Le Visa E-2, ou le visa investisseur

Ruban de satin rouge noué entre deux poteaux dorés devant le comptoir et la vitrine d’un café, juste avant son inauguration

Investir pour vivre aux États-Unis, oui, mais comment ?

Le visa E-2 est le visa des Français qui créent ou rachètent une entreprise aux États-Unis pour la diriger. Combien investir, quelle part détenir, quel business plan présenter, combien de temps rester, et que deviennent le conjoint et les enfants ? Conditions, démarches à l’ambassade de Paris et frais en 2026.

[French District] - Cet article a été diffusé dans la newsletter du French District.
Abonnez-vous gratuitement pour être parmi les premiers à lire nos nouveaux articles.

Le visa E-2, dit « visa investisseur », c’est quoi ?

Le visa E-2, ou « visa investisseur », est un visa américain dit non-immigrant : il permet de vivre et de travailler aux États-Unis tant que l’on remplit ses conditions, mais il ne mène pas de lui-même à la carte verte ni à la nationalité américaine.

C’est le visa des Français qui veulent créer ou racheter une entreprise aux États-Unis et la diriger eux-mêmes. Deux durées sont à distinguer :

  • la validité du visa : pour un Français, 48 mois, à entrées multiples. C’est la période pendant laquelle vous pouvez entrer aux États-Unis avec ce visa ;
  • la durée du séjour : à chaque entrée, l’agent de l’immigration vous accorde en principe 2 ans de séjour, inscrits sur votre I-94. Chaque nouvelle entrée, même après un simple voyage, redonne en principe 2 ans.
Frise de six ans : le visa E-2 d'un Français permet d'entrer pendant 48 mois ; chaque entrée donne un séjour autorisé de 2 ans, à la première entrée, au retour d'un voyage au mois 18, et au retour au mois 46, jusqu'au-delà de la fin du visa ; prolongation sur place par le formulaire I-129 ; frais en 2026 : 315 dollars par personne pour le visa, une taxe de 250 dollars créée en 2025 pas encore perçue partout, 1 565 dollars pour l'I-129 déposé en ligne
La validité du visa E-2 et la durée du séjour autorisé à chaque entrée, avec les frais des démarches en 2026. Sources : département d’État ; USCIS ; 8 CFR 214.2(e). Infographie : French District, licence CC BY-NC-SA 4.0.

Lire aussi : Visa E-2 : comment transformer votre investissement en projet de vie aux États-Unis ?

Les conditions d’obtention du visa E-2

Depuis la France, c’est le Département d’État qui délivre le visa, à l’ambassade des États-Unis à Paris. L’USCIS, les services de l’immigration, n’intervient que si vous êtes déjà aux États-Unis sous un autre statut et que vous demandez à passer en E-2 sur place.

Être d’un pays signataire d’un traité

Vous devez être citoyen d’un pays qui a signé un traité de commerce avec les États-Unis. C’est le cas de la France (depuis 1960, y compris la Martinique, la Guadeloupe, la Guyane et La Réunion), mais aussi de la Belgique et du Canada. L’entreprise doit elle-même appartenir pour moitié au moins à des ressortissants de ce pays.

Pour voir la liste complète : Travel.State.gov

Investir un montant substantiel

Vous devez avoir investi, ou être en train d’investir, un montant substantiel dans une entreprise aux États-Unis. Aucun chiffre n’est fixé par les textes : le montant s’apprécie par rapport au coût total du rachat ou de la création de l’entreprise. Plus l’entreprise coûte peu, plus la part investie doit être élevée. Le chiffre de 100 000 dollars, souvent cité, est un repère d’usage, pas un minimum.

Ces fonds doivent avoir une origine licite, et il faut le prouver. Ils doivent aussi être engagés : dépensés ou irrévocablement affectés à l’entreprise, et exposés au risque de l’affaire (on parle de fonds at risk). De l’argent qui dort sur un compte ne compte pas, ni un prêt garanti par les biens de l’entreprise.

Toutes les dépenses ne se valent pas, et il n’en existe pas de liste officielle : un avocat d’immigration vous aidera à faire le tri. Plus tôt vous créez votre entreprise aux États-Unis, plus tôt vous pouvez commencer à engager ces dépenses.

Le jour de l’entretien, l’entreprise doit être réelle et prête à fonctionner : bail signé, équipement acheté, premiers contrats ou premiers clients. Ce moment se prépare avec un avocat, car il n’est pas facile de savoir jusqu’où aller pour démontrer que l’entreprise est opérationnelle.

Diriger une entreprise viable

Le demandeur doit détenir au moins 50 % de l’entreprise, ou la contrôler par sa fonction de direction ou un autre moyen juridique, et venir aux États-Unis pour la développer et la diriger.

L’entreprise doit être bien réelle, avec une activité légale et toutes les licences nécessaires. Elle ne doit pas être marginale : elle doit dégager, ou pouvoir dégager dans les cinq ans, plus qu’un revenu de subsistance pour vous et votre famille, ou contribuer à l’économie locale (emplois, contrats, impôts).

Si l’entreprise a été créée depuis deux ans ou moins, l’ambassade de Paris demande un business plan sur 5 ans : dépenses et bénéfices prévus, avec un bénéfice atteint dans les cinq ans. Pour une entreprise plus ancienne, elle demande ses dernières déclarations fiscales.

Lire aussi : Comment préparer son business plan pour un visa investisseur E-2 ?

