Séparation : comment faire au mieux pour les enfants et pour vous-même

Valerie BRASSELET, psychologue Clinicienne et psychologue du Travail, diplômée en France, exerce en cabinet à Miami mais aussi en visio-conférence sur l’ensemble des continents. Valérie travaille auprès des couples, des adultes, des parents, des adolescents pour toutes les difficultés de la vie personnelle, les difficultés émotionnelles mais aussi pour les personnes qui rencontrent des problématiques professionnelles. Elle aide chacun à remettre du sens, à reconstruire et à évoluer vers du bien-être. Valérie partage aujourd’hui avec nous ses conseils sur le thème du couple qui se sépare. Elle nous explique : « Comment faire au mieux pour les enfants et pour vous-même».

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La séparation

Se séparer n’est jamais chose facile ! Peu importe qui a eu tort ou raison, qui a tout fait pour que ça marche. Le résultat est la rupture, c’est à dire : un avant / un après. C’est un passage douloureux, voire psychiquement très violent qui implique des réaménagements pour chacun. Un deuil est à faire. Il va falloir accepter ce moment pour pouvoir se reconstruire. On perd l’autre, la relation à l’autre mais l’objectif sera de progressivement pouvoir envisager de nouvelles opportunités.

Chacun va ressentir des émotions plus ou moins difficiles, chacun va traverser des étapes de questionnements, de remise en cause et ce sera plus ou moins long en fonction de l’histoire personnelle, de la personnalité de l’individu, des conditions de vie dans laquelle la personne évolue.

Être parent séparé engendre aussi un ensemble de modalités organisationnelles nouvelles. Il est tout d’abord important de faire le deuil de la famille idéale, de la famille parfaite, de la famille des contes de fées qu’on nous a lu étant enfant pour pouvoir accepter que oui, c’est possible de se séparer et que oui, ça peut faire partie d’une étape, d’une expérience et d’un cheminement de vie.

Se séparer n’est pas un échec ! Le couple parfait n’existe pas. Il faut se servir de cette épreuve pour se renforcer psychiquement et en tirer un apaisement libérateur. Personne n’est forcé d’être d’accord avec la séparation mais comme elle va avoir lieu, il est indispensable de la vivre sans la subir. Pour cela, il va falloir se l’approprier, c’est-à-dire, en faire quelque chose qui soit à soi et donc devenir Décideur et non pas être Victime. Il s’agit de :

  1. Accepter l’idée de la séparation. Cette acceptation va vous permettre d’agir pour revivre.
  2. Retrouver votre autonomie : « je ne suis pas l’autre et l’autre n’est pas moi. J’existais avant la relation».
  3. Reprendre votre place d’homme ou de femme, reprendre confiance en vous.
  4. Lâcher progressivement la colère pour ne pas donner votre énergie à votre ex. conjoint. Faites attention à vous et à votre équilibre émotionnel.
  5. Ne luttez pas contre l’autre. C’est émotionnellement très fatiguant. Ne donnez pas à votre ex conjoint le pouvoir de gérer vos émotions et d’avoir une influence sur vos ressentis. Votre vie et vos émotions vous appartiennent.

Une séparation, c’est un peu comme un tsunami qui déferle. C’est aussi une aventure collective qui va peut-être induire d’autres séparations. Il faut s’y préparer. Certains membres de la famille souhaiteront continuer à voir votre ex conjoint. Des amis choisiront « un camp ». Vous vous sentirez peut-être délaissé, voire jugé. Vous serez peut-être moins convié aux soirées. Il est très important de savoir que les réactions de vos amis ne sont pas contre vous. Ça n’est pas parce qu’ils ne vous aiment plus ou pas. C’est juste parce que, eux aussi ont perdu le repère du couple que vous formiez et ils se sentent démunis face à cette situation de séparation qu’ils ne maîtrisent pas et que parfois même, ils ne comprennent pas.

