Les élections de mi-mandat : comment ça marche

Un électeur porte l'autocollant « I Voted » remis à la sortie du bureau de vote, le jour de l'élection

Tous les deux ans, les Américains renouvellent la Chambre, un tiers du Sénat, des gouverneurs et des milliers d’élus locaux : le mode d’emploi, pour comprendre ce qui se joue autour de vous.

Le 3 novembre, les États-Unis votent. Même sans bulletin, vous êtes concernés : écoles, pancartes, textos, impôts locaux. Ce que sont les midterms, comment on vote ici, et ce que l’élection change dans votre quartier.

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Pourquoi « mi-mandat »

Tous les deux ans, le mardi qui suit le premier lundi de novembre, les Américains votent. Une fois sur deux, ils élisent leur président. L’autre fois, au milieu de son mandat de quatre ans, ils renouvellent le Congrès sans lui : ce sont les élections de mi-mandat, les midterms. La date n’est pas une coutume mais une loi : le Congrès l’a fixée en 1845 pour la désignation des grands électeurs, puis l’a étendue à la Chambre en 1872 et au Sénat en 1914 (2 U.S.C. § 7). Le 3 novembre 2026, voici ce qui est remis en jeu.

Toute la Chambre, un tiers du Sénat

La Chambre des représentants compte 435 sièges, élus pour deux ans dans autant de circonscriptions : la Constitution veut que ses membres soient « choisis tous les deux ans par le peuple ». Les 435 sont donc remis en jeu à chaque élection, présidentielle ou de mi-mandat. Il faut 218 sièges pour la majorité. À la veille du scrutin, la Chambre sortante compte 218 républicains, 214 démocrates, un indépendant et deux sièges vacants.

Infographie : hémicycle de la Chambre des représentants des États-Unis avec sa composition sortante en octobre 2026, démocrates en bleu, républicains en rouge, sièges vacants en gris ; les 435 sièges sont remis en jeu le 3 novembre 2026, la majorité est à 218
La Chambre des représentants : 435 sièges élus pour deux ans, tous remis en jeu le 3 novembre 2026 ; composition sortante en octobre 2026. Sources : Clerk of the House, Constitution des États-Unis. Infographie : French District, licence CC BY-NC-SA 4.0.

Le Sénat, lui, se renouvelle par tiers. Ses 100 membres, deux par État, sont élus pour six ans et répartis en trois classes ; une classe passe devant les électeurs tous les deux ans. En 2026, c’est la classe 2 : 33 sièges, auxquels s’ajoutent deux élections partielles, en Floride et dans l’Ohio, pour achever les mandats laissés vacants en 2025 par Marco Rubio et J.D. Vance. Soit 35 sièges sur 100, dont 22 détenus par des républicains et 13 par des démocrates. Le Sénat sortant compte 53 républicains, 45 démocrates et deux indépendants qui siègent avec les démocrates ; la majorité est à 51.

Infographie : hémicycle du Sénat des États-Unis, les 35 sièges remis en jeu le 3 novembre 2026 en couleur pleine (sièges démocrates en bleu, républicains en rouge), les 65 autres en pâle ; la majorité est à 51
Le Sénat : 100 sièges élus pour six ans, 35 remis en jeu le 3 novembre 2026 (33 sièges de la classe 2 et deux élections partielles) ; composition sortante en octobre 2026. Sources : Sénat des États-Unis, Ballotpedia. Infographie : French District, licence CC BY-NC-SA 4.0.

Trente-six gouverneurs, et des milliers d’élus locaux

Le même jour, 36 États élisent leur gouverneur, le chef de l’exécutif de l’État. Parmi eux, la Floride, New York, la Californie, le Texas, la Géorgie, l’Illinois, le Massachusetts et le Nevada, c’est-à-dire presque toutes les éditions de French District. Dans quinze de ces États, dont la Floride, la Californie et la Géorgie, le gouverneur sortant a atteint la limite de deux mandats et ne peut pas se représenter. Washington D.C., qui n’a ni sénateur ni représentant votant au Congrès, élit son maire, la sortante ne se représentant pas.

Infographie : carte des États-Unis en tuiles, les 36 États qui élisent leur gouverneur le 3 novembre 2026 en vert, les 14 autres en beige
Les 36 États qui élisent leur gouverneur le 3 novembre 2026, dont la Floride, New York, la Californie, le Texas, la Géorgie, l’Illinois, le Massachusetts et le Nevada. Sources : National Governors Association, Ballotpedia. Infographie : French District, licence CC BY-NC-SA 4.0.

