Les dessous de l’affaire Michael Jackson – Qu’en est-il des éléments judiciaires ?

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Une enquête menée par le cabinet de Maître Noémie Houchet-Tran, avocate en droit international de la famille à Paris et membre du French District.

Le 21 mars 2019, M6 a diffusé un reportage de Dan Reed intitulé Leaving Neverland. Déjà diffusé aux États-Unis les 3 et 4 mars dernier, il donne la parole à deux hommes : Wade ROBSON et Jimmy SAFECHUCK, tous deux amis avec Michael JACKSON dans leur enfance et qui se disent aujourd’hui victimes d’abus sexuels répétés. Ce reportage a défrayé la chronique et les réactions, très diverses, sont virulentes. Bien évidemment, Michael JACKSON, étant décédé le 25 juin 2009, ne peut plus se défendre. Mais qu’en est-il réellement ? Si beaucoup d’éléments ont été mis sous scellés au vu de la notoriété de la star, beaucoup d’autres sont accessibles au public et c’est sur leur base que nous avons enquêté.

Il est tout d’abord notable que le ministère public était représenté par la même personne dans les deux affaires : Thomas SNEDDON. Ce dernier avait explicitement sollicité le tribunal en 2005 pour ré-utiliser les éléments recueillis en 1993/1994. Il voulait démontrer que Michael JACKSON était un prédateur sexuel aguerri.

Il avait ainsi identifié 7 « special friends » de Michael JACKSON, tous victimes d’abus selon lui entre 1990 et 1993. Dans son mémorandum du 10 décembre 2004, on trouve ainsi les noms : Jordan CHANDLER, Jason FRANCIA (fils d’une ancienne employée), Brett BARNES, Macaulay CULKIN (le héros de « Maman j’ai raté l’avion»), Jonathan SPENCE et les deux protagonistes du moment : Wade ROBSON et Jimmy SAFECHUCK.

I. La Plainte de Jordan CHANDLER de 1993 et ses suites

1. La plainte du 14 septembre 1993

Le 14 septembre 1993, les avocats des parents de Jordan CHANDLER, alors âgé de 13 ans (né le 11 janvier 1980) dépose une « plainte civile » contre Michael JACKSON. Cette plainte est construite sur le syllogisme bien connu des juristes : fait, dommage, causalité.

Cette plainte indique que courant 1993, Michael JACKSON aurait agressé sexuellement de façon répétée le petit Jordan dans plusieurs lieux, y compris dans le ressort du Comté de Los Angeles où est déposée la plainte.

La plainte précise que les abus sexuels comprennent des actes de fellations commis par Michael JACKSON sur Jordan parfois en avalant le sperm de ce dernier. Ces actes comprendraient aussi des actes de masturbations par Michael JACKSON sur Jordan. Michael JACKSON aurait aussi incité Jordan à le caresser pendant qu’il se masturbe. Michael JACKSON aurait également fait prendre la douche avec soin et attention au petit Jordan.

La relation entre Jordan et Michael JACKSON s’est terminée selon lui en juillet 1993, lorsque son père Evan a récupéré sa garde.

Tous ces actes auraient causé un grand préjudice essentiellement psychologique au petit Jordan, impliquant notamment des soins, dont le coût est encore inconnu au moment de la plainte.

Le plaignant finit par solliciter, sans les quantifier encore, des dommages intérêts « compensatoires », c’est-à-dire à hauteur du préjudice, mais également des dommages et intérêts punitifs et exemplaires, c’est-à-dire bien au-delà du préjudice réellement subi. Il sollicite enfin l’octroi de frais de procédure et toute mesure que le tribunal jugerait opportune.

2. La déclaration de Jordan CHANDLER du 28 décembre 1993

Le petit Jordan a été entendu sur les faits le 28 décembre 1993.  Il raconte avoir rencontré Michael JACKSON une première fois furtivement lorsqu’il avait 5 ans puis en mai 1992.

A cette époque, sa mère June CHANDLER et son père Evan CHANDLER étaient séparés depuis de nombreuses années. June CHANDLER vivait alors avec David SCHWARTZ qui tenait une agence de location de voitures.

Michael JACKSON avait eu une panne de voiture et c’est ainsi que Jordan a pu discuter avec Michael JACKSON, alors en tournée.

En février 1993, Jordan est invité avec Lily, sa demi-sœur, et sa mère June à Neverland. Jordan indique ne pas avoir passé la nuit avec Michael JACKSON.