Il est très important de vous prioriser. Faites attention à vous et ne vous laissez pas « démonter » par les comportements de votre environnement. Vous allez devoir créer une nouvelle organisation de vie et plus encore si vous avez des enfants. Cette organisation logistique peut souvent prendre un peu de temps à se mettre en place et à se stabiliser. Il va falloir se mettre d’accord avec votre ex-conjoint et trouver des compromis. L’idée est de créer ces nouveaux repères quotidiens pour vous, pour les enfants mais aussi un équilibre émotionnel est à trouver pour vous et pour vos enfants.

Les enfants dans la séparation

Votre séparation est en effet aussi une épreuve pour vos enfants ; Quel que soit l’âge, c’est douloureux. Ayez en tête que mieux vous irez, mieux les enfants se sentiront. Il s’agit d’être honnête avec eux. Parlez leur avec des mots simples de votre séparation. Les enfants perçoivent et ressentent tout. Il ne faut pas leur mentir ! Expliquez- leur que ça arrive, que rien n’est grave, que papa et maman sont et seront toujours à leurs côtés durant leur vie. Insistez sur le fait que la séparation se fait entre papa et maman mais que ni papa, ni maman ne se séparera jamais d’eux.  Rassurez-les de votre Amour. Dites-leur que vous les aimez et que vous les aimerez toute la vie. Dites leur bien, qu’en aucun cas, ils ne sont responsables de votre séparation.

En revanche, vos enfants n’ont pas à entendre ni à connaître les tenants et les aboutissants de votre rupture. Ils n’ont pas besoin de connaître ni vos histoires, ni des détails douloureux sur les circonstances ou les évènements passés. Il est très important de ne pas mal parler de l’autre parent. Bien entendu, vous êtes en colère et il est possible que vous soyez psychiquement amené dans ce cas, à souhaiter du mal à votre ex.conjoint. Compte tenu de votre douleur, cette pensée négative peut bien entendu, se comprendre. Le souci est que dans ce cas, vos enfants vont subir vos émotions et vos comportements et par conséquent, ils vont être en grande souffrance. Ils vont se retrouver, sans que vous le vouliez, au milieu de vos batailles.

Et les batailles peuvent être nombreuses à commencer par les tours de garde. Chacun ressent ses blessures encore ouvertes, ses incompréhensions, ses regrets, ses colères à l’égard de l’autre et chacun se persuade que l’idée de l’autre n’est pas la bonne et qu’elle va à l’encontre de soi comme si l’ex-conjoint faisait tout par principe pour vous pourrir la vie. Il est primordial de se dégager de soi, de parvenir à penser que votre ex-conjoint ne cherche pas en permanence à vous faire du mal. S’il réagit en donnant une autre idée par rapport aux tours de garde, c’est vraisemblablement en lien avec des contraintes professionnelles ou autres problématiques réelles et objectives. Il est primordial que vous restiez focaliser sur les enfants, que vous leur donniez une place adaptée et que vous mettiez du sens à leur bien-être.

N’hésitez pas à demander de l’aide. Faites intervenir un tiers, un professionnel extérieur : un psychothérapeute/psychologue, un médiateur ou un avocat. Ces personnes pourront vous aider à trouver le rythme de garde adapté pour chacun. Cela vous permettra de gagner en apaisement, en sérénité et d’être moins débordé émotionnellement.

Ayez en tête qu’il est préférable de voir ses enfants peut-être moins souvent mais de manière qualitative que de les avoir chaque semaine sans pouvoir s’en occuper complètement. Mieux vaut privilégier la qualité que la quantité. Vous restez et resterez toujours leurs parents. Sachez construire qualitativement votre place. Vos enfants ont besoin de vous. Ils vous aiment.

