Que la chance soit avec vous !
Powerball, Mega Millions, jeux à gratter : 45 États américains ont leur loterie, et un touriste peut y jouer et toucher son gain. Prix des billets, chances de gagner, records, rente ou versement unique, impôts fédéraux et des États : ce qu’il faut savoir avant de cocher votre grille.
La réglementation américaine sur les jeux de loterie
Les États avec des jeux de loterie
Aux États-Unis, les loteries sont gérées par les gouvernements des États. À ce jour, 45 États américains proposent des jeux de loterie, tout comme le district de Columbia, Porto Rico et les îles Vierges américaines. Le dernier venu est le Mississippi, dont la loterie a ouvert fin 2019 et rejoint Powerball et Mega Millions en 2020. Il n’existe aucune loterie nationale, ni d’organisme fédéral de réglementation : l’industrie de la loterie américaine est un patchwork de règles et de jeux propres à chaque État, complété par des jeux communs à plusieurs États.
La plupart des États ont plusieurs jeux différents, y compris des jeux à gratter (scratch-offs) à gain instantané, des jeux tirés une ou deux fois par jour où l’on choisit trois ou quatre chiffres (Pick 3, Pick 4) et des jeux de type loto.
Par exemple, le Lotto (avec 2 T ici) est une forme courante du jeu américain. Il s’agit de trouver six bons numéros, tirés dans une grille dont la taille varie selon l’État : de 1 à 53 pour le Florida Lotto, par exemple.
Les bénéfices financent des programmes publics choisis par chaque État, souvent l’éducation. En 2025, les loteries américaines ont vendu pour environ 109 milliards de dollars de jeux et reversé 28,4 milliards à leurs bénéficiaires, selon l’association des loteries d’Amérique du Nord (NASPL). La loterie de New York, qui finance les écoles de l’État, est celle qui reverse le plus : 3,58 milliards de dollars sur l’exercice 2025, pour plus de 10,2 milliards de ventes (machines de loterie vidéo comprises).
Le jeu recule pourtant : selon l’institut Gallup, 31 % des adultes américains disaient en 2026 avoir acheté un billet de loterie dans l’année, contre près de la moitié entre 2003 et 2016.
Les États ne disposant pas de jeux de loterie
Les cinq États qui n’ont pas de loterie sont : l’Alabama, l’Alaska, Hawaï, le Nevada et l’Utah.
- En Alabama et en Utah, la constitution de l’État interdit la loterie. L’opposition y est en grande partie religieuse. En Alabama, les projets de loterie échouent régulièrement au Parlement de l’État, encore en 2026 ; en Utah, l’Église mormone condamne les jeux d’argent, tous interdits dans l’État.
- Au Nevada, la constitution interdit aussi la loterie d’État, et l’industrie des casinos s’oppose à une concurrence de plus.
- Hawaï interdit tous les jeux d’argent. L’Alaska, isolé des autres États, ne risque pas, à notre connaissance, de voir ses habitants aller acheter leurs billets dans un État voisin, argument souvent avancé ailleurs pour créer une loterie.
Qui peut jouer ?
On a une bonne nouvelle pour les touristes et les non-résidents ! Vous pouvez acheter des billets de loterie américains, gagner au Powerball ou au Mega Millions et toucher votre gain, quel que soit votre statut : la loterie n’exige ni d’être citoyen américain, ni de vivre dans l’État qui vend le billet, ni même de vivre aux États-Unis.
Il faut en revanche avoir l’âge requis dans l’État où vous achetez le billet : 18 ans dans la plupart des États, mais 21 ans dans l’Iowa et, à notre connaissance, en Arizona, en Louisiane et au Mississippi, et 19 ans au Nebraska. Il faut aussi acheter le billet sur place, chez un revendeur agréé (épicerie, station-service, supermarché) : les États qui vendent en ligne réservent ce service à leurs résidents.

Billets à gratter, bulletins de Powerball et afficheur des jackpots : la loterie se vend à la caisse des supermarchés, des épiceries et des stations-service, ici à Bloomington (Minnesota) en décembre 2020. Crédit photo : Myotus (CC BY 4.0)
Qui peut gagner ?