Et le bulletin ne s’arrête pas là : parlementaires de l’État, juges, commissaires de comté, maires, conseils scolaires, trésoriers, greffiers. Le dernier décompte fédéral, en 1992, recensait plus d’un demi-million d’élus au suffrage populaire dans le pays.

Ce que dit l’histoire

Deux régularités, qui expliquent le ton des commentateurs. La première : le parti du président perd presque toujours des sièges à mi-mandat. Depuis 1934, il a perdu en moyenne 27 sièges à la Chambre et 3 au Sénat, et il n’a gagné des sièges à la Chambre que trois fois, en 1934, 1998 et 2002 (American Presidency Project). La seconde : on vote moins. Un peu moins de la moitié des électeurs potentiels se sont déplacés en 2022 (46 %) et la moitié en 2018 (50 %), contre près des deux tiers aux présidentielles de 2020 et 2024 (UF Election Lab). Les mi-mandat sont, pour les deux camps, une affaire de mobilisation.

Comment on vote aux États-Unis

Un mardi ordinaire

Le jour de l’élection n’est pas férié au niveau fédéral : il ne figure pas parmi les onze jours chômés de l’administration (OPM). Une douzaine d’États en font un jour férié d’État, au moins pour leurs fonctionnaires. Partout ailleurs, on vote avant le travail, pendant la pause ou après, d’où les files du matin et du soir.

S’inscrire : une démarche, pas un automatisme

En France, l’inscription sur les listes électorales est automatique à 18 ans. Aux États-Unis, il n’existe pas de registre fédéral des électeurs : chaque État tient le sien et, dans la plupart, c’est au citoyen de faire la démarche. Depuis la loi motor voter de 1993 (National Voter Registration Act), toute demande de permis de conduire vaut proposition d’inscription. Vingt-quatre États et le District de Columbia sont passés à l’inscription automatique, dont New York, la Californie, la Géorgie, l’Illinois, le Massachusetts et le Nevada, mais ni la Floride ni le Texas (NCSL). Le Dakota du Nord, lui, n’a tout simplement pas de listes : une pièce d’identité suffit. Chaque État fixe sa date limite ; en Floride, les listes ont fermé le 5 octobre pour le scrutin du 3 novembre.

C’est pour cela que l’inscription est une campagne permanente. Chaque troisième mardi de septembre est le National Voter Registration Day, le 15 septembre en 2026, avec des stands dans les universités, devant les supermarchés et sur les campus. Des organisations comme Vote.org y consacrent l’année, et les campagnes inscrivent elles-mêmes leurs électeurs. Si l’on vous a demandé dix fois cet automne « Are you registered to vote? » alors que vous n’êtes pas citoyen, c’est la raison : la question est posée à tout le monde, parce que personne ne l’est d’office.

Avant le mardi, et par la poste

Le « jour » du vote dure en réalité des semaines. Quarante-sept États et le District offrent le vote anticipé en personne à tous les électeurs ; seuls l’Alabama, le Mississippi et le New Hampshire ne le font pas (NCSL). En Floride, la période obligatoire court du 24 au 31 octobre 2026. Huit États, dont la Californie et le Nevada, votent entièrement par courrier : chaque électeur inscrit reçoit son bulletin chez lui et le renvoie ou le dépose dans une urne (drop box). Ailleurs, le vote par correspondance se demande, avec ou sans motif selon l’État. Le mardi 3 novembre est donc le dernier jour, pas le seul.

Un bulletin de plusieurs pages

Le bulletin américain est un formulaire, souvent recto verso, parfois de plusieurs feuilles, qu’on remplit en noircissant des cases ou sur une machine. On y trouve, dans l’ordre, les élections fédérales, celles de l’État, celles du comté et de la ville, les juges à confirmer, puis les référendums. Ces derniers sont une spécialité du pays : 145 mesures d’État sont soumises au vote le 3 novembre 2026, dans une quarantaine d’États (Ballotpedia). La Floride se prononce sur trois amendements à sa constitution, qui portent sur ses réserves budgétaires et sur la taxe foncière, et qui exigent 60 % de oui. La Californie en compte quatorze, des obligations pour le logement à la pièce d’identité pour voter (Secrétaire d’État de Californie). S’y ajoutent les mesures locales : taxes de vente, emprunts scolaires, chartes municipales.