Il est important de mettre en place les bons outils pour pouvoir communiquer entre co-parents. L’agenda en ligne partagé peut permettre de noter les évènements importants comme les tours de garde, les rendez-vous médicaux, les invitations aux anniversaires, les activités sportives, les réunions scolaires, ou rdv avec un/une professeur. Cet agenda permet d’éviter les discussions inutiles et les malentendus. Il entre dans une routine de document à regarder. Il est fondamental de vous mettre d’accord sur qui fait quoi. Si vous parvenez à faire ensemble, vos enfants seront ravis de profiter de leurs parents au même moment, au même endroit. Si en revanche, vous ne supportez plus de voir le visage de votre ex-conjoint, de respirer le même air, il est préférable dans ce cas, de vous mettre d’accord et d’alterner vos présences.

Le SMS reste l’outil privilégié pour se tenir au courant du dernier oubli : le cadeau d’anniversaire à acheter, le bulletin de notes à ramener à l’école, le sac de sport à préparer pour le lundi. Il est dans tous les cas primordial, pour le bien-être de vos enfants, d’être, avec votre ex-conjoint, sur la même longueur d’onde dans les choix et décisions d’activités à privilégier, de destinations pour leurs vacances, des dates de visites des grands-parents mais aussi, autant que possible sur les mêmes valeurs éducatives.

Et l’adulte?

Nous avons parlé de votre place de parent mais qu’en est-il de vous, de votre place d’adulte (homme ou femme) ? Il est bien évident qu’après une rupture de couple, après tant d’années vécues et partagées ensemble, vous vous sentiez anéanti et dévasté. Vous étiez deux dans une forme de dépendance l’un à l’autre ; Il va falloir apprendre à se retrouver soi, à exister indépendamment de l’autre comme ce que vous faisiez avant cette rencontre. Il va falloir se reconstruire et cela prendra du temps.

Vous n’étiez pas qu’une partie d’un couple. Vous n’êtes pas que parent non plus. Vous êtes femme ou homme adulte. Il est primordial de ne pas vous oublier dans cette identité. Il est indispensable de reprendre des activités sportives, de renouer avec vos amis, de reprendre peu à peu, une fois la confiance retrouvée, une activité professionnelle (si elle a été mise de côté au moment de l’annonce). Il faut que vous puissiez progressivement recommencer à vivre et installer de nouvelles routines et de nouveaux plaisirs.

Bien entendu ; après une rupture il est fréquent de ressentir de l’angoisse, un sentiment de néant, des projets qui s’effondrent. On nous apprend que le bonheur est dans le couple. On nous apprend moins à être heureux en homme ou femme célibataire. Le système sociétal dit : il faut se marier, avoir des enfants (au moins 2 ou 3, et si possible garçon et fille) avoir un chien…
Et bien appréciez ce moment du célibat, apprenez à respirer pleinement, à faire ce que vous ne faisiez plus. Prenez enfin du temps rien que pour vous dans les moments sans les enfants et assumez votre statut. Vous avez le droit à ce statut. Ne vous justifiez pas, ne vous dévalorisez pas.

Vous n’avez pas de compte à rendre à quiconque. Vous n’êtes coupable de rien. Soyez fière de qui vous êtes dans cette nouvelle énergie positive à construire. Le célibat est une nouvelle étape de vie, une nouvelle expérience à vivre. Quand vous serez prêt, cherchez à tourner votre cœur vers l’avenir. Débarrassez-vous des regrets qui ne servent à rien et dites-vous que la vie vous donne la possibilité de recréer de nouveaux bonheurs encore différents et précieux! Apprenez progressivement à profiter de cette évolution.


Valerie BRASSELET, psychologue Clinicienne et psychologue du Travail, diplômée en France, exerce en cabinet à Miami mais aussi en visio-conférence sur l’ensemble des continents. Valérie travaille auprès des couples, des adultes, des parents, des adolescents pour toutes les difficultés de la vie personnelle, les difficultés émotionnelles mais aussi pour les personnes qui rencontrent des problématiques professionnelles. Elle aide chacun à remettre du sens, à reconstruire et à évoluer vers du bien-être. Valérie partage aujourd’hui avec nous ses conseils sur le thème du couple qui se sépare. Elle nous explique : « Comment faire au mieux pour les enfants et pour vous-même».

Valérie Brasselet – Engagement Psy Miami

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