Jordan indique ensuite que fin mars 1993, lors d’un voyage à Las Vegas toujours en présence de Lily et de June, il avait passé la nuit avec Michael JACKSON après avoir visionné le film l’exorciste mais qu’il ne s’était rien passé. Il avait ensuite passé 2 ou 3 nuits supplémentaires avec Michael mais là encore il ne s’était rien passé.

Il indique ensuite qu’en suite de ce voyage à Las Vegas, les relations avec Michael se sont fortifiées, qu’il passait régulièrement la nuit avec Michael à Neverland et que Michael venait aussi souvent chez lui et qu’à ces occasions, il y aurait eu des contacts sexuels à de nombreuses occasions, sans toutefois les décrire.

Un seul épisode semble revenir plus précisément en mémoire, celui de mai 1993 en Europe pendant lequel ils auraient pris un bain ensemble et se seraient masturbés. Il y aurait eu aussi une fellation.

3. La transaction du 25 janvier 1994 et l’abandon des poursuites pénales

Un document daté du 25 janvier 1994 circule. Les termes de l’accord étant confidentiels, il est difficile de savoir s’il s’agit de la version définitive de l’accord. Dans ce document, il est fait état d’un montant 15 331 250 Dollars versé à Jordan CHANDLER tandis qu’on a parlé de 20 ou 22 millions de dollars dans la presse.

Dans la transaction, il est indiqué que Michael JACKSON n’admet en aucun cas les allégations d’abus sexuels et transige au regard de l’impact négatif exponentiel que l’affaire a sur sa carrière.

La transaction contient bien entendu une clause de confidentialité réciproque et surtout un abandon réciproque de toute action actuelle ou future : Jordan CHANDLER, par l’intermédiaire de ses ayants- droits doit donc retirer sa plainte et Michael JACKSON de son côté ne pourra jamais intenter une quelconque action, en diffamation notamment.

La plainte de Jordan a été retirée et empêche toute action civile mais cela n’empêche en rien l’action pénale de se poursuivre.

Le District Attorney saisi des faits est Thomas SNEDDON, aussi chargé de l’affaire de 2005, comme on l’a vu. Ce dernier avait ainsi lancé une enquête de grande ampleur comprenant bien entendu des auditions de témoins (environ 200) mais également des perquisitions. Dans le cadre de cette enquête, Wade ROBSON et Jimmy SAFECHUCK ont été entendus.

L’affaire est passé devant un Grand jury. Ce jury doit déterminer si au vu des éléments présentés par le ministère public il est possible que la personne ait commis l’infraction. Cette étape procédurale permet au parquet de tester ses preuves et de mettre un terme plus rapide à une procédure qui n’a aucune chance de déboucher sur une condamnation. C’est ce qui s’est passé. Thomas SNEDDON a donc dû abandonner ses poursuites. Il est donc parfaitement faux d’entendre que l’action publique s’est éteinte avec le retrait de la plainte de Jordan CHANDLER.

4. Les suites de cette affaire : qu’est devenu Jordan CHANDLER après la transaction de 1994?

Bien évidemment, la transaction tient Jordan au silence au civil, mais pas au pénal.  En 2005, Thomas SNEDDON évoque dans son mémorandum le droit pour Jordan de ne pas venir témoigner dans cette seconde affaire.  Jordan CHANDLER a ainsi refusé de participer à l’affaire de 2005.

Sa mère June CHANDLER a quant à elle été entendue de nouveau en 2005 sur la relation entre son fils et Michael JACKSON. Voici quelques éléments intéressants dans son audition :

  • Elle indique s’être séparée de David SCHWARTZ autour d’août 1992
  • Elle se souvient aussi que son ex-mari et père de son fils, Evan CHANDLER, avait agressé physiquement ce dernier
  • Elle confirme qu’Evan lui avait confié qu’en connaissant Michael JACKSON ils n’auraient plus aucun souci à se faire dans la vie
  • Elle indique avoir reçu de nombreux cadeaux de la part de Michael JACKSON
  • S’agissant du voyage en France et à Monaco de mai 1993, elle indique avoir trouvé étrange de ne pas pouvoir rentrer dans la chambre de Michael JACKSON tandis que son fils y était. Après cela, elle a invité Michael JACKSON chez elle
  • Le père de Jordan, Evan CHANDLER, l’a également invité chez lui suite à cela. Il voulait que Michael JACKSON l’aide financièrement pour réparer sa maison
  • Elle indique en outre que le conflit avec Evan sur la garde de Jordan aurait commencé en août 1993 (tandis que Jordan indiquait que la garde avait été transférée en juillet 1993)
  • Elle précise aussi qu’en tant que mère de Jordie, elle pouvait toujours entrer librement dans la chambre de Michael JACKSON
  • Elle indique que les autorités ont été averties des « abus » en août 1993.

