Vous voulez changer de vie comme vous changez de chemise ? Ça tombe bien.
Poshmark, Vestiaire Collective, The RealReal, ThredUp ou Grailed : aux États-Unis, un vêtement, un sac ou une paire de chaussures se revend en quelques clics. Ce que prend chaque site, ce que vous touchez vraiment, et où vendre en magasin pour être payé tout de suite.
Vendre soi-même, confier ou vendre en magasin
Aux États-Unis, la seconde main est entrée dans les habitudes : on revend un manteau sur une appli comme on le ferait d’un vélo, et les sites spécialisés se chargent du paiement, de l’étiquette d’envoi et, pour les pièces de luxe, de l’authentification. Pour un vêtement, une paire de chaussures ou un sac, trois formules coexistent, et elles ne rapportent pas la même chose.
- Vendre soi-même sur une appli (Poshmark, Vestiaire Collective, Grailed, Depop, Mercari, eBay) : vous photographiez, vous fixez le prix et vous expédiez, la plateforme garde une commission.
- Confier ses affaires à un dépôt-vente en ligne (The RealReal, ThredUp) : il trie, photographie, fixe le prix et vend, et vous reverse une part du prix, seulement si l’article trouve preneur.
- Vendre en magasin (Buffalo Exchange, Plato’s Closet) : on vous fait une offre au comptoir et vous repartez payé, avec ce qui n’a pas été retenu.
Les meubles, l’électroménager et tout le reste se vendent ailleurs : voyez notre guide pour acheter et vendre d’occasion aux États-Unis, des applis du voisinage aux garage sales, avec les friperies et les dépôts-ventes de quartier.

Le site spécial pour toutes et tous : Poshmark
C’est quoi ?
Poshmark est une appli de revente entre particuliers, présente aux États-Unis et au Canada, qui fonctionne un peu comme un réseau social : on s’abonne aux « dressings » des autres membres, on commente, on aime et on partage leurs annonces, et certains vendeurs font même des ventes en direct, les Posh Shows. Vêtements de femme, d’homme et d’enfant, chaussures, sacs, mais aussi beauté, maison et électronique : le choix est vaste, de Nike à Louis Vuitton.
Concrètement, comment ça marche ?
Directement depuis l’application, vous photographiez vos vêtements, vous détaillez leurs caractéristiques (taille, marque, état) et le prix demandé, et l’annonce est en ligne, gratuitement. Une fois l’article vendu, Poshmark vous envoie une étiquette d’envoi prépayée (jusqu’à 5 livres, soit 2,3 kg ; c’est l’acheteur qui paie le port), et vous avez sept jours pour expédier le paquet.
Les détails
Poshmark prend 2,95 $ sur une vente de moins de 15 $ et 20 % au-delà : vous gardez 80 % du prix. L’acheteur a trois jours après la livraison pour signaler un problème, après quoi l’argent vous est versé. Pour un article de luxe de 500 $ ou plus, Poshmark le fait d’abord vérifier par ses experts (Posh Authenticate), sans frais pour l’acheteur.
Poshmark.comLe site spécial luxe : The RealReal
C’est quoi ?
Le site spécial pour celles et ceux qui ont un placard rempli de vêtements et d’accessoires de luxe dont ils ne veulent plus, ou qui rêvent de se constituer une garde-robe qui flambe. Des sacs Chanel ou Hermès, des manteaux Burberry ou Prada, des montres Cartier ou Rolex… The RealReal est un dépôt-vente de luxe en ligne, qui a aussi des boutiques : de quoi écumer les grandes maisons sans aller sur Rodeo Drive.
Concrètement, comment ça marche ?
Vous envoyez vos vêtements ou vos accessoires avec une étiquette d’envoi gratuite (à notre connaissance), ou vous les déposez dans une boutique ou un bureau de dépôt sur rendez-vous ; un expert peut aussi venir chez vous (à notre connaissance, à partir de dix articles). Chaque article est authentifié, photographié et mis à prix par l’équipe du site, et vous suivez vos ventes depuis votre compte (My Sales). Il faut une adresse et un compte bancaire aux États-Unis.