Le bon réflexe, que vous votiez ou non : lire le bulletin type (sample ballot) de votre adresse. Il est publié avant chaque scrutin par le bureau électoral de votre comté, en Floride par le Supervisor of Elections, en Géorgie sur la page My Voter Page de l’État, en Californie dans le livret envoyé par la poste à chaque électeur, au Texas et à New York sur les sites des comtés et de la ville. Deux sites le reconstituent pour tout le pays à partir d’une adresse : Ballotpedia et Vote411, de la League of Women Voters. C’est la façon la plus simple de savoir ce que décident vos voisins le 3 novembre.

Quitter son travail pour aller voter

Puisque le mardi n’est pas férié, qui a le droit de s’absenter pour voter ? Réponse américaine : ça dépend de l’État. Aucune loi fédérale ne l’impose. Vingt-huit États et le District de Columbia obligent l’employeur à laisser partir le salarié, le plus souvent deux heures, et une vingtaine d’entre eux interdisent de lui retenir ce temps sur son salaire. Vingt-deux États n’ont aucune règle, et la Floride en fait partie : la loi floridienne interdit seulement à un employeur de licencier ou de menacer un salarié à cause de son vote (Florida Statutes § 104.081) ; pour le reste, c’est à l’employeur de décider. Voici ce que disent les textes dans les États de nos éditions, tels que nous les avons lus.

État Droit de s’absenter Payé ? Conditions
Floride Non, aucune loi Sans objet L’employeur décide. Bureaux ouverts de 7 h à 19 h ; quiconque est dans la file à 19 h vote.
New York Oui, le temps nécessaire Oui, jusqu’à 2 heures Seulement si le salarié n’a pas quatre heures consécutives hors travail pendant l’ouverture des bureaux ; en début ou en fin de poste ; prévenir entre dix et deux jours ouvrés avant (Election Law § 3-110).
Californie Oui, le temps nécessaire Oui, jusqu’à 2 heures Élections d’État seulement ; en début ou en fin de poste ; prévenir deux jours ouvrés avant ; affiche obligatoire dix jours avant (Elections Code §§ 14000 à 14004).
Texas Oui Aucune retenue de salaire possible Sauf si le salarié dispose de deux heures consécutives hors travail pendant l’ouverture des bureaux ; vaut aussi pendant le vote anticipé ; l’employeur qui refuse commet une infraction (Election Code § 276.004).
Géorgie Oui, jusqu’à 2 heures La loi ne le dit pas Le jour du vote ou un jour de vote anticipé ; préavis raisonnable ; l’employeur fixe l’heure (O.C.G.A. § 21-2-404, révisé en 2023).
Illinois Oui, 2 heures Aucune retenue de salaire possible Demande avant le jour du vote ; l’employeur fixe l’heure, mais doit accorder les deux heures sur le temps de travail quand le poste couvre presque toute l’ouverture des bureaux (10 ILCS 5/17-15).
Massachusetts Oui, mais pour certains salariés seulement La loi ne le dit pas Les deux premières heures d’ouverture des bureaux, sur demande, dans les usines, ateliers et commerces (M.G.L. ch. 149 § 178).
Nevada Oui, 1 à 3 heures selon la distance du bureau de vote Oui Seulement s’il est impossible de voter en dehors des heures de travail ; demande avant le jour du vote ; l’employeur fixe l’heure (NRS 293.463).
Washington D.C. Oui, au moins 2 heures Oui Sur demande ; l’employeur peut imposer le vote anticipé ou le début ou la fin du poste (D.C. Code § 1-1001.07a).

Un caissier de Miami et un caissier de Los Angeles ne sont donc pas égaux devant l’urne : le second a deux heures payées, le premier dépend de son patron et des horaires d’ouverture, 7 h à 19 h en Floride. C’est l’une des raisons du succès du vote anticipé et du vote par correspondance, qui déplacent le problème du mardi vers les jours précédents. Les textes officiels sont liés dans le tableau ; les récapitulatifs qui circulent en ligne ne sont pas toujours à jour.

