Une dinde, une célébration et tellement plus encore
Thanksgiving célèbre la première récolte des pèlerins de Plymouth et le repas partagé avec les Wampanoag, à l’automne 1621. Chaque quatrième jeudi de novembre, les familles américaines se réunissent autour de la dinde et de la tarte à la citrouille. Parade Macy’s, dinde graciée, repas de 1621 : voici les anecdotes et les chiffres qui entourent cette fête.
La minute d’histoire
Le premier Thanksgiving a eu lieu à l’automne 1621 à Plymouth, dans l’actuel Massachusetts, à une date que personne ne connaît précisément, entre la fin septembre et le début novembre. Un peu plus de cinquante pèlerins ont partagé trois jours de fête avec le chef Massasoit et environ quatre-vingt-dix hommes wampanoag. Parmi les colons, il ne restait que quatre femmes adultes : beaucoup n’avaient pas survécu au premier hiver sur une terre qu’ils ne connaissaient pas.

The First Thanksgiving, 1621, peint vers 1915 par Jean Leon Gerome Ferris : une vision romancée du repas partagé par les pèlerins et les Wampanoag. Crédit photo : Jean Leon Gerome Ferris / Library of Congress (Domaine public)
Ce repas de récolte n’est devenu une fête nationale qu’en 1863, par une proclamation d’Abraham Lincoln. On le doit en grande partie à l’écrivaine Sarah Josepha Hale, auteure de la comptine « Mary Had a Little Lamb », qui a écrit pendant dix-sept ans aux présidents et aux gouverneurs pour que tout le pays le fête le même jour. Depuis une loi de 1941, c’est le quatrième jeudi de novembre, l’un des jours fériés fédéraux des États-Unis.
Ce que vous ne savez peut-être pas
Le défilé de Thanksgiving de Macy’s est parti pour la première fois le 27 novembre 1924 de l’angle de la 145th Street et de Convent Avenue, dans le nord de Manhattan. Il a parcouru près de dix kilomètres jusqu’au magasin de Herald Square, avec des employés de Macy’s et des animaux prêtés par le zoo de Central Park. Il n’a été annulé que trois fois, de 1942 à 1944, pendant la Seconde Guerre mondiale. Macy’s compte aujourd’hui plus de 3,5 millions de spectateurs le long du parcours et plus de 50 millions de téléspectateurs.
La 100e édition défilera le jeudi 26 novembre 2026 à partir de 8 h 30 : parcours, ballons et meilleurs emplacements dans notre article sur la parade Macy’s 2026.

Le ballon d’Olaf descend Central Park West lors de la parade de Thanksgiving de Macy’s, en 2017. Crédit photo : TomH2323 (CC BY 2.0)
Autre coutume célèbre : la grâce présidentielle accordée à une dinde, le Turkey Pardon. En 1947, Harry Truman a été le premier président à recevoir une dinde de la National Turkey Federation, mais il ne l’a pas graciée. La grâce n’est devenue une tradition qu’avec George H.W. Bush, en 1989. En 2009, Barack Obama a gracié une dinde nommée Courage, qui a ensuite été grand maréchal de la parade de Disneyland, en Californie.

Courage, la dinde graciée par Barack Obama, sous le portique nord de la Maison Blanche le 25 novembre 2009. Crédit photo : Chuck Kennedy / The White House (Domaine public)
On passe à table
De la récolte au festin
Les colons de Plymouth fêtaient leur première récolte. Massasoit et ses hommes les ont rejoints et la fête a duré trois jours. Pourquoi les Wampanoag sont-ils venus ? Les deux récits de l’époque ne le disent pas.
Le dindon de la farce
Y avait-il de la dinde au menu ? Peut-être. Le colon Edward Winslow raconte que le gouverneur a envoyé quatre hommes chasser des volailles sauvages pour la fête, et le gouverneur William Bradford note que les dindes sauvages abondaient cet automne-là. Le seul plat certain est le chevreuil : les Wampanoag ont apporté cinq cerfs. Les pèlerins connaissaient la citrouille, mais pas en tarte. Quant au turducken (contraction de turkey, duck et chicken : une dinde farcie d’un canard, lui-même farci d’un poulet), il n’existait pas au 17e siècle.
On y va avec les doigts ?
Presque : les pèlerins mangeaient avec un couteau, une cuillère et leurs doigts. La fourchette ne s’est répandue en Amérique qu’à l’époque de la Révolution, à la fin du 18e siècle.
Au menu aujourd’hui
Les tables d’aujourd’hui mettent à l’honneur la dinde rôtie, accompagnée d’un gratin de patates douces, d’une soupe de potiron ou d’une cassolette de haricots verts. Les spécialités culinaires de Thanksgiving varient selon les régions, avec des recettes aussi gourmandes que surprenantes.

