Carfax, Kelley Blue Book, titre, DMV : tout savoir pour ne pas se faire avoir
Aux États-Unis, il se vend plus de deux voitures d’occasion pour une neuve, et acheter d’occasion n’est pas compliqué à condition de connaître quelques règles. Où chercher, comment lire le titre et l’historique, quelles garanties, quelles taxes et quelles formalités au DMV : le guide pour ne pas se faire avoir.
Trouver sa voiture d’occasion
Chercher sa voiture sur Internet
Les sites vous permettent d’acheter vos voitures aussi bien chez le garagiste que chez des particuliers. Sans tomber dans la psychose, on recommande une certaine vigilance lorsque vous vous déplacez chez l’habitant : gardez les bons réflexes et passez votre future voiture au crible. Après tout, vous êtes ici pour vous véhiculer, pas pour vous faire un nouvel ami.
Transfert de propriété : la signature par le vendeur et par vous-même du titre de propriété (le certificate of title, que les Californiens appellent le « pink slip ») implique le transfert de la propriété du véhicule. Vérifiez que le nom du vendeur est bien celui inscrit sur le titre, que le numéro d’identification (VIN) est celui de la voiture et qu’aucun créancier (lienholder) n’y figure plus. Le vendeur y reporte aussi le kilométrage, obligatoire au niveau fédéral pour les voitures de 2011 et plus récentes jusqu’à leurs 20 ans.
Et après ? Vous devez ensuite vous rendre au DMV (Department of Motor Vehicles, le service des cartes grises de l’État) afin d’enregistrer la voiture à votre nom (registration), et ne tardez pas : le transfert doit être déclaré dans les 10 jours en Californie, dans les 30 jours en Floride et au Texas. C’est aussi là que se paie la taxe de vente si vous achetez à un particulier. Vous êtes enfin prêts à avaler de l’asphalte.
Vous pouvez aussi acheter une voiture en leasing, sans credit history, avec International Autosource
Cars.com
Des millions de voitures d’occasion et neuves sont répertoriées sur ce site, qui a reçu en moyenne 22,8 millions de visiteurs uniques par mois au deuxième trimestre 2026. On peut effectuer sa recherche en choisissant une voiture neuve, d’occasion (used), ou des véhicules d’occasion certifiés (certified pre-owned). Également d’autres filtres, comme l’année de la voiture, la marque, le modèle et le lieu de livraison. Le petit plus ? On peut comparer différentes voitures, leurs prix, leurs accessoires, leurs particularités, et ainsi mieux choisir. Un véritable supermarché digital de l’automobile.
Cars.comAutotrader.com
Achat ou vente, neuf ou occasion, on peut tout faire sur ce site, qui appartient comme le Kelley Blue Book au groupe Cox Automotive. Les filtres de recherche sont assez précis, et vous pouvez parfois trouver une perle rare.
Autotrader.comCraigslist
Bien entendu, Craigslist reste un site de référence pour les ventes entre particuliers, avec tous les côtés négatifs qu’on lui connaît : vendeur douteux, annonces pas toujours à jour, informations erronées… mais on peut aussi y trouver de très très bonnes affaires. Les annonces de particuliers passent aussi par Facebook Marketplace. Dans les deux cas, ne versez jamais d’acompte avant d’avoir vu la voiture et son titre.
Craigslist.org/About/Sites
La pancarte « For Sale » derrière le pare-brise, signe d’une vente entre particuliers, ici sur Long Island, dans l’État de New York : la voiture est alors en général vendue en l’état. Crédit photo : DanTD (CC BY-SA 4.0)
Pour d’autres adresses où acheter d’occasion, voir aussi notre article sur les sites du troc et de l’occasion.
Acheter une voiture d’occasion chez un concessionnaire
Vous pouvez choisir de vous rendre chez un concessionnaire et ainsi faire confiance à leur jugement et expérience (!). Vous ne pourrez pas les rater car ils sont en général tous agglutinés dans une rue ou un quartier, de quoi donc faciliter votre virée lèche-pare-brise.

