« Je ne me suis jamais sentie expatriée » : rencontre avec Valerie Jarnberg, agente immobilière à Tampa Bay

Une interview de Valerie Jarnberg, agente immobilière chez eXp Realty à Tampa Bay, membre du French District

Arrivée en Floride en 1993 après onze ans comme hôtesse de l’air, dont trois sur le Concorde, Valerie Jarnberg vend des maisons sur la côte Ouest de la Floride depuis 2007. Broker Associate chez eXp Realty, où elle travaille avec son fils Alex, et présidente de l’UFE Tampa Bay, elle raconte son parcours, ce qui distingue le marché immobilier américain du marché français, et ses conseils aux francophones qui préparent leur installation aux États-Unis.

[French District] - Cet article a été diffusé dans la newsletter du French District.
Abonnez-vous gratuitement pour être parmi les premiers à lire nos nouveaux articles.

Qui êtes-vous et quelle est votre activité ?

Je suis agente immobilière, Broker Associate chez eXp Realty, dans la région de Tampa Bay. J’accompagne les acheteurs, les vendeurs et les investisseurs sur la côte Ouest de la Floride.

Pouvez-vous retracer les grandes lignes de votre parcours ?

  • Un an assistante de français dans le Minnesota.
  • Onze ans hôtesse de l’air, dont trois sur le Concorde.
  • 1993 : arrivée en Floride avec mon mari américain.
  • 2007 : je commence les ventes immobilières avec Century 21 Champions.
  • 2018 : j’obtiens ma licence de broker.
  • 2023 : avec mon fils Alex, lui aussi agent immobilier, nous rejoignons eXp Realty.

Pourquoi cette passion pour votre métier ?

J’adore aider les gens à concrétiser un projet de vie aussi important que l’achat ou la vente d’un bien immobilier. Chaque client, chaque histoire et chaque projet est différent, et c’est justement ce que j’aime dans mon métier. J’aime écouter, conseiller, rassurer et surtout être présente à chaque étape, pour que mes clients se sentent bien accompagnés et en confiance. Et lorsque je vois la satisfaction de mes clients une fois leur projet réalisé, je me dis que j’ai vraiment choisi le bon métier.

Pour quelles raisons vous êtes-vous expatriée ?

Mon histoire avec les États-Unis a commencé lorsque j’étais en seconde. J’ai eu la chance de partir à New York et dans le Vermont avec un groupe de mon lycée, et je suis immédiatement tombée amoureuse des États-Unis. Pendant mes études universitaires en France, j’ai donc fait une demande pour revenir aux États-Unis comme assistante de français, et c’est là que j’ai rencontré mon mari, à Minneapolis. Après avoir vécu à Paris, nous avons décidé, pour le travail de mon mari, de tenter une nouvelle aventure aux États-Unis, à Tampa et Clearwater. Et nous y sommes depuis 35 ans !

En quoi la pratique de votre métier aux États-Unis est-elle différente de celle en France ?

Il y a une vingtaine d’années, les différences entre la France et les États-Unis étaient encore beaucoup plus importantes. Aux États-Unis, le marché immobilier est très transparent : les propriétés sont largement diffusées avec leur prix, leur adresse et leurs photos, et les agents ont accès à l’ensemble des biens disponibles sur le marché grâce au MLS. Les agents sont rémunérés en représentant l’acheteur, le vendeur, ou les deux. Notre rôle est très complet et nous sommes en relation avec tous les professionnels nécessaires à la vente. En France, le marché évolue mais reste très discret.

Est-ce difficile de se faire une place dans votre secteur aux États-Unis ?

Oui, c’est un secteur très concurrentiel. Il y a beaucoup d’agents immobiliers aux États-Unis, mais une grande partie d’entre eux réalisent très peu de transactions chaque année. Le marché est donc très concentré entre les agents qui ont construit une véritable activité. Pour réussir, je pense qu’il faut avant tout être disponible, répondre au téléphone, faire un excellent suivi et très bien connaître son métier. Il faut connaître les contrats, le marché local, les statistiques et savoir conseiller ses clients au-delà de la simple recherche d’une maison.

Et puis, il y a aussi le facteur humain : être à l’écoute, avoir une personnalité agréable et surtout créer une relation de confiance. Dans ce métier, les connaissances sont essentielles, mais la façon dont on accompagne les gens fait toute la différence. J’ai la chance que 95 % de mes clients me recontactent pour une autre transaction, parfois 10 ou 15 ans plus tard !

Quelle est votre plus belle rencontre aux États-Unis à ce jour ?

Mon mari, bien sûr ! 40 ans de bonheur, malgré une relation à distance pendant les quatre ou cinq premières années !

