Ouvrir un bar ou un restaurant aux États-Unis : les étapes pour réussir son projet

Salle de restaurant-bar avec fauteuils, grand comptoir et suspensions

Un conseil de Manuel Fontaine, fondateur de SpeakEasy USA, membre du French District

Ouvrir un bar ou un restaurant aux États-Unis demande une préparation rigoureuse et une bonne compréhension du marché américain. Manuel Fontaine, fondateur de SpeakEasy USA, détaille les étapes clés pour structurer son projet et réussir son implantation.

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Créer un bar ou un restaurant aux États-Unis est un projet enthousiasmant, mais qui demande une préparation particulièrement rigoureuse lorsqu’on arrive de France. Le marché, les habitudes de consommation, les coûts, la recherche d’un local ou encore l’organisation opérationnelle répondent à des logiques parfois très différentes de celles que nous connaissons en Europe.

Je suis Manuel Fontaine, fondateur de SpeakEasy USA. Depuis plus de 14 ans, j’accompagne des entrepreneurs dans la création, l’ouverture et le développement d’établissements et de réseaux de bars et restaurants, avec notamment l’expérience du développement d’un réseau ayant dépassé 50 points de vente. Voici les principales étapes que je recommande de travailler avant de se lancer dans un projet de bar ou restaurant aux États-Unis.

1. Ne commencez pas par chercher un local

C’est probablement l’une des erreurs les plus fréquentes. Lorsqu’un entrepreneur souhaite s’installer aux États-Unis, la recherche du local est souvent la première démarche concrète : on regarde les annonces, on visite des quartiers, puis on tombe sur un emplacement qui semble idéal.

Pourtant, le local devrait être la conséquence du projet et non son point de départ. Avant toute recherche, il faut être capable de répondre à quelques questions simples :

  • Quel est le concept ?
  • À quelle clientèle s’adresse-t-il ?
  • Quel sera le ticket moyen ?
  • Quelle surface est réellement nécessaire ?
  • Combien de personnes faudra-t-il pour exploiter l’établissement ?
  • Quel chiffre d’affaires doit-il générer pour être rentable ?

Un restaurant nécessitant 150 couverts par jour n’a évidemment pas les mêmes besoins qu’un coffee shop, un bar à cocktails ou un concept de restauration rapide. Le bon local n’est donc pas nécessairement le plus beau. C’est celui dont le coût, l’emplacement, la surface et les contraintes techniques sont compatibles avec le modèle économique.

Vitrine d'un local commercial vide

Un local vide séduit vite : le modèle économique doit passer avant. Photo : Nick Russill (Unsplash)

2. Construisez d’abord le modèle économique

Avant de parler décoration, logo ou carte, il faut savoir si le projet peut fonctionner financièrement. Il faut établir un budget réaliste comprenant non seulement les travaux et les équipements, mais également le dépôt de garantie, les honoraires, les licences, les premières commandes, la communication de lancement, les recrutements et surtout la trésorerie nécessaire aux premiers mois d’exploitation.

Beaucoup de projets sous-estiment cette dernière partie. Un établissement peut être correctement conçu et rencontrer sa clientèle tout en ayant besoin de plusieurs mois pour atteindre son rythme de croisière. Commencer l’activité sans réserve financière suffisante peut transformer un simple décalage de trésorerie en véritable difficulté.

Le prévisionnel doit donc être utilisé comme un outil de décision et non simplement comme un document destiné à une banque ou à un investisseur.

Bureau avec calculatrice et carnet pour chiffrer un projet de restaurant

Chiffrer le projet avant de signer quoi que ce soit. Photo : Jakub Żerdzicki (Unsplash)

3. Adaptez votre concept au marché américain

Un concept qui fonctionne en France ne doit pas nécessairement être reproduit à l’identique aux États-Unis. Certaines idées sont parfaitement transposables, mais les attentes en matière de service, d’horaires, de portions, de prix, de consommation ou d’expérience client peuvent différer fortement selon les États et même selon les villes.

Il est donc indispensable d’étudier la zone dans laquelle on envisage de s’implanter : population, concurrence, pouvoir d’achat, flux, habitudes locales, saisonnalité et projets déjà présents. L’objectif n’est pas d’abandonner l’identité française du projet. Elle peut au contraire constituer un formidable élément de différenciation. Il faut simplement s’assurer que le concept réponde à une demande réelle du marché américain.