Un vendeur de voitures d’occasion à Tallahassee, en Floride, en novembre 2025 : chaque voiture doit porter sur sa vitre le Buyers Guide, qui dit si elle est vendue avec garantie ou en l’état. Crédit photo : The Bushranger (CC BY-SA 4.0)
La bonne nouvelle : sachez qu’ils s’occupent généralement de la paperasserie (certificat de contrôle antipollution, le « Smog Check » en Californie, immatriculation auprès du DMV, paiement des taxes…), ce qui vous enlève alors un sérieux clou du pneu. Attention, le débit verbal du vendeur de voiture est très impressionnant, alors prévoyez quelques heures devant vous, voire l’après-midi si vous comptez tout négocier, une baby-sitter pour les enfants et deux aspirines.
Les grandes chaînes d’occasion comme CarMax ou Carvana (qui livre à domicile) vendent sans négociation et, à notre connaissance, acceptent le retour de la voiture pendant quelques jours (10 jours chez CarMax, 7 jours chez Carvana, avec une limite de kilométrage) : lisez leurs conditions avant de signer.
Vous pouvez aussi acheter une voiture en leasing, sans credit history, avec International Autosource
Comparer les voitures d’occasion
Avoir la cote
Le Kelley Blue Book équivaut à notre Argus, et a été racheté en 2010 par le site Autotrader.com ; les deux appartiennent aujourd’hui à Cox Automotive. Le KBB, comme on l’appelle au royaume de la clef à molette, vous renseigne sur la valeur de votre voiture, qu’elle soit neuve ou d’occasion. Ainsi, vous pouvez acheter et savoir pour quoi vous payez, et ce que payent les autres. Le site Edmunds donne une deuxième cote à comparer.
En septembre 2026, une voiture d’occasion était affichée en moyenne 27 235 $ chez les concessionnaires, selon Cox Automotive, son plus haut niveau depuis 2022. Une voiture neuve se payait en moyenne 50 562 $ le même mois, selon le Kelley Blue Book.

Acheter sa voiture avec ou sans garantie ?
Certains États vont plus loin. À New York, le concessionnaire doit donner une garantie écrite sur une voiture vendue au moins 1 500 $ et affichant moins de 100 000 miles : de 30 jours (ou 1 000 miles) à 90 jours (ou 4 000 miles) selon le kilométrage, pour le moteur, la transmission, les freins ou la direction. Au Massachusetts, la garantie obligatoire va de 30 à 90 jours pour une voiture vendue au moins 700 $ et affichant moins de 125 000 miles. Entre particuliers, la voiture est en général vendue en l’état.
Les enchères : adjugé, vendu !
Dernière précision, si vous êtes plutôt adepte de l’adrénaline et du suspense, vous pouvez toujours tenter les ventes aux enchères, si vous acceptez de l’acheter tel quel (« as is »). Autrement dit, vous ne pourrez souvent ni essayer Titine, ni faire rugir ses chevaux sous le capot : au mieux, on la regarde avant la vente. Les grandes enchères professionnelles, comme Manheim, sont réservées aux négociants titulaires d’une licence. Le public peut en revanche enchérir sur les anciennes voitures de l’administration fédérale, sur GSA Auctions, dès 18 ans et avec un permis de conduire.
Si vous n’avez pas trouvé la voiture de vos rêves en occasion, vous pouvez toujours opter pour l’achat d’une voiture en leasing, sans credit history, avec International Autosource.
Une voiture d’occasion en vue

