Équivalents, vente libre et règles pour voyager avec ses médicaments.

Doliprane, Smecta, Toplexil : les noms changent dans les pharmacies américaines, et certains médicaments n’y existent pas. Les équivalents de vos médicaments français, ce qui se vend sans ordonnance aux États-Unis et les règles pour voyager avec votre traitement, à vérifier toujours avec un médecin ou un pharmacien.

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Petit lexique de la pharmacie made in US

Aux États-Unis, on distingue les médicaments en vente libre (Over the counter ou OTC) et ceux uniquement délivrés sur ordonnance médicale (Prescription ou Rx). Entre les deux, quelques produits en vente libre sont rangés derrière le comptoir et se demandent au pharmacien, pièce d’identité à l’appui : c’est le cas des décongestionnants à la pseudoéphédrine (voir plus bas).

Si vous avez un doute sur un produit, si vous n’arrivez pas à choisir (ou à traduire) pour construire votre trousse de médicaments, interrogez les blouses blanches qui œuvrent derrière le comptoir du fond de votre CVS ou Walgreens. C’est là aussi que vous devez vous adresser pour la délivrance d’une ordonnance médicale : le pharmacist prépare votre traitement pour le nombre de jours prescrit et vous le remet dans un flacon étiqueté à votre nom. Cet article donne des repères pour s’orienter dans les rayons ; il ne remplace pas l’avis d’un médecin ou d’un pharmacien, en particulier pour un enfant, une femme enceinte ou une personne qui suit déjà un traitement.

Lire aussi : L’assurance santé aux États-Unis

Bon à savoir

  • De nombreux médicaments prescrits sur ordonnance en France sont ici en vente libre, et inversement. La crème à l’hydrocortisone dosée à 1 % est en vente libre aux États-Unis (Cortizone-10, par exemple), alors qu’en France seules les crèmes à 0,5 % le sont.
  • Les dosages ne sont pas les mêmes. Le Tylenol « Extra Strength » contient 500 mg de paracétamol par comprimé, et sa notice limite la prise à 6 comprimés (3 g) par 24 heures, sauf avis médical.
  • Les prix des médicaments sont plus élevés aux États-Unis, surtout pour les médicaments de marque : en 2022, ils y coûtaient en moyenne 4,22 fois plus cher que dans 33 autres pays de l’OCDE, selon une étude de la RAND Corporation publiée en 2024. Les génériques, qui représentent 90 % des ordonnances américaines, y sont en revanche moins chers en moyenne. Ce que vous payez au comptoir dépend surtout de votre assurance santé.
Comptoir de pharmacie d'un CVS sous une grande enseigne rouge Pharmacy, avec les guichets de dépôt et de retrait des ordonnances, entre des rayons de produits en vente libre

Au fond du drugstore, le comptoir de la pharmacie, ici dans un CVS de South Beach en juillet 2025 : on y dépose l’ordonnance (drop off) et on y retire ses médicaments. Crédit photo : Phillip Pessar (CC BY 4.0)

Barres des prix américains des médicaments en 2022, sur une base 1 pour l'autre pays : face aux 33 pays de l'OCDE, 2,78 pour l'ensemble, 4,22 pour les médicaments de marque, 0,67 pour les génériques ; face à la France, 3,26, 4,45 et 0,53 ; les génériques font 90 % des ordonnances américaines
Prix des médicaments en 2022, aux États-Unis et dans les autres pays. Source : RAND Corporation pour le ministère américain de la Santé (ASPE), février 2024. Infographie : French District, licence CC BY-NC-SA 4.0.