Salle d'un diner américain

Codes, portions, service : la clientèle américaine a ses attentes. Photo : Jon Tyson (Unsplash)

4. Analysez le local au-delà de son emplacement

Un local très bien placé peut devenir une mauvaise affaire s’il nécessite des investissements techniques disproportionnés. Avant de s’engager, il faut notamment étudier les possibilités de restauration, les équipements existants, les besoins en extraction, l’électricité, la plomberie, l’accessibilité, la capacité d’accueil ou encore les contraintes liées à l’activité envisagée.

La possibilité d’exploiter réellement le concept doit être vérifiée avant la signature définitive. C’est particulièrement important dans la restauration : transformer un ancien restaurant correctement équipé peut avoir un impact très différent sur le budget par rapport à la transformation complète d’un local auparavant destiné à une autre activité.

Vous avez un projet de bar ou de restaurant aux États-Unis ? SpeakEasy USA accompagne les entrepreneurs francophones de l’idée à l’ouverture. Présentez votre projet à Manuel Fontaine →

5. Entourez-vous des bons professionnels

Créer une activité aux États-Unis lorsqu’on vient de France implique également d’accepter que certaines habitudes et certains réflexes doivent être réappris. Avocats, accountants, brokers, contractors, professionnels des licences ou fournisseurs : les interlocuteurs sont nombreux. L’enjeu n’est pas uniquement de trouver des prestataires, mais de savoir dans quel ordre les faire intervenir et quelles questions leur poser.

Il faut également distinguer l’accompagnement lié à la création et à l’exploitation de l’entreprise des questions d’immigration. Le projet entrepreneurial et le statut permettant de vivre ou travailler aux États-Unis sont deux sujets qui doivent être coordonnés avec les professionnels compétents.

6. Pensez à l’exploitation avant même l’ouverture

L’ouverture n’est pas la fin du projet : c’est le début de l’entreprise. Les procédures opérationnelles, les fournisseurs, le recrutement, la formation, la carte, la gestion des stocks, les achats, le pricing, les outils de suivi et la communication devraient être préparés suffisamment tôt.

Plus ces éléments sont anticipés, plus le dirigeant pourra se concentrer dès l’ouverture sur le pilotage de l’entreprise, le management des équipes, le suivi des performances et le développement de l’activité.

Après plus de 14 ans dans ce secteur, j’ai constaté qu’une grande partie des difficultés rencontrées après une ouverture ne vient pas nécessairement du concept lui-même, mais d’un manque de préparation opérationnelle.

Cuisiniers en plein service dans un restaurant

Recrutement, procédures, fournisseurs : l’exploitation se prépare avant l’ouverture. Photo : Willian Justen de Vasconcellos (Unsplash)

7. Prévoyez également l’après-ouverture

Un bon concept peut toujours être amélioré. Les premières semaines permettent de confronter les hypothèses du business plan à la réalité : fréquentation, ticket moyen, produits les plus demandés, horaires performants, coût matière, productivité des équipes ou efficacité des actions marketing. Il faut pouvoir analyser ces informations rapidement et ajuster l’activité.

C’est également l’une des raisons pour lesquelles nous développons chez SpeakEasy nos propres outils digitaux, notamment Franchease, afin de faciliter le suivi commercial, la communication et le développement des établissements et des réseaux.

La technologie ne remplace évidemment pas l’expérience du terrain, mais elle permet de structurer et de suivre beaucoup plus facilement l’activité.

8. Enfin : ne cherchez pas à tout faire seul

Pour quelqu’un qui prépare en parallèle son installation aux États-Unis, créer une entreprise et ouvrir un établissement représente énormément de sujets à traiter simultanément. Il est parfaitement possible de piloter son projet, mais il faut conserver une vision globale et savoir déléguer certaines étapes à des spécialistes.

Chez SpeakEasy USA, notre rôle est justement d’accompagner les porteurs de projets depuis les premières réflexions jusqu’à l’ouverture : concept, étude, business plan, implantation, organisation, fournisseurs, équipements, préparation opérationnelle et lancement.

L’objectif n’est pas de prendre la place de l’entrepreneur mais de lui permettre de prendre ses décisions avec davantage d’informations, de visibilité et d’expérience.

Un projet de bar ou de restaurant aux États-Unis commence donc bien avant la signature d’un bail. Plus les choix structurants sont travaillés en amont, plus l’entrepreneur augmente ses chances de construire un établissement cohérent, maîtrisé et durable.

Pour les lecteurs de French District qui réfléchissent à un projet de bar ou restaurant aux États-Unis, SpeakEasy USA propose un premier échange afin de faire le point sur le projet, son niveau d’avancement et les principales étapes à anticiper.

Contacter SpeakEasy USA

SpeakEasy USA LLC

941 West Morse Blvd
Suite 100

Winter Park, FL 32789

Crédit photo en-tête : ASR Design Studio (Unsplash)

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