Docteur ici, docteur là-bas?

Vous décidez de partir vivre au Canada ? Afin d’être le plus compétitif sur le marché du travail canadien, il peut être intéressant de se pencher sur l’équivalence des diplômes entre la France et le Canada. On va commencer par une mauvaise nouvelle : il n’existe pas d’équivalence juridique entre un diplôme français et un diplôme canadien (et québécois). Mais heureusement, l’entente franco-québécoise signée le 17 octobre 2008 entre Jean Charest – Premier ministre de l’époque et Nicolas Sarkozy alors Président de la République convient d’une procédure commune de reconnaissance des qualifications professionnelles et de validation des études (ouf). Alors concrètement, comment ça marche ?

La reconnaissance du diplôme par un employeur : L’évaluation comparative des études

Si vous possédez un diplôme de votre pays d’origine et que vous souhaitez savoir s’il à son diplôme équivalent au Canada, vous devez déposer une demande d’évaluation comparative des études effectuées hors Québec.

Ce document est un avis d’expert délivré par le Ministère de l’Immigration, de la Francisation et de l’Intégration du Canada. Il établit une comparaison générale entre les deux systèmes éducatifs officiels. Attention, cette évaluation n’est pas une équivalence de diplômes mais donne une indication aux employeurs canadiens, qui restent souverains dans leur décision d’embaucher ou pas.

Cette évaluation comparative n’est pas obligatoire. Cependant, elle est utilisée pour l’accès aux emplois de la fonction publique municipale, provinciale ou fédérale au Québec.

Bon à savoir : L’évaluation comparative n’est pas obligatoire pour soumettre une demande d’immigration au Canada. Plus généralement, les démarches en reconnaissance de diplômes ne remplacent pas les démarches d’immigration. Vous demeurez donc responsables d’obtenir auprès des services d’immigration canadiens, le titre de séjour adéquat.

En savoir plus sur les formalités d’immigration au Canada.

La reconnaissance par les établissements d’enseignement au Canada

Le Québec prend en considération les compétences acquises dans votre pays d’origine ou à l’étranger, ce qui évite d’avoir à repasser un diplôme québécois similaire. Si vous voulez faire reconnaître vos compétences au Québec pour compléter vos études, vous pouvez vous dirigez vers Qualifications Québec. Il s’agit d’un portail gratuit, unique et universel d’informations pour trouver les ressources utiles, les services pertinents et les programmes de formation les plus adaptés et ce, dans les enseignements de toutes les régions du Québec et pour tous niveaux de diplômes (secondaire professionnel, collégial, universitaire).

Pour les études dans le secondaire professionnel, il existe des programmes spécifiques pour bénéficier de la démarche de Reconnaissance des Acquis et des Compétences (RAC) au Canada. Cette procédure permet de déterminer les compétences déjà acquises et celles qu’il vous reste à acquérir pour décrocher un emploi au Québec.

C’est encore plus facile pour les études universitaires, car bon nombre d’universités adoptent une politique de reconnaissance des compétences.

La reconnaissance par les organismes de réglementation

Certaines professions au Québec sont réglementées, tout comme en France. Dès lors, vous devrez faire connaitre votre formation auprès de l’organisme de réglementation compétent qui peut être notamment :

  • Un ordre professionnel (par ex pour un docteur, un infirmier…)
  • Une autorité des marchés financiers (secteur des assurances)
  • Ministère de l’Éducation et de l’Enseignement supérieur (enseignement)
    etc…

C’est cet organisme qui vous délivrera un permis et un titre équivalent. La pratique d’une activité réglementée par un ordre professionnel implique votre adhésion à cet ordre.

Attention, ce n’est parfois pas aussi simple. Certains organismes de réglementation et ordres professionnels au Québec peuvent exiger des formations, examens ou stages complémentaires ou ne reconnaître qu’une partie seulement de vos diplômes ou formations. En effet, sur les 3661 personnes qui ont tenté de faire reconnaître leur équivalence de diplôme ou de formation acquise à l’extérieur du Québec en 2019, seulement 35 % ont obtenu une reconnaissance complète. D’autres organismes peuvent vous demander de réaliser une Étude Comparative des études effectuées hors du Québec (voir plus haut).

En résumé :

  • Il ne faut pas obligatoirement une reconnaissance des diplômes au Canada. En effet, les employeurs canadiens mettent en valeur votre expérience professionnelle davantage que vos diplômes.
  • On vous demande cette reconnaissance de diplôme dans le cas où votre profession est réglementée ou si vous souhaitez poursuivre vos études au Canada.

On finit par une bonne nouvelle : 1,4 millions d’emplois seront à pourvoir au Québec d’ici 2026, notamment en raison du départ à la retraite des baby-boomers… Alors on vous souhaite bonne chance !

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