Elle fascine, elle brille mais elle cache quelques secrets…

Miami tient son nom des Mayaimis, un peuple qui vivait jusqu’au XVIIIe siècle autour du lac Okeechobee, à plus de 100 km au nord : leur nom, qui voudrait dire « grande eau », est passé à la rivière Miami, puis à la ville. Fondée il y a à peine 130 ans, Miami cache plus d’un petit secret.

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Statue en bronze de Julia Tuttle à Bayfront Park dans le centre de Miami

La statue en bronze de Julia Tuttle à Bayfront Park, dans le centre de Miami. Crédit photo : Alexf (CC BY-SA 3.0)

1. Les parents de Miami

Bien avant les promoteurs, l’embouchure de la rivière Miami était le territoire des Tequestas. Au XIXe siècle, consciente de la beauté de son lopin de terre face à la baie de Biscayne, Julia Tuttle s’est rapprochée de deux grands noms de la ville de Miami, William Brickell et Henry Flagler. Ensemble, ils ont attiré l’attention sur ce qui est aujourd’hui Miami, notamment en y faisant passer une ligne de train et en y développant des hôtels. Le train de Flagler est arrivé en avril 1896, et la ville a été fondée officiellement le 28 juillet suivant. Miami est ainsi souvent présentée comme la seule grande ville des États-Unis fondée par une femme, Julia Tuttle, Mother of Miami.

Vue plongeante depuis une tour de Brickell : sur une pelouse au bord de la rivière Miami, un cercle de pierres et de végétation marque l'emplacement du site tequesta du Miami Circle, avec des yachts amarrés sur l'autre rive

Le Miami Circle, à l’embouchure de la rivière Miami : le tracé de ce site tequesta, découvert en 1998, est marqué dans un parc de Brickell. Photo recadrée. Crédit photo : EduardoValle (CC BY-SA 3.0)

2. Une île artificielle ?

Pas tout à fait. Miami Beach était à l’origine un long banc de sable recouvert de mangroves, rattaché à la terre ferme. Dans les années 1910 et 1920, le planteur John Collins puis le promoteur Carl Fisher ont défriché la mangrove, dragué la baie et remblayé : la superficie est passée d’environ 650 à 1 130 hectares, et d’un bout de terrain sans forme a émergé l’une des destinations touristiques les plus prisées au monde. Miami Beach n’est d’ailleurs devenue une île qu’en 1925, quand un chenal a été creusé au nord. Les petites îles de la baie, Star Island, Palm Island, Hibiscus Island et la plupart des Venetian Islands, sont, elles, entièrement sorties de l’eau. Comme quoi il ne faut pas se fier aux apparences… Surtout à Miami Beach.

Carte postale colorisée vers 1915 : la drague à vapeur Davis sur la baie, derrière un long remblai de sable fraîchement déversé où posent trois hommes en costume clair

Carte postale vers 1915 : la drague Davis au travail sur le remblai de 3 millions de yards cubes d’Ocean Beach, le futur Miami Beach. Crédit photo : American News Co. (domaine public)

Photo en noir et blanc de 1919 : Collins Avenue, route de terre presque déserte bordée de jeunes palmiers et de rares maisons, à Miami Beach

Collins Avenue à Miami Beach en 1919, quelques années après le remblai. Crédit photo : State Archives of Florida (domaine public)

3. Une belle situation

Plus grande métropole de Floride, avec 6,4 millions d’habitants, Miami serait aussi la seule grande ville des États-Unis bordée par deux parcs nationaux, Biscayne National Park et l’Everglades National Park. Sa situation très au sud et aux portes de l’Amérique du Sud et des Caraïbes lui permet d’ailleurs d’avoir le plus grand port de croisière au monde : PortMiami a dépassé pour la première fois les 10 millions de passagers (embarquements et débarquements) sur l’année close en septembre 2026. Et ses eaux turquoise n’attirent pas que les touristes… Selon la légende, Miami était réputée au temps des pirates, qui venaient y enfouir leurs trésors.

Vue aérienne de PortMiami : cinq paquebots de croisière alignés à quai devant les terminaux de Dodge Island, avec au-delà de la chaussée deux îles résidentielles artificielles dans la baie de Biscayne

Paquebots à quai à PortMiami, sur Dodge Island ; au-delà de la MacArthur Causeway, des îles artificielles de la baie de Biscayne. Crédit photo : Fernando Jorge (licence Unsplash)

4. De l’art ? Oui, mais déco !

Apparu juste avant la Première Guerre mondiale, le style Art déco arrive de France et s’est ensuite propagé dans différents pays jusque dans les années 40. Même si, aux États-Unis, New York, Los Angeles ou Chicago ont aussi leur lot de bâtiments Art déco, c’est Miami Beach qui remporte la palme, puisqu’avec plus de 800 bâtiments, SoBe possède la plus grande collection de ce genre au monde.

Hôtels Art déco aux façades pastel le long d'Ocean Drive, à South Beach, avec palmiers et voitures garées

Les hôtels Art déco d’Ocean Drive, à South Beach (Miami Beach). Crédit photo : Massimo Catarinella (CC BY-SA 3.0)

Grand thermomètre à cadran marqué Miami Beach, gradué de 20 à 110 degrés Fahrenheit, sur une stèle en pierre beige devant des palmiers

Le thermomètre géant de Miami Beach, gradué en degrés Fahrenheit. Crédit photo : oneinchpunch / Depositphotos (licence Depositphotos)

5. À Miami, le soleil me réussit

Avec plus de 3 100 heures de soleil par an, une température moyenne de 25 °C, et 29 °C en juillet et en août, inutile de préciser que Miami attire plus d’un adepte du dieu Soleil et de la chaleur. Rien d’étonnant à ce que Miami ait vu naître l’une des marques de crème solaire les plus connues au monde, Coppertone. Son inventeur, Benjamin Green, un pharmacien installé à Miami, aurait mis au point sa lotion en 1944 à partir du « red vet pet », une pâte rouge que l’armée américaine distribuait à ses soldats contre les coups de soleil dans le Pacifique. La fillette de Coppertone, dont un petit chien tire le maillot, veille toujours sur Biscayne Boulevard : installée en 1959, son enseigne animée a été restaurée et réinstallée en 2008. Mais les Français avaient pris de l’avance : Eugène Schueller, le fondateur de L’Oréal, avait lancé l’Ambre Solaire dès 1935.

L'enseigne historique Coppertone sur la façade d'un immeuble de Biscayne Boulevard : une fillette blonde dont un petit chien tire le maillot, au-dessus du mot COPPERTONE en lettres jaunes, entre des palmiers

L’enseigne de la Coppertone Girl, réinstallée en 2008 sur Biscayne Boulevard, dans le quartier MiMo. Crédit photo : Paolo Gamba (CC BY 2.0)

Miami is always a good idea.

Crédit photo en-tête : Robbschultz69 (CC BY-SA 4.0)

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