Les vérifications de loin
Déjà derrière votre écran d’ordinateur, en lisant bien l’annonce, vous pouvez en apprendre plus sur votre future voiture.
Préférez donc un véhicule avec :
Un « clean title » : la voiture sans les valises
Un titre « propre » ne porte aucune mention (brand) signalant un problème sérieux : perte totale, inondation, rachat par le constructeur… Les dettes, elles, se lisent ailleurs sur le titre : un créancier (lienholder) y figure tant que le prêt n’est pas remboursé. Vérifiez donc bien que votre voiture n’ait pas un « salvage title », ce qui signifierait littéralement qu’elle est « récupérée ». Les critères diffèrent selon les États, mais dans tous les cas, la voiture a été endommagée et/ou déclarée « perte totale » par la compagnie d’assurance.
En Californie, on considère qu’un véhicule est « salvaged » lorsqu’il a été tellement abîmé que la compagnie juge sa réparation trop coûteuse et le déclare perte totale. Cette voiture est donc souvent désossée et les quelques parties encore présentables sont vendues en pièces détachées.
Parfois même, la pauvre voiture est tout de même réparée et revendue, et cherche un acquéreur ; c’est donc là qu’il ne faut pas vous manifester sans y regarder à deux fois. Si vous achetez un véhicule à une personne privée, recherchez bien si le titre n’est pas un « revived salvage » ou si le vendeur ne possède pas un « salvage certificate » au lieu d’un titre normal. Après un ouragan, en Floride comme ailleurs, méfiez-vous aussi des voitures inondées remises en vente.
Un Carfax satisfaisant : le casier de Titine
Vous pouvez accéder au casier de votre véhicule en entrant son VIN (numéro d’identification) ou sa plaque d’immatriculation ; le Carfax vous donne son arbre généalogique avec ses précédents propriétaires, son titre, son compteur (odometer), ses accidents, ses derniers check-ups, ses usages antérieurs (véhicule de location, taxi…).
Trois autres sources complètent le tableau : AutoCheck, le concurrent de Carfax ; le fichier fédéral des titres NMVTIS, consultable sur vehiclehistory.gov pour quelques dollars le rapport (titre, kilométrage, perte totale) ; et le VINCheck gratuit du National Insurance Crime Bureau, qui signale les voitures volées et déclarées perte totale. Entrez aussi le VIN sur le site de la NHTSA : un rappel (recall) non réparé se règle gratuitement chez un concessionnaire de la marque. Aucun de ces rapports ne remplace l’examen de la voiture par un mécanicien.
Le Carfax vous dit également, à notre connaissance, si l’auto a, dans le passé, été rachetée par son constructeur comme « lemon », c’est-à-dire si elle souffre de défauts que le constructeur lui-même n’a pas su réparer.
Les lemon laws, lois d’État, fixent le nombre de réparations ratées au-delà duquel le constructeur doit reprendre ou remplacer la voiture, et il dépend du problème. En Californie, dans les 18 mois ou les 18 000 miles suivant la livraison, échouer 2 fois dans la réparation d’un défaut dangereux, comme les freins, suffit à présumer que le véhicule est un « lemon » ; pour un autre défaut, il faut 4 réparations, ou plus de 30 jours passés au garage. Ces lois visent surtout les voitures neuves encore sous garantie du constructeur.
Les vérifications de près
Vous pouvez bien entendu vous faire une première idée de l’état général de votre véhicule (s’il a 3 roues, c’est déjà mauvais signe), et intérieur, car tester les phares et les clignotants entre a priori dans vos compétences.
Il est conseillé de contacter un garagiste indépendant pour vous aider à effectuer les autres vérifications, même si la voiture est « certifiée » par le concessionnaire. Axes de liberté de la suspension, joint de culasse, bougie de préchauffage… autant de termes qui sonnent peut-être creux dans votre esprit mais que votre garagiste manie avec grâce. Alors, pour des virées tranquilles, laissez-le explorer en détail la carcasse et les organes de votre future auto.
Rassurés ? Il faut l’assurer
Vous l’avez ! Il faut maintenant l’assurer. L’assurance auto est obligatoire dans tous les États sauf le New Hampshire, et il faut en justifier pour immatriculer la voiture : certains vendeurs ne vous laisseront d’ailleurs pas partir sans attestation. La solution ? Faites établir le contrat avant de prendre le volant. Si vous êtes déjà assuré, beaucoup de contrats couvrent une voiture nouvellement achetée pendant quelques jours, à condition de prévenir l’assureur : vérifiez le délai dans le vôtre. Sinon, laissez votre future acquisition chez son ancien propriétaire le temps d’effectuer les formalités. Pour choisir votre contrat, voir notre article Tout savoir sur l’assurance automobile aux États-Unis ; un nouvel arrivant sans historique américain gagne aussi à comprendre le credit score.
Taxes et contrôle technique : à chaque État sa règle
Chez un concessionnaire, la taxe de vente s’ajoute au prix et le vendeur la reverse à l’État. Entre particuliers, c’est vous qui la payez en enregistrant la voiture, souvent sur le prix déclaré ou sur une valeur de référence si celle-ci est plus élevée (Texas, Massachusetts). Le taux dépend de votre adresse, pas du lieu de l’achat : 6,25 % au Texas et au Massachusetts, 7 % de la valeur en Géorgie, 8,875 % à New York City, 9,75 % à Los Angeles. Au Nevada, une vente entre particuliers n’est pas taxée.

Le bureau du DMV d’Eureka, en Californie : c’est au DMV que se transfère le titre de propriété et que s’immatricule la voiture, dans les 10 jours suivant l’achat en Californie. Crédit photo : Ellin Beltz (CC BY-SA 3.0)
Le contrôle technique varie autant : aucun en Floride, un contrôle annuel de sécurité et d’émissions à New York et au Massachusetts, un smog check tous les 2 ans en Californie. Au Texas, le contrôle de sécurité a disparu le 1er janvier 2025 pour les voitures particulières, mais les émissions restent contrôlées chaque année dans 17 comtés, dont ceux de Houston, Dallas et Austin.

Une fois la voiture achetée, si vous venez d’arriver de France, voir aussi notre article Conduire en Floride.