Une table de Thanksgiving : dinde rôtie, sauce aux canneberges, purée, haricots verts et quelques plats de famille. Crédit photo : Ms Jones (CC BY 2.0)
La dinde, parlons-en
On raconte que Benjamin Franklin voulait faire de la dinde l’oiseau national à la place de l’aigle. C’est une légende : dans une lettre à sa fille de 1784, qu’il n’a jamais envoyée, il se moquait de l’aigle choisi comme emblème par une association d’anciens officiers, la Society of the Cincinnati, et trouvait la dinde « bien plus respectable ».
L’animal a laissé son nom sur la carte : le Bureau du recensement compte quatre localités baptisées Turkey ou Turkey Creek, au Texas, en Caroline du Nord, en Louisiane et en Arizona.
La volaille a même quitté la Terre. À Noël 1968, les trois astronautes d’Apollo 8, en orbite autour de la Lune, ont trouvé dans leurs provisions une ration surprise de dinde en sauce, emballée dans du papier aluminium et décorée de rubans. Le premier repas pris sur la Lune, en juillet 1969, était plus modeste : du bacon, des pêches et des biscuits pour Neil Armstrong et Buzz Aldrin.
Sur Terre, la dinde américaine de Thanksgiving pèse en moyenne 7 kg, selon la National Turkey Federation ; la plus lourde jamais pesée atteignait 39 kg, selon le Guinness des records (Royaume-Uni, 1989). Toujours selon la fédération, 88 % des Américains mangent de la dinde le quatrième jeudi de novembre, soit environ quarante-six millions de volailles chaque année. Côté balance, une étude publiée en 2000 a mesuré une prise de poids moyenne d’un peu moins de 400 grammes entre Thanksgiving et le Nouvel An.
Quelques anecdotes supplémentaires
Quarante-six millions de dindes de 7 kg, c’est plus de 300 000 tonnes de volaille, le poids d’environ 1 800 Boeing 747 à vide.

La tarte à la citrouille, le dessert classique du repas de Thanksgiving. Crédit photo : Evan-Amos (CC BY-SA 3.0)
Avant de passer à table, de nombreux Américains courent un Turkey Trot, une course à pied qui permet d’anticiper les excès du festin. Le plus ancien, à Buffalo, dans l’État de New York, se court sans interruption depuis 1896.

Un Turkey Trot de 5 km dans le Colorado, en novembre 2025. Crédit photo : Tiana Williams / U.S. Space Force (Domaine public)
Cette période est aussi l’une des plus chargées de l’année sur les routes et dans les aéroports : des millions d’Américains font de longs trajets pour se retrouver en famille. L’agence AAA prévoyait ainsi 81,8 millions de voyageurs pour la semaine de Thanksgiving 2025, du 25 novembre au 1er décembre.
Côté budget, le dîner traditionnel pour dix personnes coûtait en moyenne 55,18 dollars en 2025, en baisse de 5 % sur un an, selon l’enquête annuelle de l’American Farm Bureau Federation. En 2026, les familles se réuniront le jeudi 26 novembre ; le lendemain, place au Black Friday et à ses soldes.
Crédit photo en-tête : Claudio Schwarz (Unsplash)