Les détails
Votre part dépend du prix de vente et de la catégorie. À notre connaissance, d’après le barème publié par The RealReal et repris par les guides de vendeurs en octobre 2026, vous touchez 20 % d’un article vendu moins de 100 $, 55 % entre 200 et 300 $, puis de 60 à 70 % pour les vêtements (jusqu’à 80 % pour un sac et 85 % pour une montre de plus de 7 500 $). Au-delà de 200 $, un bonus de fidélité ajoute de 1 à 5 points selon le montant de vos ventes sur un an. Autrement dit, The RealReal est fait pour les pièces de valeur, beaucoup moins pour un pull à 50 $.

La boutique The RealReal de Greenwich (Connecticut), en août 2024 : le dépôt-vente de luxe reçoit aussi les pièces à vendre dans ses magasins et ses bureaux de dépôt. Crédit photo : ajay_suresh (CC BY 2.0)
Le luxe à la française : Vestiaire Collective
C’est quoi ?
Vestiaire Collective, né à Paris en 2009, est une place de marché de mode et de luxe d’occasion entre particuliers, présente dans le monde entier. En 2022, il a racheté l’américain Tradesy, que nous recommandions ici pour vendre vite : Tradesy n’existe plus, et son adresse renvoie aujourd’hui vers Vestiaire Collective.
Concrètement, comment ça marche ?
Comme sur Poshmark, vous créez l’annonce et fixez le prix, puis vous expédiez avec l’étiquette prépayée fournie par le site, dans les sept jours qui suivent la vente. Selon les cas, l’article passe d’abord par le centre de contrôle de Vestiaire Collective, qui vérifie son état et son authenticité avant de l’envoyer à l’acheteur ; vous êtes payé une fois l’article expédié.
Les détails
Pour un vendeur installé aux États-Unis, la commission est de 17 % du prix, plus 3 % de frais de paiement, pour un article entre 75 et 15 000 $ ; en dessous de 75 $, elle est fixe : 12 $, plus 3 $ de frais de paiement (barème en vigueur pour les articles mis en vente depuis le 15 octobre 2026). Le site n’accepte pas d’article à moins de 18 $.
VestiaireCollective.comLe site spécial grand ménage : ThredUp
C’est quoi ?
L’idéal pour faire le ménage dans votre garde-robe et dans celle de vos enfants sans même quitter la maison. ThredUp est un dépôt-vente en ligne, bien pratique quand on réalise à quel point les enfants grandissent, mais pas leurs vêtements… Côté achats, le site revendique plus de quatre millions d’articles, jusqu’à 90 % moins chers que neufs.
Concrètement, comment ça marche ?
Vous commandez un sac (le Clean Out Kit, jusqu’à 30 livres, soit 13,6 kg) ou une étiquette à coller sur votre propre carton, vous le remplissez de vêtements de femme ou d’enfant, de chaussures, de sacs et d’accessoires, et vous le déposez chez UPS. ThredUp trie, photographie, fixe le prix et vend. Toutes les marques sont acceptées (J.Crew, Madewell, Free People…), mais pas les vêtements d’homme, la lingerie ni les vêtements sans étiquette de taille.
Les détails
L’envoi est gratuit, mais ThredUp retient des frais de service sur vos gains une fois les articles vendus : 14,99 $ par sac en formule standard, 34,99 $ en formule Premium, pour les pièces plus chères. Votre part grimpe avec le prix : 3 % d’un article vendu 5 $, 30 % à 50 $, 60 % à 100 $ et 80 % à 200 $. Selon ThredUp, environ 38 % des articles acceptés ne se vendent pas dans le délai prévu ; ceux que vous ne récupérez pas (5,99 $ par article, plus le port) sont donnés ou recyclés. Vous pouvez aussi choisir le don.
