Investir pour vivre aux États-Unis, oui, mais comment ?
Le visa E-2 est le visa des Français qui créent ou rachètent une entreprise aux États-Unis pour la diriger. Combien investir, quelle part détenir, quel business plan présenter, combien de temps rester, et que deviennent le conjoint et les enfants ? Conditions, démarches à l’ambassade de Paris et frais en 2026.
Le visa E-2, dit « visa investisseur », c’est quoi ?
Le visa E-2, ou « visa investisseur », est un visa américain dit non-immigrant : il permet de vivre et de travailler aux États-Unis tant que l’on remplit ses conditions, mais il ne mène pas de lui-même à la carte verte ni à la nationalité américaine.
C’est le visa des Français qui veulent créer ou racheter une entreprise aux États-Unis et la diriger eux-mêmes. Deux durées sont à distinguer :
- la validité du visa : pour un Français, 48 mois, à entrées multiples. C’est la période pendant laquelle vous pouvez entrer aux États-Unis avec ce visa ;
- la durée du séjour : à chaque entrée, l’agent de l’immigration vous accorde en principe 2 ans de séjour, inscrits sur votre I-94. Chaque nouvelle entrée, même après un simple voyage, redonne en principe 2 ans.

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Les conditions d’obtention du visa E-2
Depuis la France, c’est le Département d’État qui délivre le visa, à l’ambassade des États-Unis à Paris. L’USCIS, les services de l’immigration, n’intervient que si vous êtes déjà aux États-Unis sous un autre statut et que vous demandez à passer en E-2 sur place.
Être d’un pays signataire d’un traité
Vous devez être citoyen d’un pays qui a signé un traité de commerce avec les États-Unis. C’est le cas de la France (depuis 1960, y compris la Martinique, la Guadeloupe, la Guyane et La Réunion), mais aussi de la Belgique et du Canada. L’entreprise doit elle-même appartenir pour moitié au moins à des ressortissants de ce pays.
Pour voir la liste complète : Travel.State.gov
Investir un montant substantiel
Vous devez avoir investi, ou être en train d’investir, un montant substantiel dans une entreprise aux États-Unis. Aucun chiffre n’est fixé par les textes : le montant s’apprécie par rapport au coût total du rachat ou de la création de l’entreprise. Plus l’entreprise coûte peu, plus la part investie doit être élevée. Le chiffre de 100 000 dollars, souvent cité, est un repère d’usage, pas un minimum.
Ces fonds doivent avoir une origine licite, et il faut le prouver. Ils doivent aussi être engagés : dépensés ou irrévocablement affectés à l’entreprise, et exposés au risque de l’affaire (on parle de fonds at risk). De l’argent qui dort sur un compte ne compte pas, ni un prêt garanti par les biens de l’entreprise.
Toutes les dépenses ne se valent pas, et il n’en existe pas de liste officielle : un avocat d’immigration vous aidera à faire le tri. Plus tôt vous créez votre entreprise aux États-Unis, plus tôt vous pouvez commencer à engager ces dépenses.
Le jour de l’entretien, l’entreprise doit être réelle et prête à fonctionner : bail signé, équipement acheté, premiers contrats ou premiers clients. Ce moment se prépare avec un avocat, car il n’est pas facile de savoir jusqu’où aller pour démontrer que l’entreprise est opérationnelle.
Diriger une entreprise viable
Le demandeur doit détenir au moins 50 % de l’entreprise, ou la contrôler par sa fonction de direction ou un autre moyen juridique, et venir aux États-Unis pour la développer et la diriger.
L’entreprise doit être bien réelle, avec une activité légale et toutes les licences nécessaires. Elle ne doit pas être marginale : elle doit dégager, ou pouvoir dégager dans les cinq ans, plus qu’un revenu de subsistance pour vous et votre famille, ou contribuer à l’économie locale (emplois, contrats, impôts).
Si l’entreprise a été créée depuis deux ans ou moins, l’ambassade de Paris demande un business plan sur 5 ans : dépenses et bénéfices prévus, avec un bénéfice atteint dans les cinq ans. Pour une entreprise plus ancienne, elle demande ses dernières déclarations fiscales.
Lire aussi : Comment préparer son business plan pour un visa investisseur E-2 ?
Le visa E-2 en pratique

