Avenue Q, la comédie musicale décalée de Broadway

Un spectacle de marionnettes à New York… surtout pas pour les enfants !

Passez une soirée qui vous redonnera foi en l’humour, la folie et l’impertinence. Vous doutez ? Osez donc lire la suite. Une critique de spectacle par Jibé, auteur invité et ami du French District.

Avenue Q : Mais qu’est-ce donc ?

Bien loin des Roi Lion, Blanche-Neige et autres machines à lobotomiser nos petites têtes blondes, se cache dans les profondeurs de Broadway, un chef d’œuvre. Un spectacle intelligent et drôle, interprété par une poignée d’irréductibles bons comédiens : Avenue Q !

Si vous aimez l’esprit des Simpsons, de South Park et du Muppets Show. Foncez ! Et si vous n’aimez pas, foncez quand même, cela vous réconciliera avec le genre.

J’avoue que je ne savais pas trop quoi aller voir. Ce soir là, je suis rentré dans la salle de spectacle avec l’innocence d’un premier de la classe. Et quelle surprise !

ZE story!

Pourtant, l’histoire d’Avenue Q est on ne peut plus simple. Une banale rue de Brooklyn où se côtoient des gens. Jusqu’ici rien de très original, allez-vous me dire.
Mais, ATTENTION, ce ne sont pas n’importe quels gens qui se côtoient dans l’Avenue Q… Et c’est là où ce show est génial !
Les habitants sont aussi bien joués par des acteurs que par des marionnettes !

Oui bon, ok vous l’avez peut-être vu sur l’affiche et l’info que je vous balance n’est pas digne de Hollywood Life, mais le contraste entres humains et marionettes fonctionne parfaitement. Les scénaristes profitent de ce décalage pour se lâcher complètement, ils ont laissé la “bien-pensance” au vestiaire et le politiquement correct à l’hospice.

Car, c’est là, LA grande force d’Avenue Q : traiter des sujets de société. Et quand je dis sujets de société, je ne parle pas de blagues potaches sur les portables, Uber ou les blondes, non, ils y vont franco, vous pourrez entendre parler tour à tour de précarité, racisme, homosexualité, pornographie… Et tout ça au rythme des chansons et des bonnes vannes qui fusent de tous côtés.

« Quand même, des marionnettes, des chansons, il ne manque plus que Chantal Goya et des bonbons à la fraise ! », vont peut-être clamer les plus réticents d’entre-vous. Mais je vous jure que se balader dans cette avenue n’a absolument rien de gnangnan.

La mise en scène est intelligente, inventive et tout en rupture. On est sans cesse surpris par des petites « pépites » de mise en scène, çà et là.
Par exemple, pour nous donner la définition d’un mot « compliqué », une vidéo est projetée et nous explique la définition du mot grâce à une petite animation humoristique. C’est tout bête, mais ça suffit à créer une rupture qui nous sort du show pour ensuite mieux nous y replonger.
Rupture, je vous le rappelle, le maître mot de la comédie !

Les personnages, quant à eux, pourraient être des gens que vous connaissez. Il y a par exemple Brian, le loser sympa, constamment en recherche de job ; Christams Eve, la femme Asiatique qui bosse dur ; Rod, l’homo refoulé ; Princeton le jeune diplômé qui débarque dans la vie active, et, mon préféré, Trekkie Monster, le voisin acariâtre, grande gueule, qui dit tout haut ce que tout le monde ne pense pas.

Les scénaristes sont même allés plus loin (je n’imagine même pas, les apéros pré écriture qu’ils devaient se faire), ils ont intégré le personnage de Gary Coleman, oui le petit de la série Arnold et Willy. Dans l’univers d’Avenue Q, Gary est devenu une sorte d’homme à tout faire (plomberie, poubelles et autres papiers peints…). Encore une fois, on nous montre ici que le « show-business » peut être impitoyable et que l’on peut très vite basculer de star de télé à gardien de parking… Ou, pire, sénateur.

Le spectacle a eu pléthore de prix et juste en essayant de tous les écrire ici je pourrais me faire une entorse du poignet. Mais, plus important que tout, dans Avenue Q on arrive à ne jamais être moralisateur tout en restant magique et drôle… Et ça, ça n’a pas de prix (si, 50$ sur les sites discount, sinon le double sur place).

Donc en un mot…

Comme l’aurait dit je ne sais plus qui : « Un bon exemple vaut mieux qu’un long discours ». Autorisez-vous 5 minutes de délire, cliquez et écoutez comment ils abordent le sujet de la pornographie sur Internet, c’est juste excellent : Youtube.com/AvenueQ

Je n’ai pas vu passer les deux heures de spectacle et je suis reparti avec des étoiles dans les yeux et le sourire aux lèvres.

Donc n’hésitez plus, allez faire un petit tour sur cette Avenue.

Cet article est écrit par Jean-Baptiste Mazoyer, auteur et comédien.
En savoir plus sur Jean-Baptiste Mazoyer

Site officiel : AvenueQ.com
Theater : NewWorldStages.com

Crédit photo : Carol Rosegg (avenueq.com)

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