Le bruit de campagne

Si vous avez l’impression que la télévision, votre boîte aux lettres et votre téléphone ne parlent que de ça, ce n’est pas une impression. Le cycle 2026 devrait coûter 11,6 milliards de dollars de publicité politique, un record pour un mi-mandat, contre 8,9 milliards en 2022, d’après les projections du cabinet AdImpact publiées en juin : 3,4 milliards pour les sénatoriales, 2,4 pour les gouverneurs, 2 pour la Chambre, et 3 milliards pour les scrutins locaux et les référendums. Depuis l’arrêt Citizens United de 2010, les dépenses engagées indépendamment des candidats ne sont plus plafonnées ; chaque spot doit seulement dire qui l’a payé (paid for by).

Les pancartes de pelouse (yard signs) tiennent à une décision de justice : en 1994, dans l’arrêt City of Ladue v. Gilleo, la Cour suprême a jugé qu’une ville ne pouvait pas interdire à une habitante d’afficher un panneau politique devant chez elle, au nom du premier amendement. Les villes réglementent la taille et la durée, pas le principe. Les textos de campagne, eux, profitent d’une subtilité des règles de la FCC : un message envoyé par un automate exige le consentement du destinataire, un message envoyé un par un par un bénévole, depuis un logiciel qui lui présente les numéros, n’en exige pas ; d’où les « Hi, this is Sarah with… » qui arrivent sur des numéros qui n’ont jamais rien demandé. Répondre STOP fonctionne en général. Quant au porte-à-porte (canvassing), il reste l’arme des dernières semaines : des bénévoles, une application qui indique les portes à frapper, et la question rituelle, « Do you have a plan to vote? »

Ce vacarme ne se répartit pas également. Il se concentre sur les sièges que les analystes jugent incertains. Le Cook Political Report classe à la mi-octobre sept sénatoriales en toss-up, c’est-à-dire indécises : Alaska, Iowa, Kansas, Maine, Michigan, Ohio et Texas ; et quatre postes de gouverneur : Géorgie, Nevada, Ohio et Wisconsin. Ballotpedia compte douze sénatoriales disputées, dont la partielle de Floride et la Géorgie. Si vous vivez au Texas, en Géorgie ou au Nevada, vous êtes aux premières loges ; à New York ou dans le Massachusetts, la campagne nationale se regarde de loin. Le mot swing state, lui, appartient aux présidentielles : aux mi-mandat, on parle de sièges disputés.

Le gerrymandering, ou l’art de dessiner sa circonscription

Les 435 circonscriptions de la Chambre sont redessinées après chaque recensement décennal, en général par la législature de chaque État. Celui qui tient le crayon peut regrouper les électeurs adverses dans quelques circonscriptions perdues d’avance et disperser les autres : c’est le gerrymandering, du nom d’Elbridge Gerry, gouverneur du Massachusetts dont une circonscription de 1812 avait la forme d’une salamandre. Le schéma ci-dessous montre le principe : les mêmes cinquante électeurs, trois tracés, trois résultats.

Infographie : cinquante électeurs, 30 bleus et 20 rouges, découpés en cinq circonscriptions de trois façons ; par rangées les bleus gagnent 3 sièges contre 2, par colonnes 5 contre 0, et avec un tracé sur mesure les rouges, minoritaires, gagnent 3 sièges contre 2
Le gerrymandering en un schéma : cinquante électeurs, trois découpages, trois résultats. Schéma de principe French District. Infographie : French District, licence CC BY-NC-SA 4.0.

Le sujet est ancien, les deux partis le pratiquent, et il a pris un tour nouveau avant ce scrutin. Le Texas a adopté en août 2025, en plein milieu de la décennie, une nouvelle carte conçue pour faire gagner jusqu’à cinq sièges de plus aux républicains, contestée en justice puis maintenue pour 2026. La Californie a répondu par référendum : la Proposition 50, approuvée à 64 % le 4 novembre 2025, remplace jusqu’en 2030 la carte de sa commission indépendante par une carte dessinée par la législature démocrate (résultats certifiés). Le Missouri, la Caroline du Nord, l’Ohio, la Floride et plusieurs autres États ont redécoupé à leur tour, et l’arrêt Louisiana v. Callais de la Cour suprême, le 29 avril 2026, a réduit la portée du Voting Rights Act sur le tracé des circonscriptions. Résultat : une partie des représentants élus le 3 novembre le seront dans des circonscriptions qui n’existaient pas en 2024.

Ce qui vous touche, même sans voter

La plupart des Français des États-Unis ne votent pas ici. L’élection les rattrape pourtant par quatre chemins.