La demande à l’ambassade de Paris
La demande se fait en ligne (formulaire DS-160, avec son volet consacré aux visas E), puis le dossier complet est déposé en un seul fichier PDF sur le site de rendez-vous de l’ambassade. Comptez environ un mois d’examen du dossier avant de pouvoir prendre rendez-vous pour l’entretien, obligatoire pour tous les demandeurs depuis le 2 septembre 2025, y compris pour un renouvellement.
En 2026, les frais de demande du visa E sont de 315 dollars par personne, non remboursables, sans frais de réciprocité pour un Français. Une loi du 4 juillet 2025 a créé une taxe supplémentaire de 250 dollars, due à la délivrance du visa ; à l’automne 2026, sa perception n’était pas encore appliquée partout.
Si vous êtes déjà aux États-Unis sous un autre statut, le passage en E-2 se demande à l’USCIS avec le formulaire I-129 : en 2026, 965 dollars en ligne ou 1 015 dollars sur papier, plus 600 dollars de frais de programme d’asile.

L’ambassade des États-Unis à Paris, avenue Gabriel, où les Français passent l’entretien du visa E-2, en 2008. Crédit photo : Krokodyl (CC BY 3.0)
Vous et votre famille
Votre conjoint et vos enfants célibataires de moins de 21 ans peuvent vous accompagner avec un visa E-2 « dependent ».
Votre conjoint peut travailler aux États-Unis sans autre démarche : depuis 2022, son autorisation de travail découle de son statut, et son I-94 porte la mention E-2S, qui suffit à son employeur.
Vos enfants peuvent étudier aux États-Unis, mais pas travailler. À 21 ans, ils perdent ce statut et doivent obtenir leur propre visa pour rester.
Voyager hors des États-Unis
Avec un visa E-2 en cours de validité, vous pouvez sortir des États-Unis et y revenir librement, sans autorisation préalable. À chaque retour, vous recevez en principe une nouvelle période de séjour de 2 ans. Un visa valide dans un passeport expiré reste utilisable avec le nouveau passeport.
Prolonger et renouveler votre visa E-2
Le visa E-2 se renouvelle sans limite de nombre, tant que les conditions restent remplies : une entreprise toujours active, non marginale, détenue pour moitié au moins par des Français.
Le renouvellement du visa se demande à l’ambassade de Paris, avec un dossier allégé, mais l’entretien reste obligatoire. Sans quitter les États-Unis, vous pouvez aussi demander à l’USCIS de prolonger votre séjour (formulaire I-129), par périodes de 2 ans.
Le renouvellement n’est jamais automatique : il dépend des preuves apportées sur l’activité de l’entreprise. Votre avocat d’immigration vous aidera à réunir les bons documents (déclarations fiscales, emplois créés, contrats).
Les limites du visa E-2
- Votre statut repose sur l’activité de votre entreprise. Si elle ferme ou cesse son activité, vous disposez d’un délai de grâce de 60 jours au plus pour changer de statut ou quitter les États-Unis, sans pouvoir travailler. Contactez votre avocat d’immigration avant toute fermeture.
- Le visa E-2 ne mène pas de lui-même à la green card, quel que soit le nombre de renouvellements.
Pour obtenir une carte verte, d’autres voies existent : le visa EB-5 (un investissement de 1 050 000 dollars, ou 800 000 dollars dans certaines zones), la loterie de la carte verte ou le mariage avec un citoyen américain.
Une fois votre visa E-2 obtenu, pensez à inscrire votre entreprise dans notre annuaire pour gagner en visibilité auprès des francophones des États-Unis. C’est ici !
Le French District vous informe que les informations de cet article sont données à titre indicatif et ne constituent pas des conseils juridiques. Elles peuvent évoluer : consultez un avocat d’immigration pour les valider.