Parmi vos différentes expériences d’expatriée, quelle est celle qui vous a le plus appris et pourquoi ?

Je ne me suis jamais sentie expatriée. C’était juste le commencement d’une nouvelle aventure : ma vie familiale, l’achat de ma maison et un nouveau travail.

Qu’est-ce qui vous plaît le plus aux États-Unis ? Qu’est-ce qui vous plaît le moins ?

Ce qui me plaît beaucoup aux États-Unis, c’est qu’il n’y a pas vraiment une seule façon de vivre le pays. Chaque État est différent, et même d’une ville à l’autre, l’expérience peut être très différente. Dans la région de Tampa Bay, où je vis depuis plus de 30 ans, je trouve la vie particulièrement facile au quotidien. Les gens sont généralement très gentils et accessibles, les démarches administratives sont assez simples à gérer, on se sent en sécurité et il est facile de se déplacer en voiture d’un endroit à l’autre. C’est une qualité de vie que j’apprécie énormément.

En revanche, je trouve dommage que beaucoup d’Américains n’aient pas une couverture santé suffisante et que les congés soient souvent beaucoup plus limités qu’en France. Pour moi, le travail est important, mais il faut aussi avoir le temps de profiter de la vie, de voyager et de passer du temps avec sa famille.

Vous êtes-vous facilement adaptée aux États-Unis ?

C’est très facile de s’adapter à la vie en Floride : le soleil et la plage sont présents partout ! Une grosse différence avec la France est la relation aux repas. Les Américains ne restent pas à table pendant des heures autour d’un repas fait maison, et c’est pour cela que nous organisons des fêtes et des repas entre francophones ou Européens ! Je suis la présidente de l’Union des Français de l’étranger de Tampa Bay : je connais presque tout le monde, et cela permet de réunir les gens et de garder quelques habitudes de nos pays d’origine.

Racontez-nous en quelques lignes votre journée typique.

Je n’ai pas de journée typique. Je suis disponible à la dernière minute pour des visites de maisons ou des rencontres avec de nouvelles personnes. Je commence toujours par une heure de sport, et je termine la journée en cuisinant un repas tous les soirs, à la française ! Je conduis beaucoup, car je vends sur toute la région de Tampa Bay : je vais là où mes clients ont besoin de moi. Je fais beaucoup de déjeuners avec mes anciens clients et des amis.

Et je travaille avec mon fils, donc nous partageons les tâches liées à l’immobilier : je rencontre les clients, et lui fait les photos, pose les boîtes à clés et s’occupe du marketing. Cela aide beaucoup d’être une équipe.

Quels conseils donneriez-vous aux futurs francophones qui se lancent dans l’aventure aux États-Unis ?

Je rencontre beaucoup de francophones qui souhaitent venir s’installer aux États-Unis, et mon premier conseil est de bien préparer son projet avant de partir. La première étape est de consulter un bon avocat spécialisé en immigration afin de comprendre les possibilités et les démarches adaptées à sa situation. Ensuite, il faut prévoir un budget suffisant et surtout des réserves financières : beaucoup de personnes sous-estiment le coût de la vie aux États-Unis. Il est aussi important d’avoir un bon niveau d’anglais pour pouvoir travailler, faire ses démarches et s’intégrer plus facilement.

Et enfin, mon conseil le plus personnel : allez à la rencontre des Américains et créez votre propre réseau local. Ne restez pas uniquement entre francophones. Rencontrer les habitants permet de beaucoup mieux découvrir le pays et de se sentir chez soi.

Quels sont vos projets et que pouvons-nous vous souhaiter ?

Je suis ravie de ma situation actuelle et de l’équilibre que j’ai entre mon travail et ma vie personnelle. Je voudrais voyager un peu plus et passer plus de temps en Europe. Je voyage déjà beaucoup grâce à des conférences immobilières partout dans le monde, mais ce serait bien d’avoir plus de temps pour découvrir chaque pays.

 Optimisez votre fiscalité et vos investissements immobiliers entre la France et les États-Unis
Webinaire
Mardi 13 octobre 2026

Optimisez votre fiscalité et vos investissements immobiliers entre la France et les États-Unis

Mardi 13 octobre 2026 : Comment gérer la fiscalité de vos biens immobiliers et anticiper leur transmission entre la France et les États-Unis ? Olivier Sureau et Adrien Eyraud de USAFRANCE Financials répondent à vos questions en direct. Suivez cette conférence pour comprendre les impacts de la convention fiscale transfrontalière, éviter la double imposition et sécuriser votre patrimoine immobilier depuis l'étranger.
S'inscrire au webinaire

Pas disponible pour ce webinaire ?

Inscrivez-vous à la newsletter pour nos prochains événements.