June CHANDLER fait également état de sa rencontre avec Joy ROBSON, la mère de Wade ROBSON. Michael lui aurait indiqué que cette dernière était un peu soupe au lait et jalouse de la situation. Joy lui aurait indiqué que son fils Wade venait de se faire « larguer » par Michael quelques temps plus tôt et qu’elle était à Neverland ce jour là (courant 1993) pour que Michael signe un contrat d’enregistrement avec Wade. Il est intéressant de noter que dans l’audition de Joy ROBSON, June CHANDLER est décrite comme une personne autoritaire qui se croyait tout permis à Neverland.

June CHANDLER raconte à la fin de son audition ne pas avoir parlé à son fils Jordan depuis 11 ans, soit depuis 1994. Quant au père de Jordan CHANDLER, Evan CHANDLER, ce dernier s’est suicidé en novembre 2009. Il souffrait vraisemblablement d’une maladie invalidante et avait de grosses dettes.

Après la mort de Michael JACKSON, il avait été fait état d’un communiqué de repenti par Jordan CHANDLER indiquant que son père l’avait contraint à raconter des mensonges pour soutirer de l’argent à Michael JACKSON. La source de cette révélation n’a jamais été authentifiée. Aucun démenti n’a cependant été fait.

Un enregistrement de 1993 d’Evan CHANDLER circule également : ce dernier annonce qu’il va embaucher un « son of a bitch » pour faire un massacre et détruire la carrière de Michael JACKSON et obtenir ce qu’il veut. Cet enregistrement est disponible sur Youtube et aurait été capté par Antony PELLICANO, le détective de Michael JACKSON. Évidemment très incriminant pour feu Evan CHANDLER, nous n’en ferons pas davantage l’exposé puisque nous n’avons pas (encore) la certitude de son utilisation lors des procédures.

II. La plainte de Gavin ARVIZO et l’acquittement de juin 2005

Gavin est l’enfant dont Michael JACKSON tient la main dans le reportage Living With Michael JACKSON tourné par Martin BASHIR courant 2002 et diffusé partout dans le monde en 2003.

Comme on l’a dit, c’est Thomas SNEDDON qui a été de nouveau chargé du dossier et ce dernier n’a pas hésité à annoncer à la presse sa ferme intention de faire emprisonner la star.
Dans son mémorandum du 10 décembre 2004, il indique que les abus sur Gavin auraient commencé après ce reportage tourné en 2002 et diffusé en février 2003.

Il est noté aussi que le père de Gavin est un homme violent et que ce dernier s’est vu interdire d’entrer en contact avec ses enfants ou leur mère Janet.

Il est écrit que la mère de Gavin voulait stopper la diffusion du reportage car ses enfants étaient ridiculisés. La mère de Gavin n’avait pas alors connaissance des abus.

Il est explicité que leur avocat de l’époque les a orientés vers son confrère Larry FELDMAN, l’avocat de la famille CHANDLER et cet avocat a ensuite orienté Gavin vers le psychologue Stan KATZ, à qui Gavin aurait fait ses révélations.

Il y aurait eu deux épisodes de masturbations dont Gavin se souvenait, tandis qu’il était alcoolisé. Son frère Star aurait été témoin de deux autres épisodes d’abus.  Le 10 décembre 2003, Thomas SNEDDON rend public les 10 chefs d’inculpations retenus contre Michael JACKSON, comprenant des abus sexuels sur mineurs.  Après une longue enquête et plusieurs audiences préliminaires, le procès s’ouvre le 31 janvier 2005.

L’audience a fait l’objet de reconstitution quotidienne sur les chaines de télévision. Les scripts du greffe sont publics. Il y eut beaucoup de rebondissements. Notons les plus marquants.

Le 24 mars 2005, l’accusation produit des magazines pornographiques contenant les empreintes tant de Michael que de Gavin, empreintes finalement mises lors de l’audience préliminaire et non à Neverland.

Jason FRANCIA, le fils d’une ancienne employée qui prétendait jusque là avoir été agressé aussi s’est ravisé lors du contre-interrogatoire du 5 avril 2005.