Et bien sûr, puisque les non-résidents peuvent acheter les billets, ils peuvent aussi réclamer le prix en cas de gain. Le gain se réclame toujours dans l’État où le billet a été acheté, dans un délai de 90 jours à un an selon l’État : en Floride, par exemple, 180 jours après le tirage. Sachez que l’endroit où vous vivez aura des conséquences sur votre gain (voir plus bas) : le fisc américain, celui de l’État et celui de votre pays de résidence n’appliquent pas les mêmes règles.
Les États ont aussi des règles différentes sur l’anonymat des gagnants. En Californie, le nom du gagnant est public ; en Floride, il reste confidentiel pendant 90 jours pour un gain de 250 000 dollars ou plus ; une minorité d’États permet de rester anonyme. Si vous gagnez, consultez un fiscaliste et/ou un expert comptable avant de réclamer votre prix.
Si vous jouez à une loterie autre que Powerball ou Mega Millions, vérifiez les règles et les conditions d’admissibilité avant de jouer. Et à ne pas confondre : la loterie de la carte verte n’a rien d’un jeu d’argent, c’est un tirage au sort de visas d’immigration.
Les jeux de loterie les plus connus
Les deux plus grands jeux de loterie américains sont Powerball et Mega Millions. Ce sont des jeux communs à presque tous les États, conçus pour faire grossir les jackpots et les ventes de billets dans les États participants.

Au bord des routes, des panneaux affichent les jackpots du jour : ici 650 millions de dollars au Powerball, dans le Missouri, en août 2017. Crédit photo : Tony Webster (CC BY 2.0)
Powerball
Powerball, vendu dans 45 États, le district de Columbia, Porto Rico et les îles Vierges américaines, est exploité par la Multi-State Lottery Association (MUSL), un groupement à but non lucratif des loteries des États. Depuis le 21 juillet 2026, il est aussi vendu au Royaume-Uni : c’est la première fois qu’une loterie étrangère alimente le jackpot. Le jackpot repart de 20 millions de dollars après chaque gagnant. Les gagnants peuvent choisir un versement unique ou une rente.
On vous épargne le mécanisme du jeu dans le détail : il faut trouver cinq numéros entre 1 et 69, plus le Powerball, entre 1 et 26. Les tirages ont lieu les lundis, mercredis et samedis à 22 h 59 (heure de l’Est), dans le studio de tirage du Powerball en Floride, et sont retransmis en direct sur Internet. L’heure limite d’achat varie selon l’État : en Floride, les billets vendus après 22 h valent pour le tirage suivant. Chaque grille Powerball coûte 2 $, ou 3 $ avec l’option Power Play, qui multiplie les gains autres que le jackpot.
Mega Millions
Si vous désirez non pas être millionnaire, mais multimillionnaire, optez pour Mega Millions.
Lancé en 1996 sous le nom de The Big Game et rebaptisé en 2002, il est vendu dans 45 États, le district de Columbia et les îles Vierges américaines (mais pas à Porto Rico). Depuis avril 2025, la grille coûte 5 $, avec un multiplicateur de 2 à 10 inclus qui s’applique aux gains autres que le jackpot. Le jackpot de départ est de 50 millions de dollars. Les tirages ont lieu les mardis et vendredis à 23 h (heure de l’Est). Les gagnants ont le choix entre une rente et un versement unique.
Quelles sont vos chances de gagner ?
Accrochez-vous, il va y avoir des maths… et de l’équilibre. Car chaque loterie cherche le bon équilibre entre les chances de gagner et le nombre de personnes qui jouent : plus le jackpot est difficile à gagner, plus il grossit, et plus il attire de joueurs.
C’est pour cela que des États se sont regroupés pour gérer des loteries multi-États, comme Powerball ou Mega Millions. Les gains sont énormes et les chances de gagner très faibles. Dans Mega Millions, il faut trouver cinq numéros entre 1 et 70, plus la Mega Ball, entre 1 et 24 : une chance sur 290 472 336. Powerball, quant à lui, offre des chances de gagner de 1 sur 292 201 338. On vous souhaite bonne chance !

