Un conseil de Paola Usquelis, avocate en immigration, membre du French District

« Extraordinaire, moi ? Je ne suis pas une célébrité. » C’est ce qu’entend le plus souvent Paola Usquelis, avocate en immigration à Sarasota, quand elle évoque la carte verte EB-1A. Cette voie ne demande ni employeur, ni offre d’emploi, ni diplôme : il faut remplir au moins trois critères sur dix et montrer une reconnaissance durable. Ses conseils pour savoir si vous êtes concerné et construire un dossier solide.

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Avocate en immigration depuis plus de vingt ans au sein du cabinet Probinsky, Cole & Usquelis, P.A. à Sarasota (Floride), j’accompagne en français, en anglais et en espagnol des chefs, des artistes, des chercheurs, des sportifs et des entrepreneurs dans leurs démarches : visas de travail et cartes vertes EB-1, EB-2 et EB-5.

« Extraordinaire, moi ? Je ne suis pas une célébrité. » C’est la phrase que j’entends le plus souvent lorsque j’évoque la carte verte EB-1A, réservée aux personnes d’une « capacité extraordinaire ». Pourtant, de nombreux professionnels français remplissent les critères sans le savoir. Cette voie ne nécessite ni employeur, ni offre d’emploi, ni diplôme particulier. Voici comment savoir si vous êtes concerné, et comment construire un dossier solide.

Qu’est-ce que la carte verte EB-1A ?

La catégorie EB-1A permet d’obtenir la résidence permanente aux États-Unis si vous démontrez une capacité extraordinaire dans les sciences, les arts, l’éducation, les affaires ou le sport, reconnue au niveau national ou international de façon durable. Ses atouts sont considérables :

  • vous déposez vous-même votre demande, sans employeur ni offre d’emploi ;
  • aucune certification préalable du Département du Travail (PERM) n’est exigée ;
  • aucun diplôme minimum n’est requis ;
  • pour les ressortissants français, la catégorie EB-1 était à jour (« Current ») dans le Visa Bulletin d’octobre 2026 : il n’y avait donc pas de file d’attente ;
  • un traitement accéléré (« premium processing ») est disponible pour la demande I-140 ;
  • votre conjoint et vos enfants célibataires de moins de 21 ans peuvent obtenir la carte verte avec vous.

La seule condition liée à l’avenir : vous devez venir aux États-Unis pour continuer à travailler dans votre domaine d’excellence.

Le malentendu : « extraordinaire » ne veut pas dire « célèbre »

La loi ne vous demande pas d’être connu du grand public. Vous devez démontrer que vous faites partie du petit groupe de professionnels qui se situent au sommet de leur domaine, aussi spécialisé soit-il. Un chef pâtissier reconnu par ses pairs, une chercheuse citée dans sa discipline, un ingénieur à l’origine d’une innovation adoptée par son secteur : tous peuvent prétendre à l’EB-1A.

Un prix majeur de renommée internationale (un prix Nobel, un Oscar, une médaille olympique) suffit à lui seul. Mais l’immense majorité des dossiers acceptés n’en comportent pas. Ils reposent sur une autre méthode : remplir au moins trois des dix critères fixés par la réglementation.

Mains d’une chercheuse tenant une boîte de Petri annotée, avec des cultures bactériennes, dans un laboratoire

Une chercheuse citée dans sa discipline peut prétendre à l’EB-1A : ce sont les preuves de reconnaissance qui comptent, pas la notoriété. Crédit photo : École polytechnique Université Paris-Saclay (Wikimedia Commons) (CC BY-SA 2.0)

Les dix critères (8 C.F.R. § 204.5(h)(3))

  • des prix ou distinctions reconnus au niveau national ou international (Meilleur Ouvrier de France, prix professionnel, concours) ;
  • l’appartenance à des associations qui exigent des réalisations exceptionnelles, évaluées par des experts ;
  • des articles publiés à votre sujet dans la presse professionnelle ou les grands médias ;
  • votre participation comme juge du travail d’autrui (jury de concours, relecteur pour une revue scientifique, évaluateur de start-up) ;
  • des contributions originales d’importance majeure dans votre domaine ;
  • des articles scientifiques ou professionnels dont vous êtes l’auteur ;
  • l’exposition de vos œuvres dans des expositions ou manifestations artistiques ;
  • un rôle de premier plan ou essentiel au sein d’organisations de renom ;
  • une rémunération élevée par rapport à celle de vos pairs ;
  • un succès commercial dans les arts du spectacle (ventes, entrées, audiences).

Si certains critères ne correspondent pas à votre métier, des preuves comparables peuvent être présentées.