Ce jour là, sa mère Blanca FRANCIA ravise également sa version des faits sur la relation entre Michael JACKSON et Wade ROBSON : elle avait déclaré initialement les avoir surpris sous la douche en train vraisemblablement de se toucher pour finalement déclarer les avoir vus rire et jouer.

Wade ROBSON a été entendu le 5 mai 2005, le même jour que Brett BARNES. Macaulay CULKIN sera entendu le 11 mai 2005. Ces trois special friends devenus adultes ont nié tout acte déplacé.

Jay LENO aurait également été un témoin déterminant du caractère très vénal de la famille Arvizo qui sollicitait sans cesse plus d’argent pour guérir leur fils de son cancer.

La plaidoirie finale s’est faite le 3 juin 2005. Le 13 juin 2005, les douze jurés ont finalement voté unanimement non coupable de tous les chefs d’inculpation.

III. Les plaintes de Wade ROBSON et de Jimmy SAFECHUCK et leurs suites

1. La plainte déposée en 2013 par Wade ROBSON

Selon les dires de Thomas SNEDDON dans son mémorandum du 10 décembre 2004, Wade ROBSON (né le 17 septembre 1982) est australien. Il aurait rencontré Michael Jackson avec sa famille lors d’une compétition de danse sponsorisée par Disney. Il aurait ensuite passé tout l’après-midi avec Michael. Ce dernier l’a aidé pour avoir un rôle dans une publicité aux États-Unis. Sans permis de travail, les chèques étaient au nom de MJJ puis Michael reversait ensuite les fonds à sa mère Joy ROBSON. Madame MURDOK, une employée interrogée par Thomas SNEDDON aurait confié que Joy appelait tous les jours pour que Michael l’aide à obtenir une green card, ce qu’il a fait. Michael aurait ensuite employé fictivement Joy.

Tout ceci est confirmé tant par les auditions de Wade et de Joy de 2005 que par le récit contenu dans la plainte de Wade ROBSON de 2013. Wade ROBSON a ainsi porté plainte le 10 mai 2013 une première fois vraisemblablement « under seal » (sous scellé ») rendant inaccessible cette première plainte au public.

La plainte a été dirigée contre la succession mais également contre les sociétés de production. Aucune négociation n’ayant abouti, Wade ROBSON a déposé une seconde plainte amendée et enregistrée le 19 février 2014 dont le contenu est accessible. Une troisième plainte amendée a été déposée le 16 décembre 2014 puis une quatrième version en octobre 2016, dont le contenu est également disponible.

À la lecture des ces plaintes, il est exposé que :

  • Il est âgé de 5 ans lors de la première rencontre en novembre 1987
  • Les abus auraient débuté autour du 4 février 1990. Wade et sa sœur auraient tous deux dormi avec Michael la nuit précédente et cette nuit là sa sœur ne voulait pas se joindre à eux et les abus auraient commencé et ce pour une durée de 7 ans
  • Michael aurait briefé Wade dès la première nuit pour ne surtout pas répéter ce qu’ils faisaient
  • Le 1er septembre 1991, Wade, sa sœur et sa mère Joy se sont installés définitivement en Californie ( laissant le père en Australie)
  • Joy travaillait pour son fils en tant que manager
  • Celle-ci a arrêté d’être employée par MJJ PRODUCTIONS et/ou MJJ VENTURES autour de 1998 lorsque Wade et sa famille ont obtenu un statut de résident permanent aux États-Unis.

Il est indiqué aussi dans la plainte que Michael JACKSON a participé très activement à la carrière de Wade, lui payant des cours, le « pistonant » pour des rôles, lui faisant enregistrer un disque.

Il est dit que Michael était la « father figure and mentor » (« figure paternelle et mentor ») de Wade. Michael se serait désintéressé physiquement de Wade lorsque ce dernier aurait atteint l’âge de 13 ans.

Wade ROBSON indique avoir été briefé tant en 1993 qu’en 2005 pour témoigner en faveur de Michael JACKSON (ce qui serait constitutif d’un parjure, comme le relève la succession Jackson dans ses écritures en défense).

Il indique qu’en 2002, son père s’est pendu. Wade aurait appris de la sœur de son père que l’idée que son fils aurait pu être abusé lui avait causé un très grande anxiété et dépression. Michael JACKSON meurt le 25 juin 2009.

Wade explique ensuite qu’en 2011, il avait été employé pour diriger une comédie musicale avec un budget d’environ 30 millions de dollars. Il pensait que la prophétie de Michael était devenue réalité. Mais fin avril 2011, Wade a été pris d’un grand stress et d’anxiété et a ainsi quitté ce job.