Ces jackpots battent pourtant des records. En octobre 2018, un joueur de Caroline du Sud a gagné 1,537 milliard de dollars au Mega Millions, avec une chance sur 302,5 millions (le jeu était alors un peu plus difficile). Ce n’était déjà plus le plus gros jackpot de l’histoire : un Powerball de 1,586 milliard avait été partagé en 2016. Le record appartient depuis novembre 2022 à un Powerball de 2,04 milliards de dollars, gagné en Californie. Le plus récent des dix plus gros jackpots, 1,817 milliard au Powerball, a été gagné dans l’Arkansas la veille de Noël 2025.

Pour comparer, le Service météorologique national (NWS) estime à 1 sur 15 300 le risque d’être frappé par la foudre au cours de sa vie, et le National Safety Council à 1 sur 101 celui de mourir dans un accident de la route (données 2024). Il faudrait en moyenne 1,87 million d’années pour gagner le jackpot du Powerball en jouant une grille à chaque tirage…
J’ai gagné le gros lot ! Pas si simple…
Bravo, vous avez joué, vous avez gratté et vous avez gagné ! Pourtant, sachez que vous n’allez pas repartir avec la somme intégrale de vos gains, loin de là. L’IRS et l’État entendent bien réclamer leur part du (gros) gâteau.
Rente ou versement unique ?
Le montant annoncé du jackpot est celui de la rente : un premier versement, puis 29 versements annuels qui augmentent de 5 % par an. Le versement unique (cash option) correspond à l’argent réellement en caisse, bien moins : le gagnant du jackpot de 1,817 milliard de l’Arkansas pouvait choisir 834,9 millions de dollars, avant impôts. Certains États fixent un délai pour ce choix : en Floride, il faut réclamer son jackpot dans les 60 jours pour obtenir le versement unique.
Au niveau fédéral
- Tous les gains de jeu sont imposables et se déclarent, quel qu’en soit le montant. Pour les gains de 2026, la loterie envoie le formulaire W-2G au gagnant et à l’IRS à partir de 2 000 $ (600 $ auparavant), si le gain vaut au moins 300 fois la mise.
- Au-delà de 5 000 $ de gain (mise déduite) : une retenue à la source fédérale de 24 %.
- Le gain s’ajoute à vos autres revenus de l’année, et le taux d’imposition grimpe à 37 % au-delà de 640 600 $ de revenu imposable pour une personne seule ou de 768 700 $ pour un couple (barème 2026). Ce taux, en vigueur depuis la réforme fiscale signée par le président Donald Trump en 2017, remplaçait un taux de 39,6 %. La retenue de 24 % ne suffit donc pas : le solde se paie avec la déclaration de revenus.
- Pour un non-résident (un touriste, par exemple), la loterie retient en principe 30 % du gain. Mais la convention fiscale franco-américaine exonère d’impôt fédéral les gains de jeu des résidents fiscaux de France, comme ceux de plusieurs autres pays européens (Belgique, Allemagne, Italie, Royaume-Uni…), selon la Publication 515 de l’IRS. Il faut la faire valoir avec le formulaire W-8BEN.
Au niveau des États
Cela dépend encore des États (ce serait trop simple sinon).
- Les États sans impôt sur le revenu, comme la Floride, le Texas, le Tennessee ou le New Hampshire, n’imposent pas vos gains de loterie.
- La Californie, qui a un impôt sur le revenu, n’impose pas les gains de sa propre loterie, Powerball et Mega Millions compris.
- Si vous remportez le gros lot à New York, l’État retient 10,9 % sur les gros gains (son taux le plus élevé), plus 3,876 % si vous habitez New York City. Les non-résidents de l’État paient aussi l’impôt de New York sur un billet acheté à New York.
- En règle générale, l’État où le billet a été acheté impose le gain, et l’État où vous vivez peut l’imposer à son tour, en déduisant en principe l’impôt déjà payé ailleurs.
Pour tout savoir sur le système fiscal américain, lisez notre article sur les impôts aux États-Unis.


