’on ne peut pas répondre comme ça en quelques minutes à la volée. Je vous propose deux dernières questions et je pense qu’on aura passé presqu’une heure ensemble et une heure très agréable et en plus très enrichissante je pense pour tous les gens qui nous ont écouté. Deux questions encore, c’est bon Marcelle ?

Maître Marcelle Poirier : Oui, c’est bon.

Romain Angeletti : Je suis en visa F1 avec un master en communication et j’essaie d’obtenir mon MBA pour avoir plus de chance d’obtenir un H1B. Sachant que je ne suis pas en STEM, pensez-vous qu’il sera plus difficile voire impossible d’obtenir un H1B par la suite ?

Maître Marcelle Poirier : Les H1B vont être ciblés.

Romain Angeletti : C’est votre métier hein de répondre à ces questions.

Maître Marcelle Poirier : Ce sont les visas qui sont ciblés par Trump. Alors ça, je ne vais pas le cacher. Il parle de réduire les H1B. Normalement, il y a 65 000 H1B qui sont très difficiles d’obtention, c’est avec des quotas. Les quotas sont atteints et c’est terminé. Alors, oui, les visas H1B seront difficiles. Mais plus la personne est éduquée, si le Master’s degree, ce que j’entends, le MBA est américain, il y a 25 000 de plus pour les master’s américains, pour les gens avec des master’s degree américain, de ce côté-là c’est bon. Moi, je conseillerais d’essayer d’activer le plus rapidement possible la demande de H1B même si le MBA n’est pas terminé parce qu’il peut demander un H1B avec Bachelor degree. C’est vrai qu’avec le master’s, il a plus de chance parce que plus de quota, mais le plus rapidement la demande est faite de H1B, plus il y aura plus de chance.

Romain Angeletti : Ok. Vous avez parlé de faire les demandes assez rapidement sans que ce soit évidemment une stratégie on va dire commerciale de votre part. Vous recommandez sincèrement aux personnes qui envisageraient de venir vivre aux États-Unis d’une façon ou d’une autre à travers peu importe un visa investisseur ou autre, de si possible se dépêcher dans les deux prochaines années.

Maître Marcelle Poirier : Dans les deux prochaines années. Moi, je pense que les gens devraient continuer à utiliser le climat favorable que nous avons eu depuis deux ans pour les deux prochaines années. Alors, si vous avez des projets d’immigration, c’est le moment de le faire. Et surtout pour les gens qui veulent venir avec des visas de travail, les investisseurs également, je pense qu’avant que des réformes commencent, ce serait bien d’activer un petit peu.

Romain Angeletti : Ok. Une dernière question qui est assez intéressante parce que je connais quelqu’un qui était dans un cas similaire, une question de Michel : « Bonjour, Marcelle. Je souhaite faire une demande de visa pour monter un salon de coiffure » où j’imagine un visa investisseur, il ne le précise pas, mais… Ma question est : « Est-ce que je peux greffer à mon visa ma nièce qui est coiffeuse et qui aujourd’hui travaille déjà avec moi et en plus je voudrais emmener un salarié ? Est-ce possible avec une configuration comme celle-là ? » J’ai parlé de visa investisseur mais c’est à vous de…

Maître Marcelle Poirier : Alors, le visa investisseur permet à l’investisseur de faire venir avec lui des gens, des employés qualifiés, encore une fois qualifiés, de la même nationalité. Alors, les personnes que l’investisseur fait venir doit être de nationalité française avec… Pour moi, ce n’est pas une loi mais je regarde, normalement, pour au moins cinq ans d’expériences professionnelles. Alors dans la coiffure, l’ambassade fait une différence entre avant le diplôme, parce que je sais qu’ils font des stages, et après le diplôme, alors cinq ans d’expériences après le diplôme et peut-être des expertises dans la couleur, dans la coupe, des fois des stages qu’ils ont faits avec des grands noms, tout ça, ça peut aider. Mais les investisseurs ont droit comme le restaurateur qui fait venir le chef pâtissier par exemple ou un chef, les investisseurs ont droit de faire venir avec eux même en même temps que la demande de leurs visas, des employés qu’ils considèrent essentiels pour l’évolution de leurs commerces aux États-Unis.