Des médicaments français sans équivalent américain

  • Vous chercherez longtemps du TOPLEXIL contre la toux sèche dans les rayons des drugstores américains : l’oxomémazine, sa substance active, n’est pas autorisée aux États-Unis. En vente libre en France, elle y est contre-indiquée avant 2 ans. Aux États-Unis, la toux sèche se traite sans ordonnance avec le dextrométhorphane (Delsym, Robitussin DM, voir plus bas).
  • L’OTIPAX, gouttes auriculaires antalgiques et anesthésiantes (phénazone et lidocaïne), n’a pas d’équivalent autorisé par la FDA : en 2015, l’agence a ordonné le retrait des gouttes pour l’oreille non approuvées, dont celles à l’antipyrine (autre nom de la phénazone) et à la benzocaïne. Une douleur d’oreille, surtout chez l’enfant, mérite de toute façon un avis médical.
  • Les collutoires français, comme l’HEXASPRAY (biclotymol), sont introuvables dans les drugstores. On y trouve d’autres sprays pour la gorge en vente libre, comme le Chloraseptic (au phénol), et des pastilles.
  • Pour les poux, les traitements en vente libre aux États-Unis sont à base de perméthrine (Nix) ou de pyréthrines, et, depuis octobre 2020, la lotion à l’ivermectine Sklice, autorisée dès 6 mois. Le malathion, qui n’est plus commercialisé en France, existe ici sur ordonnance (Ovide), comme le spinosad (Natroba).
  • La cystite se traite par antibiotique, sur ordonnance des deux côtés de l’Atlantique. La fosfomycine en dose unique (MONURIL en France, à 5,62 € la boîte en octobre 2026) existe aussi aux États-Unis en générique, sur prescription. En cas de symptômes, consultez un médecin plutôt que de vous traiter seul.

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Quelques équivalents de médicaments français

Tableau de 14 médicaments français avec leur molécule, leur équivalent américain et leur statut dans les deux pays ; cinq ont le même statut des deux côtés, l'hydrocortisone à 1 %, la pseudoéphédrine et le malathion changent de statut, et Spasfon, Smecta, Toplexil, Mucomyst, Otipax et Hexaspray n'ont pas d'équivalent aux États-Unis
Équivalents et statuts relevés en octobre 2026. Sources : ANSM (base publique des médicaments), DailyMed, FDA, DEA. Infographie : French District, licence CC BY-NC-SA 4.0.

Pour la fièvre et les douleurs

Doliprane

TYLENOL est l’équivalent du Doliprane et des autres médicaments à base de paracétamol, que les Américains appellent acetaminophen. À notre connaissance, on ne le trouve pas en comprimés effervescents dans les pharmacies américaines. Comme tous les produits en vente libre, il se vend en pharmacie, mais aussi au supermarché et à la station-service. Attention : de nombreux médicaments contre le rhume (DayQuil, NyQuil…) contiennent aussi du paracétamol, à ne pas cumuler. En septembre 2025, la FDA a engagé une modification de la notice du paracétamol pour signaler un lien possible entre sa prise pendant la grossesse et l’autisme, en précisant qu’aucun lien de cause à effet n’est établi : la décision de la FDA. Enceinte, demandez conseil à votre médecin.

Spasfon

Le phloroglucinol n’existe pas aux États-Unis, et il n’y a pas d’équivalent en vente libre. Le Tylenol peut soulager la douleur ; si elle persiste, consultez.

Aspegic

Son équivalent américain est l’aspirine, dont la marque la plus connue est Bayer. On la trouve sous forme de comprimés à avaler ou à croquer, contre la fièvre et la douleur. La notice américaine la déconseille aux enfants et aux adolescents qui ont ou sortent de la varicelle ou d’un syndrome grippal (risque de syndrome de Reye).

Nurofen

Les médicaments à base d’ibuprofène (ibuprofen) sont en vente libre dans les pharmacies de type CVS, en comprimés ou capsules de 200 mg. Les marques les plus connues sont Advil et Motrin.

Pour la digestion

Smecta

Il n’existe pas d’équivalent du Smecta (diosmectite, une argile) contre la diarrhée. Les produits Gas-X et Phazyme, parfois cités comme équivalents, contiennent de la siméticone et agissent contre les gaz, pas contre la diarrhée. En France, l’ANSM déconseille d’ailleurs le Smecta avant 2 ans depuis 2019 (traces possibles de plomb) et rappelle que la solution de réhydratation orale reste le traitement de référence de la diarrhée du jeune enfant.