L’école

Des milliers d’écoles publiques servent de bureaux de vote, et beaucoup de districts en profitent pour libérer les élèves ce jour-là. Nous avons lu les calendriers officiels 2026-2027 : pas d’élèves le mardi 3 novembre à Miami-Dade et Broward (journée de formation des enseignants), à Dallas et Austin (où le lundi 2 est aussi férié), à Chicago (jour férié scolaire, pris à la place du Veterans Day), à Las Vegas (Clark County) et à Washington D.C. À New York, nouveauté : les écoles ne ferment plus, les élèves ont classe à distance, chez eux. À San Francisco, Houston et Boston, c’est un mardi d’école normal ; à Los Angeles et à Atlanta, vérifiez le calendrier de votre district. Dans tous les cas, c’est une journée de garde à prévoir, et notre guide école publique ou privée aux États-Unis explique qui décide de ces calendriers : le district, pas l’État.

Une pancarte « Vote Here » devant une école de La Nouvelle-Orléans transformée en bureau de vote, le jour de l'élection de 2020
Le jour du vote, des milliers d’écoles publiques servent de bureaux de vote, comme ici à La Nouvelle-Orléans en 2020. Crédit photo : Infrogmation of New Orleans, Wikimedia Commons (CC BY-SA 4.0).

Les impôts et les services du coin

Le Congrès fait la une, mais ce sont les élections locales qui touchent le portefeuille. Les référendums d’État et de comté décident de taxes de vente additionnelles, d’emprunts pour construire des écoles ou des routes, de plafonds de taxe foncière. Quelques lignes des bulletins de 2026 : en Floride, l’un des trois amendements d’État porte sur l’exonération homestead, qui réduit l’impôt foncier de la résidence principale, et les électeurs de Miami-Dade, de Broward et de Palm Beach renouvellent la taxe foncière d’un mill qui finance les salaires des enseignants (358 millions de dollars par an à Broward, soit 418 $ pour un propriétaire moyen, selon le district) ; à Los Angeles, la ville propose une taxe de vente de 0,5 % pour ses pompiers ; dans le comté de Fulton, à Atlanta, une taxe de vente de 1 % pour les écoles et une autre de 0,75 % pour les routes. Nos guides sur les impôts aux États-Unis et sur les impôts et taxes en Floride expliquent ce que ces lignes veulent dire.

Les juges, les procureurs, le shérif

Aux États-Unis, une grande partie de la justice est élue, ce que nous détaillons dans notre article sur la justice aux États-Unis. En 2026, les électeurs de Floride, de Californie et de Géorgie confirment ou non des juges de leur Cour suprême d’État ; au Texas, plusieurs sièges de la Cour suprême sont en compétition. Dans le comté de Los Angeles, on élit le shérif, au second tour ; dans celui de Harris, à Houston, le County Judge, qui malgré son nom dirige l’exécutif du comté, le greffier, le trésorier, deux commissaires et des dizaines de juges ; dans celui de Cook, à Chicago, la présidence du conseil de comté, le shérif et l’assessor qui évalue les biens pour la taxe foncière ; dans celui de Fulton, à Atlanta, la présidence de la commission du comté. Ces élus décident des priorités de la police, des poursuites, des permis et des budgets qui font votre quotidien.

Le calendrier politique

Les lois qui concernent les étrangers, visas, fiscalité, assurance santé, se votent au Congrès, et un Congrès dont la majorité change ne légifère plus de la même façon. Nous n’entrerons pas ici dans ce que l’un ou l’autre résultat changerait : nos avocats et conseillers partenaires le font, dossier par dossier. Retenez seulement le calendrier, qui est fixe.

Après le 3 novembre

Les élus du 3 novembre n’entrent pas en fonction le lendemain. Le 20e amendement, ratifié en 1933, fixe le début du nouveau Congrès au 3 janvier à midi ; avant lui, c’était le 4 mars, et les nouveaux élus attendaient treize mois. Entre novembre et janvier, l’ancien Congrès siège encore : c’est la lame-duck session, la session du « canard boiteux », où votent des élus battus ou partants. Le Sénat en a tenu après chaque élection récente, 2018, 2020, 2022 et 2024 (senate.gov). Les résultats eux-mêmes prennent parfois des jours : les bulletins par correspondance se comptent après les autres, et les chaînes « appellent » une élection quand l’écart n’est plus rattrapable, pas quand le dépouillement est fini.