ThredUp.comLe site spécial créateurs et streetwear : Grailed
C’est quoi ?
Les hommes de votre vie ont sûrement aussi envie de changer de style de temps à autre, ou alors vous n’en pouvez plus de leur sweat de fac. La solution : Grailed, né dans la mode masculine et ouvert aussi à la mode féminine depuis 2022. De la mode de luxe (Saint Laurent) au streetwear (Stüssy, Nike) en passant par le vintage, on y trouve surtout des pièces de créateurs et des marques recherchées.
Concrètement, comment ça marche ?
Il vous suffit de créer un compte, de mettre en ligne vos photos et de proposer un prix. Une fois l’article vendu, vous expédiez vous-même le colis : mieux vaut le faire vite et donner le numéro de suivi.
Les détails
À notre connaissance, d’après les guides de vendeurs, Grailed prend depuis le 20 mai 2026 une commission de 9 % sur une vente de 120 $ ou plus et de 6 % en dessous (1,99 $ au minimum), plus des frais de paiement d’environ 3,49 % et 0,49 $ pour un acheteur américain.
Grailed.comEt aussi : Depop, Mercari et eBay
Depop, l’appli de seconde main de la génération Z et des milléniaux (vintage, streetwear, pièces uniques), ne prend plus de commission aux vendeurs basés aux États-Unis depuis juillet 2024 : seuls restent les frais de paiement (3,3 % et 0,45 $ par vente, à notre connaissance), l’acheteur payant de son côté des frais de service. Depop appartient à eBay depuis le 30 juillet 2026. Sur Mercari, appli de revente généraliste, la commission est d’environ 10 %, à notre connaissance.
Et eBay reste une bonne adresse pour les sacs, les montres, les bijoux, les sneakers et le streetwear de marque : au-delà d’un certain prix, son programme Authenticity Guarantee fait examiner l’article par des experts avant qu’il n’arrive chez l’acheteur, ce qui rassure et aide à vendre. Les frais d’eBay sont détaillés dans notre guide de l’occasion.
Vendre en magasin, payé tout de suite
Pas envie d’attendre qu’un acheteur se manifeste ? Certaines chaînes achètent au comptoir les vêtements, chaussures et accessoires de saison en bon état, et vous rendent ce qu’elles ne prennent pas.
Buffalo Exchange, qui compte plus de 40 magasins aux États-Unis, paie 25 % du prix auquel il revendra l’article en espèces, ou 50 % en bon d’achat ; venez avec une pièce d’identité officielle. Plato’s Closet, qui se dit la plus grande chaîne américaine de revente de mode pour adolescents et jeunes adultes, avec plus de 500 magasins en Amérique du Nord, achète sans rendez-vous et paie sur place.

Un magasin Plato’s Closet à Tallahassee (Floride), en novembre 2025 : la chaîne achète au comptoir vêtements, chaussures et accessoires, et paie sur place. Crédit photo : The Bushranger (CC BY-SA 4.0)
Pour les marques plus courantes, les friperies (thrift stores) comme Goodwill prennent vos dons, et les dépôts-ventes de quartier (consignment stores) vous reversent une part du prix : voyez la partie vêtements de notre guide de l’occasion. Et pour les nouveautés à prix cassés, voyez plutôt les soldes aux États-Unis.
Et pour les plus ambitieux…
Pour celles et ceux qui ont l’âme d’un chef d’entreprise, Shopify permet de créer sa propre boutique de vêtements en ligne. Après trois jours d’essai gratuit et trois mois à 1 $, la formule de base coûte 39 $ par mois (29 $ par mois en payant à l’année), plus 2,9 % et 0,30 $ par paiement par carte en ligne.
Idéal si vous avez plus d’affaires que de cheveux sur la tête, ou une grande communauté d’amis aussi dingues de shopping que vous…