Imodium

Vous trouverez ce médicament antidiarrhéique (lopéramide) sous le nom d’Imodium A-D dans la plupart des pharmacies de type CVS. Sa notice l’interdit avant 2 ans.

Maux d’estomac

Pour les maux d’estomac, les brûlures gastriques et la diarrhée, les Américains prennent du PEPTO-BISMOL (sous-salicylate de bismuth). Comme l’aspirine, il est déconseillé aux enfants et aux adolescents qui ont ou sortent de la varicelle ou d’un syndrome grippal ; avant 12 ans, demandez l’avis d’un médecin.

Réhydratation

En cas de vomissements ou de diarrhée, PEDIALYTE est une solution de réhydratation orale vendue partout. Pour un nourrisson, appelez le pédiatre sans attendre.

Pour la toux et le rhume

Toplexil

Étagères de sirops et de boîtes contre le rhume et la toux en vente libre, de plusieurs marques, avec leurs étiquettes de prix

Le rayon toux et rhume de la pharmacie d’un supermarché, en décembre 2025 : sirops, comprimés et sprays, tous en vente libre. Crédit photo : Tessa Bury (CC BY 4.0)

Ce médicament antitussif antihistaminique n’a pas d’équivalent aux États-Unis. Contre la toux sèche, vous trouverez sans ordonnance le dextrométhorphane, par exemple le Delsym (sirop à action prolongée, interdit avant 4 ans selon sa notice) ou le ROBITUSSIN DM.

Mucomyst

L’acétylcystéine du Mucomyst n’est pas vendue aux États-Unis comme fluidifiant contre la toux. Le Mucinex, souvent cité comme équivalent, contient une autre molécule, la guaïfénésine, un expectorant pour les toux grasses. Le ROBITUSSIN classique en contient aussi.

Humex Rhume

En France, les médicaments contre le rhume à base de pseudoéphédrine (Humex Rhume, Actifed Rhume, Dolirhume…) ne sont plus délivrés que sur ordonnance depuis le 11 décembre 2024, en raison de risques rares mais graves d’infarctus et d’AVC, selon l’ANSM.

Aux États-Unis, la pseudoéphédrine (Sudafed) reste en vente libre, mais derrière le comptoir : il faut présenter une pièce d’identité avec photo, et la loi fédérale limite les achats à 3,6 g par jour et 9 g par période de 30 jours. La notice demande l’avis d’un médecin en cas de maladie cardiaque, d’hypertension, de diabète ou de maladie de la thyroïde.

En rayon, les produits contre le rhume les plus connus sont DayQuil et NyQuil. Le DayQuil Cold & Flu associe paracétamol, dextrométhorphane et phényléphrine ; le NyQuil Cold & Flu remplace la phényléphrine par un antihistaminique qui fait dormir, la doxylamine. Or la phényléphrine par voie orale, présente aussi dans le Sudafed PE, a été jugée inefficace comme décongestionnant par un comité d’experts de la FDA en septembre 2023. En novembre 2024, la FDA a proposé de la retirer des médicaments en vente libre ; en octobre 2026, la décision n’était pas encore définitive et ces produits restaient en vente.

Sérum physiologique

Le sérum physiologique est bien vendu aux États-Unis, notamment en spray nasal sous la marque Simply Saline, autour de 10 $ le flacon en octobre 2026. De l’eau et du sel à prix d’or.

Pour la peau, les muscles et les piqûres

  • Pour les douleurs musculaires ou articulaires : les crèmes au salicylate de trolamine, comme MYOFLEX ou Aspercreme.
  • Pour les démangeaisons et les piqûres d’insectes : les crèmes, gels et sprays BENADRYL à appliquer sur la peau, et le large choix de crèmes à l’hydrocortisone (jusqu’à 1 %) en vente libre. Les comprimés de Benadryl (diphénhydramine) soulagent les allergies mais font fortement dormir, et sont interdits avant 6 ans selon leur notice.
  • Pour les brûlures superficielles et les coups de soleil : la BIAFINE existe aux États-Unis, mais pas en pharmacie. Depuis avril 2026, son fabricant la vend en ligne, notamment sur Amazon, comme produit cosmétique (Biafine Skin Recovery Emulsion), alors qu’en France c’est un médicament en vente libre : l’annonce du fabricant.