S’informer sans parti pris

Les médias français couvriront la soirée. Pour suivre ce qui se passe dans votre État, quelques adresses en anglais, qui ne prennent pas parti. Vote.gov et USA.gov, les sites officiels, renvoient vers le bureau électoral de chaque État. Ballotpedia, une encyclopédie à but non lucratif, tient une fiche par élection, par candidat et par référendum, et reconstitue votre bulletin à partir de votre adresse. Vote411, de la League of Women Voters, fait de même avec les réponses des candidats à un questionnaire commun. L’Associated Press compte les voix et proclame les résultats que tous les autres médias reprennent. Le Cook Political Report et le Crystal Ball de l’université de Virginie classent chaque siège, de « sûr » à « indécis ». Pour les sondages, RealClearPolling publie les moyennes les plus citées ; sachez que le site d’opinion auquel il est adossé, RealClearPolitics, est classé à droite par les observatoires des médias. Le site de référence des moyennes de sondages, FiveThirtyEight, a fermé en mars 2025.

Nos lecteurs en 2024

À l’automne 2024, avant la présidentielle, French District avait posé une question à ses lecteurs : « Pour qui souhaitez-vous voter ? » Le formulaire était ouvert à tous, citoyens ou non, et anonyme ; ce n’était pas un sondage au sens statistique, mais un instantané. Au 5 novembre 2024, jour du vote, 362 personnes avaient répondu : 68 % pour Kamala Harris, 32 % pour Donald Trump. Un second questionnaire, sur ce qu’une présidence ou l’autre changerait pour les expatriés, a recueilli 52 réponses ; nous les avions publiées. Nous ne reposons pas la question cette année : l’article que vous lisez explique les règles du jeu, pas les joueurs.

Lexique : les mots que vous entendrez

  • Midterms : les élections de mi-mandat, deux ans après une présidentielle.
  • Incumbent : l’élu sortant, qui se représente. Open seat : un siège sans sortant.
  • Ballot : le bulletin ; ballot measure ou proposition : une question soumise au référendum ; sample ballot : le bulletin type consultable avant le vote.
  • Early voting : le vote anticipé en personne ; mail-in ou absentee ballot : le vote par correspondance ; drop box : l’urne où le déposer.
  • Polling place : le bureau de vote ; I voted : l’autocollant remis à la sortie, que l’on porte toute la journée.
  • Toss-up : un siège indécis dans les classements des analystes ; lean, likely, safe : les degrés suivants.
  • Swing state : un État qui peut basculer d’un parti à l’autre ; le mot s’emploie surtout pour les présidentielles.
  • Runoff : le second tour, qui n’existe que dans quelques États, la Géorgie par exemple, quand aucun candidat n’atteint la majorité absolue.
  • Lame duck : le « canard boiteux », élu qui reste en poste alors que son successeur est connu ou qu’il ne se représente pas ; lame-duck session : la session du Congrès entre l’élection et le 3 janvier.
  • Divided government : quand la Maison-Blanche et au moins une chambre du Congrès sont de bords opposés, l’équivalent de la cohabitation.
  • Too close to call : trop serré pour annoncer un vainqueur.

Questions fréquentes

Qu’est-ce que les élections de mi-mandat américaines ?

Les élections qui ont lieu tous les quatre ans au milieu du mandat du président, le mardi qui suit le premier lundi de novembre : toute la Chambre des représentants, un tiers du Sénat, 36 gouverneurs en 2026 et des milliers d’élus locaux et de référendums.

Quand ont lieu les élections de mi-mandat de 2026 ?

Le mardi 3 novembre 2026. Le vote anticipé et le vote par correspondance commencent plusieurs semaines avant dans la plupart des États ; les élus entrent en fonction le 3 janvier 2027.

Un Français vivant aux États-Unis peut-il voter aux élections américaines ?

Seuls les citoyens américains votent aux élections fédérales et d’État. Un résident étranger, même titulaire d’une carte verte, ne vote pas ; il peut en revanche consulter le bulletin type de son adresse et assister aux débats.

Le jour de l’élection est-il férié aux États-Unis ?

Non au niveau fédéral. Une douzaine d’États en font un jour férié d’État, et une trentaine obligent l’employeur à laisser le salarié s’absenter pour voter, parfois en le payant ; la Floride n’a aucune loi de ce genre.

Crédit photo en-tête : Lorie Shaull, Wikimedia Commons (CC BY 2.0)

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