Le visa E-2 en pratique

Cinq étapes du visa E-2 pour un Français : l'entreprise (au moins 50 % ou le contrôle, fonds engagés, business plan sur 5 ans si elle a moins de 2 ans), le dossier (DS-160, 315 dollars, un PDF unique, environ un mois d'examen), l'entretien à l'ambassade de Paris, obligatoire depuis septembre 2025, le visa de 48 mois et le séjour de 2 ans par entrée, le renouvellement sans limite de nombre ; encadrés : le conjoint travaille de plein droit depuis 2022 (I-94 E-2S), les enfants célibataires de moins de 21 ans étudient sans travailler, 60 jours au plus si l'entreprise ferme
Le parcours type d’un Français qui demande son visa E-2 à Paris, de la création de l’entreprise au renouvellement. Sources : département d’État, 9 FAM 402.9 ; ambassade des États-Unis en France ; 8 CFR 214.2(e) ; USCIS. Infographie : French District, licence CC BY-NC-SA 4.0.

La demande à l’ambassade de Paris

La demande se fait en ligne (formulaire DS-160, avec son volet consacré aux visas E), puis le dossier complet est déposé en un seul fichier PDF sur le site de rendez-vous de l’ambassade. Comptez environ un mois d’examen du dossier avant de pouvoir prendre rendez-vous pour l’entretien, obligatoire pour tous les demandeurs depuis le 2 septembre 2025, y compris pour un renouvellement.

En 2026, les frais de demande du visa E sont de 315 dollars par personne, non remboursables, sans frais de réciprocité pour un Français. Une loi du 4 juillet 2025 a créé une taxe supplémentaire de 250 dollars, due à la délivrance du visa ; à l’automne 2026, sa perception n’était pas encore appliquée partout.

Si vous êtes déjà aux États-Unis sous un autre statut, le passage en E-2 se demande à l’USCIS avec le formulaire I-129 : en 2026, 965 dollars en ligne ou 1 015 dollars sur papier, plus 600 dollars de frais de programme d’asile.

Façade de l’ambassade des États-Unis à Paris, avenue Gabriel, derrière des barrières de sécurité et des arbres

L’ambassade des États-Unis à Paris, avenue Gabriel, où les Français passent l’entretien du visa E-2, en 2008. Crédit photo : Krokodyl (CC BY 3.0)

Vous et votre famille

Votre conjoint et vos enfants célibataires de moins de 21 ans peuvent vous accompagner avec un visa E-2 « dependent ».

Votre conjoint peut travailler aux États-Unis sans autre démarche : depuis 2022, son autorisation de travail découle de son statut, et son I-94 porte la mention E-2S, qui suffit à son employeur.

Vos enfants peuvent étudier aux États-Unis, mais pas travailler. À 21 ans, ils perdent ce statut et doivent obtenir leur propre visa pour rester.

Voyager hors des États-Unis

Avec un visa E-2 en cours de validité, vous pouvez sortir des États-Unis et y revenir librement, sans autorisation préalable. À chaque retour, vous recevez en principe une nouvelle période de séjour de 2 ans. Un visa valide dans un passeport expiré reste utilisable avec le nouveau passeport.

Prolonger et renouveler votre visa E-2

Le visa E-2 se renouvelle sans limite de nombre, tant que les conditions restent remplies : une entreprise toujours active, non marginale, détenue pour moitié au moins par des Français.

Le renouvellement du visa se demande à l’ambassade de Paris, avec un dossier allégé, mais l’entretien reste obligatoire. Sans quitter les États-Unis, vous pouvez aussi demander à l’USCIS de prolonger votre séjour (formulaire I-129), par périodes de 2 ans.

Le renouvellement n’est jamais automatique : il dépend des preuves apportées sur l’activité de l’entreprise. Votre avocat d’immigration vous aidera à réunir les bons documents (déclarations fiscales, emplois créés, contrats).

Les limites du visa E-2

  • Votre statut repose sur l’activité de votre entreprise. Si elle ferme ou cesse son activité, vous disposez d’un délai de grâce de 60 jours au plus pour changer de statut ou quitter les États-Unis, sans pouvoir travailler. Contactez votre avocat d’immigration avant toute fermeture.
  • Le visa E-2 ne mène pas de lui-même à la green card, quel que soit le nombre de renouvellements.

Pour obtenir une carte verte, d’autres voies existent : le visa EB-5 (un investissement de 1 050 000 dollars, ou 800 000 dollars dans certaines zones), la loterie de la carte verte ou le mariage avec un citoyen américain.

Une fois votre visa E-2 obtenu, pensez à inscrire votre entreprise dans notre annuaire pour gagner en visibilité auprès des francophones des États-Unis. C’est ici !

Le French District vous informe que les informations de cet article sont données à titre indicatif et ne constituent pas des conseils juridiques. Elles peuvent évoluer : consultez un avocat d’immigration pour les valider.

Vous préparez votre visa E-2 ?
Écrivez-nous !

  • Ce champ n’est utilisé qu’à des fins de validation et devrait rester inchangé.
Crédit photo en-tête : U.S. Air Force (Staff Sgt. Aubree Owens) (domaine public)

Réduisez vos impôts avant le 31 décembre
Webinaire
Mardi 27 octobre 2026

Réduisez vos impôts avant le 31 décembre

Savez-vous quelles décisions peuvent encore alléger vos impôts 2026 avant la fin de l'année ? Un CPA franco-américain passe en revue les nouvelles déductions, l'épargne retraite, le HSA et les règles propres aux Français des États-Unis, avec une liste claire des sujets à examiner.
S'inscrire au webinaire

Pas disponible pour ce webinaire ?

Inscrivez-vous à la newsletter pour nos prochains événements.