Un conseil de Matthieu Laurent, kinésithérapeute et ostéopathe français à New York.

Avoir mal au dos est quelque chose de commun. Saviez-vous que 50 à 80% de la population adulte expérimente au moins un épisode de douleur au dos durant sa vie ? Pire, environ 40% expérimente un épisode douloureux chaque année ! C’est en fait l’une des causes les plus communes de handicap au sein de la population active. Qu’est-il alors recommandé en termes de traitement ?

Rester actif

Le repos strict au lit pendant plus de 2 jours est néfaste. Il est au contraire recommandé de rester actif et de continuer ses activités habituelles quotidiennes (travail inclus !), et ce malgré le fait que celles-ci puissent initialement engendrer des douleurs et de l’inconfort. Néanmoins, il peut être nécessaire de modifier certaines activités et postures temporairement (par exemple : limiter les activités incluant le port de charges lourdes, se pencher en avant, se tourner, etc.). Le travail, si arrêté, doit être repris le plus tôt possible en y associant, au besoin, des modifications. Concernant le sport, il est peu probable que la pratique d’un sport énergique soit nocif mais l’activité peut causer des douleurs. Dans les premières phases de récupération, il est préférable d’éviter les sports avec contacts importants (exemple : rugby) et les sports vigoureux qui entraînent une charge mécanique importante sur le dos.

En conclusion, il est important d’augmenter le niveau d’activité physique aussi vite que possible. Un bilan personnalisé avec un professionnel de santé spécialisé vous permettra de connaître les mouvements spécifiques qui doivent être réalisés et ceux à éviter afin de favoriser la récupération.

Contrôler les symptômes

Dans le cas d’un mal de dos aigu, les anti-inflammatoires non-stéroïdiens tel que l’ibuprofène (exemple : Advil®) ou l’acide acétylsalicylique (exemple : Aspirine®) apportent un soulagement de courte durée sur la douleur. Il n’est cependant pas prouvé que leur efficacité soit supérieure à celle de simples analgésiques tel que le paracétamol (exemples : Tylenol® ou Doliprane®) et la prise d’anti-inflammatoires non-stéroïdiens comporte un risque important d’effets secondaires (notamment des risques de complications gastro-intestinales). Si nécessaire, afin d’assurer un soulagement suffisant pour pouvoir rester actif et maintenir un bon sommeil, ce qui semble favoriser la guérison, la prise d’analgésiques est donc préférable pour contrôler la douleur. En cas de prise de médicaments, attention au risque de surdosage et ne pas hésiter à consulter un professionnel de santé qualifié (médecin, pharmacien).

Par ailleurs, la manipulation de la colonne par un professionnel de santé utilisant des techniques appropriées est efficace dans les premières 4 à 6 semaines qui suivent le début de l’épisode douloureux. La manipulation n’est en général pas recommandée en cas de signes neurologiques et la prudence est nécessaire.

Eviter les soins de faible valeur

Il n’existe peu ou pas de preuves scientifiques soutenant les bénéfices de l’utilisation des ultrasons, du laser, des tractions, des modalités thermales ainsi que de la stimulation électrique comme le T.E.N.S. (Transcutaneous Electrical Nerve Stimulation).

Rester optimiste

Le cerveau joue un rôle clé dans la guérison. Des facteurs psychologiques comme le stress, l’inquiétude, l’anxiété, et la mauvaise humeur augmentent le risque que les douleurs de dos deviennent persistantes. L’effet sur la santé physique est réel. Soutenez donc un état d’esprit optimiste, il influence directement la perception de la douleur, le délai de récupération et diminue donc les chances de se retrouver avec une condition qui perdure.

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