Romain Angeletti : Ok. Je peux me permettre une question colombo qui est la fameuse dernière question, j’en ai toujours une. Les français que vous voyez arriver ici utilisent plutôt quel type de visa ? Et ensuite parce que je sais que vous allez me dire peut-être visa investisseur,

Maître Marcelle Poirier : Oui.

Romain Angeletti : Vous allez me dire ça ?

Maître Marcelle Poirier : La majorité utilise le visa investisseur, oui.

Romain Angeletti : Et parmi tous ces visas investisseur, quels sont le type de business qu’ils créent ici ?

Maître Marcelle Poirier : Nous avons un peu de tout. Mais en majorité, ce sont beaucoup dans la restauration, dans les salons de coiffure, dans les boulangeries, les commerces qui sont typiquement français, un peu dans la mode, nous avons un peu dans la mode, mais en gros ça c’est vraiment, ça se concentre autour des restaurants, des hôtels, boulangeries, tout ce qui est hospitality, tout ce qui est dans le domaine de la restauration et de l’hôtellerie.

Romain Angeletti : Est-ce que pour autant ça veut dire que ce sont les visas qui sont les plus faciles à obtenir ?

Maître Marcelle Poirier : Non. Alors l’ambassade, ils aiment bien… je vois souvent des visas avec des applications Iphone ou dans la technologie, l’ambassade aime beaucoup ce type de visa qui est différent de ce qu’ils ont l’habitude de voir tous les jours. Ce que l’ambassade n’aime pas, c’est les e-commerces, des activités qui font que de l’internet, parce qu’ils se posent la question pourquoi avez-vous besoin d’être physiquement aux États-Unis, alors il faut vraiment expliquer le besoin d’être aux États-Unis. Alors pour ce type de visa, je mets toujours les gens en garde, les clients en garde que oui vous pouvez faire une activité internet mais vous devez expliquer pourquoi vous devez être aux États-Unis, est-ce que vous allez voir des clients physiquement ? Est-ce que vous avez un marketing, une plateforme que vous voulez développer aux États-Unis ? Alors ça, c’est un type de visa qu’il faut faire attention.

Romain Angeletti : Et le fait de dire : « Je souhaite implanter ma start-up aux États-Unis et obtenir un visa parce que je veux être plus près des clients américains », ça peut suffire ?

Maître Marcelle Poirier : Oui. Ça peut être […] américain, c’est aussi un problème avec quand les gens font du e-commerce avec l’argent, vous savez entre être payé en argent américain, être payé en euro, aussi avec un custumer service quand il dit le support pour les clients que vous êtes en décalage de six heures, toutes ces raisons-là sont valides quand vous travaillez sur internet parce que c’est la voie du futur. Alors, il faut quand même que l’ambassade… ils réalisent que c’est la voie du futur mais ils veulent savoir pourquoi avez-vous besoin de ce visa, quel est votre besoin d’être physiquement présent aux États-Unis, c’est ça qu’il faut regarder et rechercher dans tout ce qui est basé sur internet.

Romain Angeletti : Et vous avez dans le tourisme également des entreprises… des projets de français dans le tourisme…

Maître Marcelle Poirier : Dans le tourisme…

Romain Angeletti : sachant qu’on est en Floride qui est quand même un état…

Maître Marcelle Poirier : Il y en a quelques-uns mais ce n’est pas le plus recherché, les visas dans le tourisme. J’en ai quelques-uns mais ce n’est pas la majorité.

Romain Angeletti : Et est-ce qu’il y a des secteurs que vous déconseillez ne serait-ce que parce qu’ils ne sont pas éligibles peut-être…

Maître Marcelle Poirier : Ce qu’ils n’aiment pas beaucoup, ce sont le voitures, alors les achats et reventes de voitures parce que pour eux un visa B1 d’affaire suffit. Alors après, si vous achetez un concessionnaire de voitures et que c’est beaucoup plus important et que vous faites de la réparation, ok ; mais quand c’est que achat et revente, ce sont des visas très très très difficiles d’obtention.