Remplir trois critères ne suffit pas : l’analyse en deux temps

Depuis l’arrêt Kazarian v. USCIS, 596 F.3d 1115 (9th Cir. 2010), repris dans le manuel de l’USCIS, l’examen se fait en deux étapes. L’agent vérifie d’abord que vous remplissez au moins trois critères. Il apprécie ensuite l’ensemble du dossier pour décider si vous bénéficiez réellement d’une reconnaissance durable et si vous faites partie de l’élite de votre domaine. C’est souvent à cette seconde étape que se joue la décision : il ne suffit pas d’accumuler des pièces, il faut raconter une trajectoire cohérente.

Vous vous demandez si votre parcours peut ouvrir la voie de l’EB-1A ? Paola Usquelis, avocate en immigration à Sarasota, analyse votre profil en français, en anglais ou en espagnol. Présentez votre parcours à Paola Usquelis →

Mes conseils pour construire un dossier solide

1. Faites l’inventaire de votre carrière.

Beaucoup de candidats oublient des éléments décisifs : un jury de concours régional, une interview dans une revue spécialisée, une mission de conseil pour une grande marque. Rassemblez tout, puis nous ferons le tri.

2. Qualité plutôt que quantité.

Mieux vaut trois critères solidement prouvés que sept critères fragiles. Un article dans un grand quotidien national pèse plus que dix publications sur des blogs.

3. Faites parler les experts.

Les lettres de recommandation d’experts indépendants, qui ne vous connaissent pas personnellement mais connaissent votre travail, sont souvent déterminantes. Elles doivent être précises, factuelles et illustrées d’exemples concrets.

4. Traduisez et contextualisez.

Tous les documents en français doivent être traduits en anglais. Mais il faut aussi expliquer : l’agent de l’USCIS ne sait pas forcément ce qu’est un Meilleur Ouvrier de France, une étoile au Guide Michelin ou un grand prix d’un salon professionnel français. Votre dossier doit lui montrer pourquoi ces distinctions sont prestigieuses.

Foule de visiteurs et de chefs, dont plusieurs portent le col bleu-blanc-rouge, lors de la présentation des pièces du concours Meilleur Ouvrier de France pâtisserie

Présentation des pièces du concours Meilleur Ouvrier de France pâtisserie, en 2018 : un titre prestigieux en France, que le dossier doit expliquer à l’agent de l’USCIS. Crédit photo : Chocolaterie de l’Opéra (Wikimedia Commons) (CC BY 3.0)

5. Pensez stratégie.

Si votre dossier n’est pas encore prêt, un visa de travail ou un visa investisseur peut vous permettre de travailler aux États-Unis en attendant de renforcer votre profil. La catégorie EB-2 avec dérogation d’intérêt national (NIW) peut aussi constituer une alternative ou une demande parallèle.

Un exemple

Prenons le cas, inspiré de situations réelles, d’une cheffe française installée en Floride. Elle pensait que l’EB-1A était réservée aux chefs vus à la télévision. En reprenant son parcours, nous avons identifié : un prix lors d’un concours national, plusieurs articles dans la presse gastronomique, sa participation à des jurys de concours culinaires, et son rôle de cheffe exécutive dans un établissement étoilé. Quatre critères, une trajectoire cohérente : un dossier défendable, qu’elle n’aurait jamais envisagé seule.

Les questions que l’on me pose le plus souvent

« Ai-je besoin d’un employeur américain ? »
Non. Vous pouvez déposer votre demande vous-même, depuis la France ou depuis les États-Unis.

« Je n’ai pas de diplôme universitaire. Est-ce un obstacle ? »
Non. C’est la reconnaissance de vos réalisations qui compte, pas vos diplômes.

« Puis-je déposer ma demande si je suis déjà aux États-Unis en visa E-2 ou O-1 ? »
Oui. Si la catégorie est à jour, vous pouvez déposer en même temps la demande I-140 et la demande de carte verte (I-485). Attention toutefois aux voyages pendant la procédure : parlez-en à votre avocat avant de quitter le territoire.

« Combien de temps faut-il ? »
La préparation d’un bon dossier prend généralement plusieurs semaines, voire quelques mois. Avec le traitement accéléré, l’USCIS se prononce ensuite rapidement (15 jours ouvrables) sur la demande I-140.

En conclusion

La carte verte EB-1A n’est pas réservée aux stars. Elle récompense l’excellence reconnue, quel que soit votre domaine. Trop de professionnels français renoncent sans même avoir fait évaluer leur parcours. Notre cabinet vous reçoit en français pour analyser votre profil, identifier vos points forts et construire un dossier à la hauteur de votre carrière. Vous êtes peut-être plus extraordinaire que vous ne le croyez.

Contacter Paola Usquelis

Law Offices of Paola Usquelis – Immigration

3422 Magic Oak Lane

Sarasota, FL 34232

Crédit photo en-tête : Chocolaterie de l’Opéra (Wikimedia Commons) (CC BY 3.0)

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