Un visa de 5 ans, 5 ans de prévisions

Par où commencer ? Calculer les taxes, réaliser une étude de marché, prévoir des emplois sur les 5 prochaines années… Voici le mode d’emploi pour vous ouvrir les portes des Etats-Unis.

La base de votre business plan

Vous devez démontrer, sur 5 ans :

  • Que votre stratégie est établie
  • Que vous connaissez le marché
  • Que vous maîtrisez vos coûts
  • Que vos prévisions de ventes sont réalistes
  • Que votre estimation des taxes à payer est cohérente
  • Que vous allez créer des emplois et payer des salaires à un niveau normal à vos employés.

Bien entendu, votre business plan doit être écrit en anglais. Ensuite, devrez vous-vous tenir à ce business plan ? Oui et non.

Oui, car a priori, c’est la raison d’être de votre VISA E-2. Vous êtes investisseurs, vous avez ou allez créer une société aux Etats-Unis, vous avez présenté un business plan à l’Ambassade américaine et vous êtes censé développer votre entreprise en respectant ce plan.

Non, car aucune entreprise ne suit à la lettre son business plan sur 5 ans. Votre stratégie peut évoluer, parfois même votre activité. D’ailleurs, si votre activité s’éloigne trop de votre plan initial, il sera bon de consulter votre avocat d’immigration, notamment avant le renouvellement de votre visa. Il saura vous conseiller pour savoir expliquer les (bonnes) raisons de ces changements lors de votre rendez-vous à l’ambassade pour le renouvellement de votre visa. En revanche, si ce n’est que votre stratégie qui change, mais que vos objectifs minimaux sont atteints, tout va bien.

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Les objectifs de rentabilité de votre entreprise dans votre business plan

Les deux points les plus importants sont :

Créer un minimum d’emploi et générer un minimum de revenu qui démontre que vous pouvez vivre, vous et votre famille (si elle vous accompagne), grâce à ces revenus.

Les États-unis, à travers ce Visa investisseur, souhaitent attirer bien sûr des investissements, mais aussi et peut être surtout des entrepreneurs de qualité qui créent de la richesse. Donc, même si vous avez hérité d’un oncle du Guatemala et que vos rentes vous suffisent, vous devez avoir une entreprise profitable pour faire vivre votre foyer.

Concernant le minimum d’emploi, il est doit être proportionnel et réaliste par rapport à votre croissance. Là encore, si vous n’arrivez qu’à créer un emploi, alors que vous avez annoncé 10 embauches sur 5 ans, contacter votre avocat pour déterminer comment justifier cet écart lors de votre renouvellement de visa E-2. Il n’existe pas de critères précis sur le montant de l’investissement, le nombre d’emplois à créer ou le niveau des ventes, tout peut s’expliquer si c’est cohérent. Le bons sens économique et managérial est la logique des ambassades américaines.

Le sommaire de votre business plan

Il n’y a pas de règle mais voilà un exemple de sommaire que vous pouvez suivre :

1. “Executive summary”

Un résumé clair et global de votre business plan qui permet à celui qui ne veut lire qu’une page… de ne lire qu’une page. 🙂 Ce résumé sera très apprécié par le lecteur, donc par la personne qui vous accordera (ou pas) votre visa investisseur.

2. “Company summary”

Toutes les infos sur votre société. Nom, forme (Inc, Corp, LLC), numero EIN, adresse… Les licences que vous avez obtenues, si elles sont nécessaires.

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3. “Founder(s)”

Une présentation de vous et de vous et vos associés, vos expériences, vos parcours, vos rôles dans la société.

4. “Project”

Votre projet. Les services et/ou produits que vous allez commercialiser.

5. “Business Model”

Comment allez-vous gagner de l’argent ? Allez-vous vendre en ligne, en magasin, comment allez-vous commercialiser vos services et produits ? Evidemment si c’est une boulangerie que vous souhaitez lancer, cela peut sembler simple, mais vous avez peut être pour projet de préparer des lunch-box chaque jour de la semaine et de les vendre sous forme d’abonnement. Tiens, voilà une idée !

6. “Market”

Quel est le marché, sa taille, sa zone… ? Donnez des chiffres, et des éléments qualitatifs mais sans jamais écrire que les Américains aiment ceci ou font cela, c’est simpliste et ce sera peu apprécié. Appuyez-vous sur des éléments concrets et surtout sur des tendances (des données sur plusieurs années).

7. “Competitors”

Qui sont vos concurrents ? Les produits similaires, les produits de substitution, les marques existantes. Quelles seront les avantages de vos services ou produits par rapport à ces concurrents ? Soyez objectifs mais jamais prétentieux. Vous êtes peut-être persuadé que votre produit sera le meilleur du monde.. Prouvez-le et rendez-vous dans 5 ans, à l’ambassade américaine.

8. “Marketing and Strategy”

Comment allez-vous faire connaitre votre offre ? Quelle stratégie allez-vous mettre en oeuvre pour développer votre entreprise ? Soyez réaliste et concret. La publicité fait partie des éléments les plus concrets à expliquer dans votre business plan.

Un budget cohérent sur 5 ans doit y être consacré. Ne dites pas que vous comptez sur le bouche-à-oreille pour gagner en notoriété, ce ne sera pas forcément très bien perçu. Aux États-Unis, on dépense des budgets publicitaires pour se faire connaître. Réseaux sociaux, publicités en ligne, distributions de prospectus, médias locaux ou nationaux… La concurrence est intense et il faut communiquer.

9. “Human resources”

  • Montrez votre plan d’embauches sur 5 ans.
  • Montrez des salaires cohérents. Vous pouvez utiliser ce site gratuit pour vous aider à déterminer le montant des salaires (bruts).

Vous n’êtes pas obligé de planifier la création de 500 emplois en 5 ans. Il faut juste que votre plan ait du sens et soit adapté à vos objectifs de croissance. Et pour les calculs des charges patronales et salariales, vous pouvez utiliser cet outil gratuit en ligne.

Et ne vous inquiétez pas, vous n’avez pas besoin de simuler les taxes au centime près. Là encore, il faut être pragmatique.

10. “Financial plan”

  • Détaillez vos ventes sur 5 ans.
  • Élaborez un plan de trésorerie, d’investissement et des budgets marketing.
  • Présentez votre “Profit & Loss” sur 5 ans (compte de résultat) et un balance sheet (bilan), sur 5 ans également.

L’étude de marché aux États-unis

Vous pouvez trouver sur Internet toutes les informations dont vous avez besoin pour chiffrer le marché et ses tendances. Votre marché est local, il est facile de déterminer le nombre d’habitants ou d’entreprises sur votre zone d’opération. Votre marché est national, alors c’est encore plus simple. En revanche, il faut passer du temps à trouver ces informations et à recouper les données pour faire vos calculs.

Pour la partie quantitative, là encore vous pouvez vous appuyer sur des études de marché que vous allez trouver en ligne, et vous pouvez également tester vos produits, faire remplir des questionnaires à des consommateurs potentiels. Cela vous permettra d’être vraiment confronté à vos futurs clients. Écoutez les, car aux Etats-Unis peut être encore plus qu’ailleurs, les clients ont toujours raison.

Les avis des consommateurs déterminent énormément les comportements. Un vendeur américain vous dira souvent de choisir une formule car elle est très populaire. Ce qui signifie, qu’elle est appréciée vous pouvez avoir confiance.

Conclusion : Un bon business plan pour votre visa E-2 est un business plan qui convainc l’officier d’immigration qui va le lire. Clair, réaliste et bien présenté, il sera un atout majeur dans votre dossier. Ne le négligez pas.

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