Homéopathie

Il est assez difficile de trouver des médicaments homéopathiques aux États-Unis, mais les produits du laboratoire Boiron, dont l’arnica, se trouvent facilement dans les pharmacies de type CVS. La FDA précise qu’aucun produit homéopathique n’a été approuvé par ses services.

Nouveau en vente libre depuis 2023

  • Naloxone : depuis le 29 mars 2023, le spray nasal Narcan (4 mg), qui sert à traiter en urgence une overdose d’opioïdes, se vend sans ordonnance. Il ne remplace pas l’appel au 9-1-1.
  • Contraception : depuis le 13 juillet 2023, la pilule progestative Opill (norgestrel) est la première pilule quotidienne autorisée sans ordonnance aux États-Unis. Ce n’est pas une contraception d’urgence.

Que ramener de France ?

Quelques médicaments courants en France n’ont pas d’équivalent dans les pharmacies américaines. Si vous en avez l’habitude, glissez-les dans votre valise, dans leur emballage d’origine et en quantité raisonnable (voir les règles ci-dessous), après en avoir parlé à votre médecin ou à votre pharmacien :

  • le Spasfon (phloroglucinol), contre les douleurs spasmodiques, qui n’existe pas aux États-Unis ;
  • le Smecta (diosmectite), contre la diarrhée, sans équivalent américain, et déconseillé avant 2 ans ;
  • le Toplexil (oxomémazine), contre la toux sèche, dont la substance n’est pas autorisée aux États-Unis ;
  • l’Otipax, gouttes contre la douleur d’oreille, sans équivalent autorisé par la FDA ;
  • les collutoires comme l’Hexaspray, introuvables dans les drugstores.

Les médicaments sur ordonnance en France, eux, ne se ramènent qu’avec l’ordonnance et pour votre usage personnel.

Voyager avec ses médicaments

Avant de partir, la trousse à pharmacie de voyage se prépare comme le reste des préparatifs de votre séjour. Les règles de la douane américaine, CBP, et de la FDA pour un visiteur étranger, relevées en octobre 2026 :

  • Déclarez vos médicaments à l’arrivée.
  • Gardez-les dans leur emballage d’origine, avec l’ordonnance ou une lettre de votre médecin, de préférence en anglais, qui explique pourquoi vous en avez besoin.
  • N’emportez que la quantité nécessaire pour votre séjour, au plus l’équivalent de 90 jours de traitement. Pour un séjour plus long, le complément peut vous être envoyé, avec une copie du passeport et du visa, de l’ordonnance et de la lettre du médecin.
  • Les substances contrôlées relèvent aussi de la DEA : c’est le cas, aux États-Unis, du zolpidem, du tramadol ou des associations de paracétamol et de codéine. Renseignez-vous avant le départ.
  • En cabine, la TSA accepte les médicaments liquides au-delà de la limite des liquides, en quantité raisonnable pour le voyage, à condition de les signaler au contrôle.

Ces règles visent les visiteurs étrangers. Un citoyen américain, et un titulaire de la green card, ne peuvent en principe pas rapporter de médicaments achetés à l’étranger, sauf exceptions prévues par la FDA. Si vous vous installez, mieux vaut faire prescrire votre traitement par un médecin sur place, une étape de la check-list de l’expatriation.

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Schéma en cinq étapes : garder l'emballage d'origine, avoir l'ordonnance en anglais, pas plus de 90 jours de traitement, attention aux substances contrôlées, déclarer ses médicaments au contrôle et à la douane ; un encadré précise le cas des citoyens américains et des titulaires de la carte verte
Règles pour un visiteur étranger, relevées en octobre 2026. Sources : CBP, FDA, TSA, DEA. Infographie : French District, licence CC BY-NC-SA 4.0.

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Crédit photo en-tête : Phillip Pessar (CC BY 4.0)

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