Il a commencé à voir un psychologue le 16 mai 2011, à qui il ne confiera aucun abus. Il explique avoir repris un peu le travail et avoir fait une seconde dépression nerveuse en mars 2012. En avril 2012, il commence une nouvelle thérapie et le 6 mai 2012 il parle pour la première fois d’abus à son psychologue. Il est dit qu’il s’agit de la première personne à entendre cela. C’est au fur et à mesure des discussions postérieures que Wade aurait compris avoir été abusé.

Wade décrit ensuite sa carrière pleine de succès pour décrire le préjudice subi par ces dépressions nerveuses.

Il réclame enfin sans les quantifier encore, des dommages intérêts « compensatoires », c’est-à-dire à hauteur du préjudice, mais également des dommages et intérêts punitifs et exemplaires, c’est-à-dire bien au-delà du préjudice réellement subi. Il sollicite enfin l’octroi de frais de procédure et toute mesure que le tribunal jugerait opportune.

2. La plainte de Jimmy SAFECHUCK

La plainte de Jimmy SAFECHUK (né le 28 février 1978) a été signée le 5 mai 2014 et enregistrée seulement le 27 juillet 2015. Comme Wade ROBSON, Jimmy SAFECHUCK amendera sa plainte en mars 2015.

Il ressort de cette plainte que :

  • Les abus subis « des centaines de fois » se seraient déroulés entre juin 89 pendant le « Bad Tour » et 1992
  • Il aurait ensuite été remplacé par Brett BARNES
  • Aucune date précise ni aucun détail des abus ne figurent dans la plainte, à l’exception du premier épisode d’abus où on indique un peu plus précisément mais sans le décrire qu’il se serait déroulé à Paris lors du Bad Tour fin juin 1988
  • Il est dit que Michael JACKSON et Jimmy ont dormi ensemble dès la première visite à Neverland en 1988, que Michael venait d’acquérir, puis il est dit que la mère de Jimmy refusait qu’ils dorment ensemble jusqu’après le Bad Tour
  • En 2005, Jimmy aurait avoué à sa mère sans détails qu’il aurait été abusé par Michael JACKSON
  • Celle-ci aurait cependant fait semblant de ne rien savoir en 2005, expliquant ses déclarations de l’époque sur l’innocence de Michael
  • Jimmy aurait été suivi par un psychologue en 2007 mais il ne lui aurait rien dit
  • Ce n’est qu’en 2013 que le sentiment de panique resurgit lorsque Wade ROBSON, un garçon qu’il a connu en 1993, dépose plainte
  • Il commence une nouvelle thérapie en mai 2013 et prend conscience d’avoir été abusé .

Il réclame enfin sans les quantifier encore, des dommages intérêts « compensatoires », c’est-à-dire à hauteur du préjudice, mais également des dommages et intérêts punitifs et exemplaires, c’est-à-dire bien au-delà du préjudice réellement subi. Il sollicite enfin l’octroi de frais de procédure et toute mesure que le tribunal jugerait opportune.

La plainte a été jointe procéduralement à celle de Wade, afin que le tout soit jugé par la même personne.

3. Les suites données aux plaintes par la justice américaine

Le 26 mai 2015, la probate court, en charge des affaires successorales, déboute Wade ROBSON pour plainte tardive.

Quant à la plainte dirigée contre les sociétés de production, le juge a tout simplement indiqué qu’il n’y avait aucun rapport entre le comportement personnel d’un individu et les sociétés de production.

Un appel aurait été régularisé et serait toujours en cours, mais nous n’avons pas encore retrouvé la trace des documents.  Le 28 septembre 2015, Jimmy SAFECHUCK a également été débouté pour prescription.

Le plus intéressant est ce qui s’est passé avant les déboutés. La trial court a notamment ordonné la production par Wade ROBSON de tous les échanges écrits sur cet abus supposé. Sous serment, il a tout d’abord indiqué qu’hormis un bref email de fin 2012, il n’y avait aucune communication écrite.

Après avoir changé d’avocat, il a finalement produit près de 4000 pages de documents. On y trouve ainsi un livre écrit par Wade ROBSON racontant ces abus, livre qu’il aurait tenté de vendre à des éditeurs mais qui n’aurait pas trouvé preneur. On y trouve aussi beaucoup d’emails échangés avec Joy ROBSON, sa maman, à qui il pose de très nombreuses questions du style : « peux-tu m’expliquer ce dont tu te souviens de cette première nuit à Neverland ? », « et le premier week-end ? »…

Wade ROBSON a aussi dû faire une déposition le 12 décembre 2016, pendant laquelle il reste très évasif. Il indique que les détails des abus lui sont revenus au fur et à mesure de la procédure.