Romain Angeletti : Il y a un secteur que vous n’avez pas évoqué mais qui est une obsession chez les français, qui est le secteur de l’immobilier. Qu’est-ce qu’on peut faire… est-ce qu’on peut avoir un visa avec l’immobilier ? J’imagine qu’on vous pose cette question 10 fois par jour.

Maître Marcelle Poirier : C’est une question qui m’est posée 10 fois par jour. Alors, oui, il est possible d’avoir un visa sur l’immobilier mais tout dépend du type d’immobilier. Si vous achetez un condo ou deux condos, même si ce sont deux condos à 15 millions de dollars, vous n’aurez pas le visa. C’est vraiment sur le nombre d’unités. Si vous prenez un million de dollars et que vous divisez votre million de dollars en 20 unités, et que là vous avez une organisation que vous devez gérer, là c’est bon. Alors que…

Romain Angeletti : Avec des employés…

Maître Marcelle Poirier : Avec des employés, avec… il faut que la structure demande une gestion quotidienne, un travail quotidien. Et souvent la façon qu’ils regardent les dossiers, c’est par le nombre de propriétés, le besoin de travailler, d’avoir du staff qui travaille pour vous tous les jours. Alors, il faut faire attention que le condo que vous achetez, que vous revendez ne va pas apporter un visa même si le condo vaut 10 millions de dollars.

Romain Angeletti : Donc, je viens d’acheter une magnifique maison sur Staten Island avec une magnifique piscine à débordement et mon bateau devant, ça ne me donne pas un visa ?

Maître Marcelle Poirier : Pas du tout.

Romain Angeletti : En revanche, je peux vous appeler pour trouver une solution ?

Maître Marcelle Poirier : Oui, bien sûr.

Romain Angeletti : Je n’ai pas encore trouvé la maison mais…

Maître Marcelle Poirier : J’ai eu le cas de quelqu’un qui avait acheté une maison comme vous expliquez de plusieurs millions de dollars avec des bateaux et tout ça et il était obligé d’acheter une petite affaire à côté qui est vraiment peut-être est un glacier pour être en mesure de rester aux États-Unis, parce que toute la propriété, ça n’a pas lui donné un visa malheureusement.

Romain Angeletti : En revanche, on a besoin d’un visa pour acheter cette propriété.

Maître Marcelle Poirier : Tout à fait. Vous pouvez toujours acheter une maison ici, un appartement. Bien sûr, les bras sont grand ouverts de l’administration américaine pour les gens qui investissent dans l’immobilier.

Romain Angeletti : Très bien. Et vous traitez les demandes qui viennent uniquement pour la Floride ou aussi si je souhaite, moi, investir à Las Vegas, vous pouvez m’aider ?

Maître Marcelle Poirier : Oui. Alors,…

Romain Angeletti : La Californie…

Maître Marcelle Poirier : L’immigration américaine, le droit est uniforme à travers tous les états. Alors, nous pouvons traiter les dossiers que les gens qui vont investir à New York, en Californie, à Las Vegas, je traite des dossiers de gens que je n’ai malheureusement jamais rencontrés en personne qui ont investi à Californie. Alors, les lois sont uniformes à travers… c’est fédéral, une loi fédérale et non pas une loi d’état contrairement à la fiscalité qui change d’état en état. Nous, pour nous, nous traitons des dossiers à travers les États-Unis.

Romain Angeletti : Très bien. Merci beaucoup Marcelle, Marcelle Poirier pour ceux qui veulent identifier encore plus la personne que vous avez écoutée pendant une heure. Evidemment, c’est très facile de trouver les coordonnées de Marcelle Poirier comme je vous l’ai dit tout à l’heure sur Google, sur le French District. Marcelle Poirier est membre du French District depuis de longues années. Ils ont beaucoup de plaisir à travailler avec elle et à recommander ses services à nos lecteurs très régulièrement. Très bonne soirée, Marcelle. Il est 15h ici environ, alors en France il est donc 21h. Très bonne nuit à ceux qui nous suivaient de France et à très bientôt à tous ceux qui nous ont suivis. Au revoir.

Maître Marcelle Poirier : Merci à tous.

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