Mémoire de Floride : en octobre 2005, Wilma surprenait tout le sud de la Floride

Le 24 octobre 2005, l’ouragan Wilma traverse la Floride d’ouest en est en quelques heures seulement. À Miami, les tours de Downtown perdent leurs vitres et des millions de foyers restent privés d’électricité pendant des jours. Une fois le vent tombé, nous avions sorti l’appareil photo. Retour en images sur un ouragan que beaucoup de Floridiens n’ont pas oublié.

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Nous nous étions endormis sur nos lauriers

Deux mois plus tôt, le 25 août, l’œil de Katrina était passé au-dessus de nous. En Floride, ce n’était encore qu’un ouragan de catégorie 1, qui avait fait peu de dégâts avant de dévaster La Nouvelle-Orléans. Alors un ouragan de catégorie 2, arrivant par l’ouest et qui devait traverser toute la péninsule avant d’atteindre Miami, ne nous faisait pas peur : il n’en resterait pas grand-chose. Nous nous sommes bien fait avoir. Il faut dire que 2005 était la saison de tous les records : 28 tempêtes, 15 ouragans et, pour la première fois, quatre ouragans de catégorie 5 la même année. Wilma portait le dernier nom de la liste ; les tempêtes suivantes ont dû emprunter l’alphabet grec.

Image satellite infrarouge de l'ouragan Wilma au-dessus du sud de la Floride, 24 octobre 2005 (NOAA, GOES-12)

Wilma au-dessus du sud de la Floride le 24 octobre 2005 à 7 h 32, une heure après son arrivée à Cape Romano. Crédit photo : NOAA (domaine public)

Quelques jours plus tôt, dans la mer des Caraïbes, il avait pulvérisé le record d’intensification de l’Atlantique en passant de tempête tropicale à ouragan de catégorie 5 en une journée. Dans le golfe du Mexique, il s’est renforcé de nouveau et a accéléré. Entré à Cape Romano, au sud de Naples, en catégorie 3 vers 6 h 30, il a traversé la Floride en quatre heures et demie, à près de 45 km/h, sans avoir le temps de s’affaiblir vraiment. À peine ressorti près de Jupiter, il est repassé en catégorie 3 au-dessus de l’Atlantique. Plus de 3,2 millions de clients de FPL se sont retrouvés sans électricité, du jamais vu pour la compagnie. Dans tout le sud de la Floride, la surprise a été totale.

Au Grand View Palace de North Bay Village, où la plupart de ces photos ont été prises, nous avons été des miraculés : autour de notre appartement, toutes les unités ont eu leurs vitres brisées, des dégâts des eaux et une bonne partie de leurs affaires à jeter. En 2026, Isaias a rappelé la même leçon : formé le 6 octobre dans le golfe du Mexique, il était ouragan majeur trois jours plus tard.

Après l’ouragan, vivre dans les dégâts

Un ouragan fait peur, mais il passe en quelques heures. Le plus pénible commence ensuite, quand il faut vivre au milieu des dégâts, parfois pendant des semaines.

  • Sans électricité. Downtown a retrouvé le courant en deux jours environ, Miami Beach en une semaine, et certains quartiers ont attendu plus de trois semaines. Pas de climatisation, un réfrigérateur à vider, des ascenseurs arrêtés : dans les tours, des personnes âgées sont restées bloquées dans les étages. Dans de nombreux secteurs, il fallait aussi faire bouillir l’eau du robinet.
  • Le soir et la nuit. Les rues étaient plongées dans le noir, et le comté de Miami-Dade a décrété un couvre-feu de 20 h à 6 h.
  • Circuler. Au lendemain de l’ouragan, 18 feux de circulation sur 2 600 fonctionnaient dans le comté. Le Metrorail a été arrêté au moins deux jours, et les routes étaient encombrées de branches et de débris.
  • L’essence, l’eau et la glace. Beaucoup de stations-service n’avaient plus de courant pour pomper, et devant les autres la file s’étirait sur plusieurs pâtés de maisons. À l’Orange Bowl, la file des voitures venues chercher de l’eau et de la glace dépassait 800 mètres.
  • Les écoles. Les écoles publiques de Miami-Dade sont restées fermées jusqu’au 3 novembre, dix jours après l’ouragan, celles de Broward et de Palm Beach jusqu’au 7 novembre.
  • Des semaines sans fenêtres. Nos voisins ont vécu des semaines avec du contreplaqué à la place des vitres avant de retrouver une vie normale.
  • L’entraide. Sur le tableau d’affichage de l’immeuble, une note invitait tous les résidents à un dîner, le 29 octobre, préparé avec des dons de nourriture (dernière photo).

Octobre, le mois des surprises

La saison 2026 l’a montré : aucun ouragan ne s’était formé dans l’Atlantique avant le 8 octobre, une date aussi tardive qu’en 1905. Isaias est pourtant devenu ouragan majeur dans le golfe du Mexique. Il a touché terre près de Destin, dans le Panhandle, le soir du 9 octobre 2026, en catégorie 2, et des centaines de milliers de foyers se sont retrouvés sans électricité en Floride, en Alabama et en Géorgie. La saison des ouragans court jusqu’au 30 novembre, et octobre reste un mois à surveiller : Wilma en 2005, Milton en 2024, Isaias en 2026.

Pour être prêt

Avant la tempête, pensez aussi à l’après : faites le plein d’essence, retirez de l’argent liquide et prévoyez de l’eau potable et de quoi tenir plusieurs jours sans électricité.

Nos photos

Crédit photo en-tête : Ben B. / French District

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