Sa mère Joy a également été auditionnée à au moins deux reprises en 2016. Elle affirme ne pas avoir beaucoup de contacts avec Wade et ne pas avoir discuté des abus, sauf dans les emails qu’on lui présente. Elle indique aussi qu’elle devait prendre le relais dans la gestion de carrière de Wade ROBSON car Michael JACKSON ne tenait pas toutes ses promesses.

Il est intéressant de faire le parallèle avec sa déclaration en 2005 devant le tribunal où elle niait tout abus sur son fils mais indiquait aussi notamment au procureur qui l’interrogeait n’être venue au ranch de Neverland que 4 fois en 14 ans en présence de Michael JACKSON depuis leur installation en Californie en septembre 1991. Elle confirmait aussi que Jordan CHANDLER était le special friend qui avait remplacé Wade ROBSON en 1993.

4. Les suites du reportage

Les fans du monde entier se mobilisent. Taj JACKSON, son neveu, est très actif pour défendre son oncle. Brandi JACKSON, la nièce de Michael JACKSON qui aurait eu une relation amoureuse d’enfance avec Wade ROBSON pendant 7 ans, affirme quant à elle que Wade est un menteur et un manipulateur habitué à mentir ou à tromper pour faire avancer sa carrière.

Brett BARNES, un des special friends, a également pris position sur Twitter pour s’insurger des propos tenus par Wade ROBSON et Jimmy SAFECHUCK. ces mensonges.

La succession JACKSON a assigné HBO tandis que Wade ROBSON et Jimmy SAFECHUCK vont faire l’objet de diverses poursuites notamment de fans.

Conclusion

On ne peut jamais assurer à 100% qu’un homme est innocent ou coupable. Mais une chose est sûre : si un juré était saisi du dossier aujourd’hui, il acquitterait encore Michael JACKSON.

Me Noémie HOUCHET-TRAN – Cabinet NHT

37 rue d'Amsterdam

Paris, 75008

0033 1 84 16 02 93Email

nhtAvocat.com

LISTE DES DOCUMENTS CONSULTÉS ET CITÉS :

    • 1. Plainte de Jordan CHANDLER septembre 1993
    • 2. Déclaration de Jordan CHANDLER du 28 décembre 1993
    • 3. Settlement agreement entre consorts CHANDLER et MJ
    • 4. Mémorandum et motion de Thomas SNEDDON tendant à utiliser les éléments antérieurs pour l’affaire de 2005 enregistrés le 10 décembre 2004
    • 5. Court transcripts du près de 2005 incluant notamment les auditions de June CHANDLER, Joy et Chantal ROBSON mai 2005, Audition Wade ROBSON 2005, Audition de Jason et Blanca FRANCIA
    • 6. Second amended complaint Wade ROBSON
    • 7. Fourth amended complaint Wade ROBSON
    • 8. Extraits de la déposition de Wade ROBSON et de l’audition de Joy ROBSON en décembre 2016
    • 9. Extraits de la déposition de Joy ROBSON du 30 septembre 2016
    • 10. Réponse MJJ PRODUCTIONS et MJJ VENTURES à plainte Wade ROBSON 6 août 2015
    • 11. Réponse MJJ PRODUCTIONS et MJJ VENTURES à plainte Wade ROBSON 27 septembre 2016
    • 12. Réponse Wade ROBSON à motion contenant une partie des emails envoyés par WADE ROBSON
    • 13. Décision du 26 mai 2015 déboutant Wade ROBSON de sa plainte contre la succession
    • 14. Décision du 19 décembre 2017 déboutant Wade ROBSON de sa plainte contre MJJ PRODUCTIONS ET MJJ VENTURES
    • 15. Plainte de Jimmy SAFEC14
    • 16. Supplemental declaration Jimmy SAFECHUCK juillet 2015

UN GRAND MERCI PARTICULIER À CES DEUX SITES DANS LESQUELS LA PLUPART DES DOCUMENTS SONT TÉLÉCHARGEABLES GRATUITEMENT :

  • www.sbscpublicaccess.org/transcripts.php
  • https://www.mjfacts.com/2005-michael-jackson-molestation-trial-transcripts/

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